Au fait Disney, on en fait quoi des scènes racistes et sexistes de tes dessins animés ?

par

A l'arrivée de sa plateforme Disney +, la censure des scènes polémiques a été naturellement discutée. Alors, on en est où ?

Disney a récemment du répondre à une question épineuse : privilégier l'oeuvre et sa mémoire ou la sensibilité et l'avis de son destinataire ? Finalement, la firme aux grandes oreilles a tranché : ce ne sera ni l'un, ni l'autre (ou plutôt un peu des deux). Souvent taxée d'entretenir de vieux clichés racistes et sexistes, à cause de plusieurs scènes de ses films et dessins animés jugées choquantes et offensantes, la Walt Disney Company était évidemment attendue aux tournants, à la veille du lancement de son service de SVOD, Disney +. Des bruits de couloir disaient même que plusieurs passages avaient été coupés et n'auraient donc pas leur place sur la plateforme. Pourtant, déjà disponible dans plusieurs pays (dont les Etats-Unis et les Pays Bas) depuis le 12 novembre, il semblerait que les oeuvres incriminées figurent bel et bien telles quelles.

Parmi les nombreuses scènes décriées depuis des années, on compte bien sûr celle des corbeaux dans Dumbo, avec le personnage de Crow qui est une référence aux lois de ségrégation entre Noirs et Blancs de Jim Crow mais aussi aux performances de blackface d'un acteur américain Blanc qui se grimait le visage en noir pour moquer la communauté afro-américaine. Les clichés racistes sur les Asiatiques véhiculés dans La Belle et le Clochard et Les Aristochats, ceux visant le peuple Amérindien dans Peter Pan ou encore le monde arabe dans Aladdin sont également vivement pointés du doigt par plusieurs spectateurs qui espéraient les voir disparaître dans de nouvelles versions censurées.

Mais si aucune modification n'a donc été apportée à ces classiques, pour ceux qui véhiculent des stéréotypes racistes ou sexistes, Disney a décidé de précéder le visionnage d'un message d'avertissement pour prévenir le public et ainsi ménager sa sensibilité : « Ce programme est présenté tel qu'il a été créé. Il pourrait contenir des représentations culturellement datées » peut-on lire avant le début de plusieurs films. Bien que jugés insuffisants pour plusieurs spécialistes et amateur·ices de Disney, ces warnings ont au moins le mérite d'apposer à ces scènes choquantes (mais qui ne l'étaient pas - ou moins - au temps de leurs créations) un regard contemporain, témoin des codes et des représentations culturels de notre époque qui ont (heureusement) évolué depuis. Mais aussi de sauvegarder les traces de la violence d'une époque qui aurait été totalement niée si ces fameuses scènes avaient été coupées.

On peut donc saluer la prise de position du géant Disney qui a réussi à tenir compte des réactions de son public sans en altérer pour autant l'identité de ses créations, bien que la firme a déjà pris dans le passé des décisions plus radicales, notamment au sujet de son film La Mélodie du Sud, sorti en 1946, qui euphémisait voire glorifiait l'esclavage. Très critiqué, le film n'est jamais sorti en DVD ni été rediffusé au cinéma depuis 1980. Naturellement, il ne fait pas partie du catalogue de Disney +. Plus récemment, on peut noter que la multinationale a supprimé la scène sexiste du bêtisier post-générique de Toy Story 2 dans laquelle on voit le vieux et bedonnant Papy Pépite faire des propositions indécentes à deux poupées Barbie. A l'ère post #MeToo et l'affaire Weinstein, ce passage avait profondément choqué les spectateurs. Preuve que la censure chez Disney peut également être envisagée.

Et toi, penses-tu que les scènes racistes et sexistes auraient du être supprimées sur Disney + ?

Source : Shoko - Crédit : Walt Disney Pictures

1 commentaire
  • Signaler
    Il ne faut pas dénaturer les œuvres créées à l'époque. Elles font parties de notre passé. Et à l'époque ont été acceptés et adorés telles quelles. Disney a toujours voulu faire passer des messages chocs de part leurs dessins animés. S'ils veulent répondre à certaines demandes, de personnes choquées, ils faut juste retravailler les œuvres futures sortantes.