1/3 des jeunes se disent soulagés quand leurs plans sont annulés, et c'est préoccupant

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Tu viens plus aux soirées, et tu ne t'en portes que mieux

Caler cette soirée entre potes n'avait pas été une mince affaire. Entre les pendaisons de crémaillère des uns, les dates des autres et tes propres contraintes, fixer une date pour aller simplement boire des verres avec tes potes sûrs s'est révélé plus compliqué que d'organiser des vacances de groupe et pourtant, vous y êtes arrivé - à dans 4 semaines les gars, trop hâte de vous voir.

Sauf que voilà, quatre semaines plus tard, le message que tu pressentais (espérais ?) arrive : un·e pote se désiste au dernier moment - Je sens que je commence à tomber malade, vous m'en voulez si on reporte ? Eh bien non, tu ne lui en veux pas. Bien au contraire. C'est la récente découverte faite par YouGov UK qui, début novembre, livrait les résultats d'un sondage réalisé auprès de 2489 adultes. À la question « Quand un ami annule vos plans, à quelle fréquence êtes-vous soulagé.e.s ? », 7% des personnes interrogées répondaient « très souvent » et 26% « assez souvent » soit 1/3 de répondants contents que leurs plans tombent à l'eau.

Plus intéressant encore, le sondage révèle des disparités entre les hommes et les femmes : alors que 25% des hommes affirment être (très) souvent soulagés, le sentiment toucherait 40% des femmes. Côté âge, l'étude met également en lumière des différences : les tranches 18-24 (35%) et 25-49 ans (43%) sont plus soulagées d'annuler leurs plans que leurs aînées, qui s'avèrent même déçus lorsque leurs amis les décommandent.

Être soulagé de ne pas avoir à socialiser ne concerne certes pas la majorité des répondants, mais le chiffre a tout de même de quoi interpeller : pourquoi les plus jeunes ressentent-ils plus ce soulagement ? Si l'étude YouGov n'apporte pas de réponses à la question, quelques pistes peuvent être explorées, comme le développement de l'anxiété sociale à l'heure des réseaux sociaux, ou la pression sociétale de toujours devoir être au top, ouvert, sociable.

D'ailleurs, l'antenne française de l'institut de sondage dévoilait récemment une étude sur les peurs des millennials et à côté des angoisses classiques de l'examen ou de l'agression, des peurs plus sociales se dessinaient clairement, avec 55% des jeunes stressés de « devoir parler devant un grand nombre de personnes » ou encore 39% angoissés dans « une soirée ou un dîner où ils connaissent peu de monde » par exemple. Le comble pour une génération biberonnée à MSN et Facebook, vous avez dit ?

Source : Shoko / YouGov - Crédit : Trevor Williams,Getty Images