Nouvelles mesures annoncées, budget, déception, ce qu'il faut retenir du Grenelle des violences conjugales

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Après trois mois de manifestations pour mettre fin aux féminicides, le gouvernement vient de clôturer ce lundi 25 novembre le Grenelle contre les violences conjugales. 

Plusieurs dizaines de milliers de manifestant·es étaient dans les rues samedi 23 novembre dernier pour dénoncer et mettre fin aux violences sexuelles et sexistes faites aux femmes. Des marches organisées partout en France qui interviennent dans un contexte de contestation des mesures et des moyens peu efficaces déployés par le Gouvernement jusqu'à présent, un mouvement lancé le 3 septembre dernier. En cette journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, le Grenelle contre les violences conjugales qui a eu lieu ce 25 novembre était bien évidemment très attendu par les associations et les collectifs féministes.

« Nous avons marché pour dire notre colère. Pour exiger des mesures et des moyens à la hauteur. C'est maintenant au tour du gouvernement d'agir » avait d'ailleurs lancé le collectif Nous Toutes, à l'initiative de la grande marche du week-end. Pour rappel, selon l'Observatoire national des violences faites aux femmes, au moins 220 000 femmes majeures sont victimes de violences au sein du couple chaque année. Depuis début 2019, ce sont 138 femmes qui été tuées par leurs compagnons ou ex-compagnons. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui expliquent aussi pourquoi les attentes étaient aujourd'hui « immenses ».

Du côté du gouvernement, depuis quelques semaines, des mesures avaient déjà été annoncées, comme la création de 1000 places d'hébergement et de logements d'urgence pour les femmes victimes, la création d'un bracelet anti-rapprochement afin de tenir à distance le conjoint ou l'ex-conjoint violent, une grille d'évaluation permettant aux forces de l'ordre de statuer le danger encouru par les femmes qui portent plainte. En ce qui concerne les nouvelles mesures présentées ce matin à Matignon par le Premier ministre Edouard Philippe, on peut noter la prise en charge psychologique des agresseurs pour faire baisser la récidive, le renforcement du numéro d'urgence dédié aux femmes victimes, le 3919, désormais disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 ou encore l'entrée de l'emprise dans le code pénal et civil.

Le gouvernement a également annoncé la suppression de l'autorité parentale du père agresseur en cas d'homicide conjugal, la saisie des armes détenues par un homme violent dès la première plainte, assouplir le secret médical en cas de risques sérieux de récidives mais aussi un renforcement des peines pour les responsables de « suicides forcés » et un conseil de la vie collégienne et lycéenne sur l'égalité entre filles et garçons. Des mesures qui ont partiellement été saluées par les associations et collectifs qui défendent les droits des femmes mais qui restent insuffisantes. « La déception est à la hauteur de l'immense mouvement qu'on a créé ces derniers mois et ce week-end, a annoncé Caroline de Haas, porte-parole de NousToutes. La déception est à la hauteur de l'attente soulevée ces derniers mois ».

La militante féministe regrette que le gouvernement n'ait pas pris en compte plusieurs mesures exigées pour lutter contre les féminicides, comme par exemple la formation des forces de l'ordre pour un meilleur accueil des femmes qui se présentent au poste, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui. Mais surtout, Caroline de Haas pointe du doigt « l'annonce principale de ce matin », à savoir que « le Premier ministre confirme que l'an prochain, il ne mettra pas d'euros supplémentaires sur la table pour lutter contre les violences que subissent les femmes et les enfants en France. Il a annoncé 360 millions d'euros pour l'an prochain, c'est quasiment la même somme qu'en 2019. Si les politiques ne changent pas, les chiffres des violences ne reculeront pas » s'est-elle indignée.

Source : Shoko - Crédit : Facebook Nous Toutes, Instagram @collages_feminicides_paris