Après la honte de prendre l'avion, découvrez le köpskam, la honte de faire du shopping

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Un mouvement venu de Suède qui condamne le shopping et la surconsommation, nocifs pour la planète. 

Face au réchauffement climatique, la colère gronde plus que jamais, les tendances écolos prennent d'assaut les consciences et les mouvements contestataires se multiplient. C'est en Suède que la riposte est la plus significative, portée notamment par Greta Thunberg, devenue en quelques mois la figure militante de cette génération qui se bat pour sauver la planète.

Sans surprise, après avoir fait naître le flygskam, cette honte de prendre l'avion, les Suédois cèdent désormais au köpskam, cette culpabilité face à leur surconsommation, et plus précisément de vêtements. Le shopping, la nouvelle bête noire des écolos ?

Fast Fashion ,Shopping
Après le Flygskam, voici le Köpskam

Il faut dire que notre époque est particulièrement critiquable en matière de consommation textile. Les modes passent à une allure folle - phénomène que l'on doit aussi au boom des réseaux sociaux et des inflenceur.ses - et les enseignes de fast-fashion s'en donnent naturellement à cœur joie.

En effet, à l'échelle mondiale, l'industrie de la mode représente 20% des rejets d'eaux usées et 10% des émissions de CO2. D'après la Fondation Ellen MacArthur, cela ne risque pas de s'améliorer ces prochaines années, au contraire. Selon ses prévisions, le secteur devrait être responsable de 26% des émissions de gaz à effet de serre en 2050.

Et si 2050 peut paraître encore un peu loin pour certains, le rapport publié en 2017 par Pulse of the Fashion Industry qui concerne 2030 est tout aussi pessimiste : à ce rythme, la consommation mondiale de fringues devrait augmenter de 63%, soit l'équivalent de 148 millions de tonnes de déchets textiles par an. Des prévisions qui ont de quoi donner le tournis...

C'est dans ce contexte particulièrement grave que le mouvement köpskam est en train de gagner du terrain en Suède, qui - rappelons-le - a fait de son enseigne H&M une star au pays des marques de fast-fashion. Le groupe peut toujours greenwasher son image avec sa ligne éco-friendly « Conscious » lancée en 2011, cela ne suffit pas à calmer la colère des Suédois, qui sont nombreux à manifester devant les magasins de la marque.

Et cette riposte contre l'industrie du vêtement pourrait bien finir par payer : « S'il s'avère que ce concept entraîne une réduction de la consommation, il est évident que cela aura des conséquences majeures » assure Jonas Arnberg, le PDG de l'Institut suédois du commerce et de l'industrie dans les pages du quotidien suédois Aftonbladet.

vêtements ,vintage
Le marché de la seconde main bientôt plus fort que celui de la fast fashion ?

Si le flygskam a eu de vrais effets sur le trafic aérien en Suède, en perte de vitesse, on peut tout à fait envisager que le marché du textile et de l'habillement soit sérieusement impacté par le köpskam. Et c'est déjà le cas puisque face à l'enjeu climatique, les acheteur.ses sont de plus en plus nombreux.ses à se tourner vers la seconde main, qu'il s'agisse d'applis de reventes de fringues, de boutiques de frip' et de dépôts-vente ou d'évents comme des trocs et puces.

D'après l'Institut Français de la Mode, près de 2 Français.es sur 5 ont acheté des fringues d'occasion au cours de cette année 2019, une tranche largement dominée par les 18-35 ans. Une jeune génération de plus en plus lassée par la surconsommation et plus engagée que jamais dans la voie de la décroissance...

Source : Shoko - Crédit : Unsplash @Onur Bahçıvancılar, Unsplash @Daniel von Appen, Unsplash @freestocks.org