Anaïs Quintero pour Furia Boutique, l'interview mode exclusive

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Furia Boutique c'est le nom que porte notre dernier coup de cœur ! Cette boutique éphémère de bijoux pose ses valises à Paris ce week end, l'occasion pour nous de rencontrer sa créatrice Anaïs Quintero. Voici son interview !

Les salons de jeunes créateurs sont très en vogue depuis quelques années et nous avons souvent bien du mal, malgré notre expérience, à nous y retrouver. Créer l'éphémère créatif sur un week end fonctionne bien, pour preuve la dernière édition du Factory Market, mais à Paris le réseau est quelque peu saturé, il faut donc un concept plus fort. C'est précisément pour cette raison que nous avons craquer pour Furia Boutique et sa créatrice Anaïs Quintero. Que peux bien présenter Furia Boutique qui nous ait autant attiré ? Une identité forte. En effet, le plus de cette boutique éphémère est de faire le focus sur de jeunes créateurs latino-américains qui ont des difficultés à s'implanter dans le paysage artistique européen. Une démarche intéressante qui fait le pont entre les origines d’Anaïs Quintero et sa culture d'adoption qu'est l'Europe. Cette ambivalence est la richesse même de ce projet qui nous invite à découvrir une mode qui puise sa force dans la traditionalisme et l'artisanat.

Vous l'avez compris, Furia Boutique n'est pas une énième boutique parisienne mais un projet itinérant qui s'est d'abord proposé à la ville de Rouen avant de se confronter au public parisien si exigeant. A cette occasion vous découvrirez des "pièces rares et précieuses, faites à la main, en séries limitées et dans des matières nobles" , comme le souligne Anaïs Quintero. Un programme qui s'annonce de toute beauté surtout quand on sait que les prix de ces petites merveilles oscillent entre 20 et 200 euros. Vous n'avez donc plus aucune raison de ne pas craquer pour Furia Boutique qui se tiendra du 25 au 27 avril de 10h à 20h au 12 Rue de Thorigny dans le 3ème arrondissement de Paris. En attendant ce superbe évènement, nous vous laissons découvrir notre interview d’Anaïs Quintero. A apprécier sans modération !

Anaïs Quintero pour Furia Boutique, l'interview mode exclusive - photo
Anaïs Quintero pour Furia Boutique, l'interview mode exclusive - photo
Anaïs Quintero pour Furia Boutique, l'interview mode exclusive - photo
Anaïs Quintero pour Furia Boutique, l'interview mode exclusive - photo
Anaïs Quintero pour Furia Boutique, l'interview mode exclusive - photo

Vous êtes la créatrice de Furia boutique. Pouvez-vous nous en expliquer le concept ?

Nous sommes une boutique de bijoux et accessoires réalisés par de jeunes designers émergents latinos et plus particulièrement du Venezuela. Je ne sélectionne que des produits handmade ou artisanaux, ce sont donc des séries limitées ou des pièces uniques principalement. Furia est une série de boutiques éphémères : nous serons dans un endroit différent de Paris ou de province au moins une fois par mois. Mais c’est un e-shop aussi, conçu comme un lien entre les pop up stores et le consommateur.

La mode étrangère est en pleine effervescence, est-ce pour cette raison que vous promouvez la jeune création latino américaine ?

C’est exactement pour cela ! Je suis née au Venezuela, je vis en France depuis 20 ans mais ma famille habitant là bas j’ai toujours eu un pied entre les deux pays.Lors de mes récents voyages, j’ai remarqué un “boom” créatif dans les domaines de l’art, de la mode de la musique ou du design par exemple. J’ai assisté à l’éclosion d’un nombre incroyable de marques très intéressantes, senti des évolutions dans tous les domaines et surtout j’ai ressenti l’envie ! Furia est née entre autres, de l’envie de “casser” l’image du Venezuela, je suis fatiguée que l’on me parle de Chavez ou du pétrole dès que j’évoque mon pays, et je veux montrer à la France que nous sommes beaucoup plus que cela !

Le homemade et l'artisanat sont au cœur de votre projet. Est-ce pour vous synonyme de qualité ?

Pas forcement, parfois l’artisanat n’est pas très joli ! Un autre des moteurs de la création de Furia est justement de sortir de ses clichés, quand on pense Amérique Latine, on visualise des ponchos et des figurines en argile par exemple, et c’est loin d’être la réalité. Les marques avec qui nous travaillons on un vrai savoir-faire, souvent inspiré de l’artisanat local et indigène, elles réinterprètent leurs héritages culturels en insufflant de la modernité. Ce qui est synonyme de qualité pour moi, c’est la vision du créateur, l’image travaillée et pointue de la marque et les matériaux utilisés. Nous privilégions toujours les belles matières : cuir, bois, argent et or par exemple. L’artisanat et le home made sont plutôt synonymes d’exclusivité et de rareté à mon sens.

Si vous deviez définir, en un mot, la jeune création latino américaine lequel serait-il ?

Insoumise

Furia boutique s'est implantée de façon éphémère à Rouen. Qu'attendez-vous de cette édition parisienne ?

Je vis à Paris depuis 15 ans, c’est une ville très importante pour moi, et puis si on réussit à Paris, on réussira partout ! J’espère également obtenir une plus grande visibilité et susciter l’intérêt des Parisiennes sur le long terme. Nous commençons dans le Marais et par la suite il y aura des éditions de Furia dans d’autres arrondissements tels que le 18eme ou le 11eme. Mais notre but est d’aller partout où les opportunités se présentent, dans la capitale ou en province.

Votre dressing est-il plutôt jeunes créateurs ou fast fashion ?

Mon dressing est un mélange de fast fashion (Topshop, Asos, H&M,…) et de fripes. Le tout saupoudré de jeunes créateurs surtout pour les accessoires et de belles pièces de marque pour certains basiques.

Un conseil à donner à celles et ceux qui souhaiterait monter un projet autour de la mode ?

Se fier à ses instincts et ses goûts ! Son identité et son intuition sont une des choses les plus importantes que l’on peut apporter en valeur ajoutée, face à la concurrence monstre dans ce milieu. Que cela marche ou pas, au moins ton projet sera unique et personnel, et c’est peut être ce qui en fera le succès… (C’est un conseil que je me donne à moi même également, car j’ai souvent tendance à douter de mes choix en premier lieu !). Et pour les porteurs de projets en général, mon conseil serait de bien s’accrocher ! Les obstacles, notamment financiers et administratifs sont nombreux mais la satisfaction de travailler pour quelque chose qui vous tient vraiment à cœur n’a pas de prix.