Anorexie dans la mode, Georgina Wilkin ex-mannequin se confie

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Son nom ne vous dit sûrement rien mais Georgina Wilkin a posé pour les plus grands. Atteinte d'anorexie pendant des années, elle décide de parler sur la condition de mannequin, tentant de confronter les esprits à ce métier

Beaucoup de mannequins, dès lors où leurs noms ne sont pas répétés dans les médias, sont vite oubliés comme Georgina Wilkin dont la carrière a pourtant duré 7 ans. Des années de strass et de paillettes, tout du moins en apparence comme elle le souligne aujourd'hui en prenant la parole pour dénoncer la machine à stress qu'est le mannequinat. Bien que nous ne soyons pas dupes et que nous sachions que les conditions de mannequins ne sont souvent pas idylliques, le témoignage de Georgina Wilkin a fait l'effet d'une bombe ! Cette jolie jeune femme a souffert pendant 7 ans de stress mais surtout d'anorexie, qui est aujourd'hui considérée comme une maladie. Une maladie mise à jour de façon sincère et poignante par Georgina Wilkin qui a décidé de rompre le silence en dévoilant les dessous de son ancien métier. Longtemps considérée comme une dérive comportementale, l'anorexie est enfin mise à jour et pas seulement par les mannequins comme Georgina Wilkin mais aussi par des agences de mannequins comme Star Models au Brésil avec sa campagne "Vous n'êtes pas des croquis, dites non à l'anorexie".

Le tout semble ironique pourtant les agences de mannequins, certains magazines de mode comme le Vogue Uk en 2009 ou encore les géants du fast fashion comme H&M ont décidé de s'unir pour palier à cette réalité douloureuse qu'est l'anorexie. Georgina Wilkin le souligne à raison : l'anorexie a été due à son métier de mannequin qui demandait toujours plus d'efforts quant à sa ligne. Une ligne démesurément mince qui n'existe, pour ainsi dire, pas dans la nature. Georgina Wilkin n'a que 15 ans quand elle se lance dans le mannequinat via l'agence IMG London. Adolescente à l'époque, aujourd'hui âgée de 23 ans, Georgina Wilkin n'a pas tout de suite compris l'enjeu du métier de mannequin. Il n'est pas vraiment question d'un corps apprécié mais d'un corps que l'on peut utilisé, comme un pantin. Elle le souligne en racontant sa première expérience lors de son entrée à l'agence : «Ils ont pris un Polaroid, pour vérifier que j'étais photogénique, puis ont mesuré chaque partie de mon corps, jusqu’au bout de mes doigts. J'ai vite compris que mon corps était simplement un produit, bon à être examiné et critiqué.» Un "produit", le mot est lâché comme un cri. Mais comment cette jeune femme si pragmatique et consciente a pu tomber dans l'anorexie au point de se mettre en danger ?

La pression des acteurs de la mode nous semble bien moindre comparée aux exigences auxquelles les mannequins doivent faire face dans cette société où l'image parfaite fait rage. Une image modifiée par les effets visuels en photographie, les nombreuses retouches Photoshop mais également par les agences qui conditionnent l'esprit de ces jeunes femmes afin qu'elles répondent aux codes. Mais de quels codes parle-t-on vraiment ? Si l'on s'en tient aux chiffres, les femmes font en moyenne un 40. Comment expliquer donc que Georgina Wilkin, faisant en état "normal" 53,5 kg pour 1m77, en soit arrivée a être hospitalisée pour être alimenter de force par voie médicale ? Elle répond a cela en disant que "parfois, je ne rentrais pas dans une robe, je me sentais tellement humiliée.» Une humiliation qui vient de la pression psychologique infligée aux mannequins dont l'image doit correspondre à un idéal visuel mais hors de la réalité. Un idéal qui est aussi imposé par les créateurs de mode qui créent des collections aux tailles minuscules, sorties de tous critères connus. Des critères loin des mensurations des femmes que l'on croise dans la rue mais qui sont écartés pour promouvoir une image de la femme faussée et pourtant véhiculée par les nombreux mannequins via les campagnes de pub, les shooting ou même les défilés.

Il aura fallu à peine 2 ans pour Georgina Wilkin sombre en enfer. Un enfer au sein duquel elle ne mangeait plus, ne voyait même plus son image en tant que personne propre mais comme un objet devant correspondre aux attentes des personnes pour qui elle travaillait. «Les médecins n'ont pas caché le fait que ma vie était en danger. Mes organes vitaux étaient sous une telle pression qu'il y avait un risque mon cœur s’arrête ou que mes reins lâchent. (…) Mais même après qu’on m’eut dit que j’étais presque morte de faim, je n'ai pas complètement réalisé à quel point je m’étais mis en danger.» C'est en voulant mettre à mal cette image erronée de la femme que Georgina Wilkin a décidé de parler de sa maladie mais aussi des raisons qui l'ont conduite à deux doigts de la mort. Le choc est grand mais il est nécessaire pour responsabiliser les jeunes femmes qui vouent un culte aux mannequins, omniprésentes dans notre société. Ouvrir les esprits sur l'Anorexie Style, cette tendance qui perdure malgré les efforts de bon nombre d'acteurs de la mode ayant pris conscience de leur responsabilité à l'égard du public, est une réalité. Peut-être est-ce des décès tragiques comme celui d'Ana Carolina Reston Macan en 2006, qui ont fait bouger les choses ou peut-être est-ce aussi les témoignages sincères de jeunes femmes comme Georgina Wilkin. Le débat est lancé, mais la réalité est encore toute autre.

Anorexie dans la mode, Georgina Wilkin ex-mannequin se confie - photo
Anorexie dans la mode, Georgina Wilkin ex-mannequin se confie - photo
Anorexie dans la mode, Georgina Wilkin ex-mannequin se confie - photo
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Source : parismatch.com/thetimes.co.uk/dailymail.co.uk/http://shnews.co/Star Models Agency