Ces femmes ont des poils là où la société leur interdit d'en avoir, et sont une source d'inspiration

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Quoi mes poils, qu'est-ce qu'ils ont mes poils ?

Les poils, c'est naturel : tout être humain est né avec un duvet plus ou moins épais sur la peau mais dans notre société moderne, qu'une femme en arbore est un sacrilège, l'expression d'un manque d'hygiène, de féminité, de valeur même. Insufflée par la gent masculine, cette idée que la pilosité féminine serait une immondicité a tellement bien été disséminée qu'elle a fini par prendre racine dans l'esprit des femmes, à leur tour convaincues qu'avoir des poils était sale, outrageant.

Mais depuis quelques années, le mouvement #MeToo et la montée globale du féminisme à travers le monde, cette idée est mise à mal : les femmes reprennent possession de leur corps et n'hésitent pas à renverser les codes hérités de notre société patriarcale pour esquisser leur(s) version(s) de la féminité. Non, la femme n'a pas à rougir d'avoir des poils et si c'est son désir, elle peut les arborer, les assumer, les afficher.

C'est exactement ce que font les cinq femmes ci-dessous : chacune à leur manière, elles bouleversent les diktats de la beauté et s'affichent sur les réseaux sociaux avec des toisons libres, fougueuses, arrogantes sur différentes parties de leur corps. Cela ne plaît pas à tout le monde - et les autres femmes en sont leurs premières détractrices, oui oui - mais qu'importe, elles luttent pour un monde plus libre où la bienveillance serait reine.

@nudenora et ses poils pubiens

Dès lors qu'elle a vu que sa pilosité pubienne provoquait le débat sur sa page Instagram, Nora en a remis une couche, et puis une autre, et encore une, n'hésitant pas à photographier de près sa culotte débordante de poils, bousculant sans honte les âmes les plus sensibles, pour ne pas dire rétrogrades. Oui, sa fashion teuch dérange la communauté mais c'est en suscitant une réaction qu'elle suscitera une révolution.

@sophiahadjipanteli et ses sourcils

Fondatrice du #UnibrowMovement (le mouvement mono-sourcil), Sophia encourage les gens à exprimer leur individualité et à s'émanciper de l'avis et du regard que les autres portent sur eux. Elle n'essaie pas de les faire adhérer à son look ni à Veronika, son sourcil, à cause duquel elle reçoit régulièrement insultes et menaces de mort, mais son message est simple et bienveillant : n'ayez pas peur d'être qui vous êtes et de sortir du lot.

@harnaamkaur et sa barbe

Autoproclamée reine du #beardgand, Harnaam Kaur a transformé la haine qu'elle éprouvait pour son abondante pilosité faciale à l'adolescence en énergie positive : en parallèle de sa lutte pour éradiquer les diktats de beauté de notre société, elle contribue à alimenter le débat au Parlement britannique sur des questions de santé mentale, de cyber-harcèlement ou la condition des personnes de la communauté LGBTQ+. « A 28 ans, je suis tellement contente de qui je suis et de mon apparence ! Le sentiment de libération que je ressens en vivant simplement la vie telle que je la conçois est époustouflante. #mybodymyryrules est ma devise dans la vie et elle m’aide à faire abstraction de l’étroitesse d'esprit de notre société vis-à-vis de la beauté » écrivait-elle sur Instagram début 2019.

@i_am_morgie et ses poils aux jambes

Morgan Mikenas n'a pas choisi de faire de sa pilosité un acte militant, mais est un peu devenue à ses dépends une sorte d'ambassadrice du mouvement lorsqu'elle a partagé début 2017 un cliché qui a fait le tour de la Toile : celui de sa silhouette athlétique et de son visage souriant, en contraste avec la dense pilosité de ses jambes, jugée anormale pour une femme. Lassée de s'épiler et de gaspiller du temps à cette tache, elle a simplement cessé d'éradiquer ses poils ; si elle en parle à sa communauté, c'est davantage pour répondre à leurs interrogations incessantes sur le choix qu'elle a fait, que pour encourager les femmes à se dresser contre les diktats. « Acceptez-vous », « soyez vous-même », voilà ce qu'elle prône auprès des quasi 100.000 personnes qui la suivent.

@loveaprilkae et ses poils aux aisselles

Musicienne et écrivaine, April Kae se dit également activiste, une porte-parole du body positivisme et de la santé mentale. Sur son compte Instagram, elle parle quête du bonheur et prône l'amour de soi en égrainant les clichés de sa pilosité ou de sa chevelure afro, deux attributs qui font d'elle une femme en dehors de la norme, aux yeux de notre société actuelle. Un écrin de positivité et de bienveillance qui offre une safe place à toutes celles et ceux qui ont le sentiment de ne pas être compris par les autres.

Source : Shoko - Crédit : Instagram @loveaprilkae