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Bien-être 2.0

Difficulté à respirer, nausée, envie de vomir, les femmes ne veulent plus du masque pendant l'accouchement

Publié par
Eva Y.
, le .
Temps de lecture : ~ 3 min
Difficulté à respirer, nausée, envie de vomir, les femmes ne veulent plus du masque pendant l'accouchement

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes dénoncent cette nouvelle forme de violence obstétricale. 

Depuis la pandémie, le masque s'est insidieusement infiltré dans notre quotidien, s'invitant même là où on l'aurait jamais imaginé. Si le port du masque peut être contraignant dans l'espace public, son inconfort n'a rien à voir avec ce qu'endurent plusieurs femmes pendant l'accouchement. Elles seraient des milliers à avoir été contraintes de donner naissance avec un masque. Une obligation qu'elles assimilent à une violence obstétricale.

Portés par le collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, qui a lancé il y a un mois le hashtag #StopAccouchementMasqué, les témoignages inondent les réseaux sociaux. Difficultés à respirer, malaises, envies de vomir, les jeunes mamans détaillent le calvaire qu'a été leur accouchement. « Je me souviens avoir eu vraiment envie de vomir après chaque poussée, tellement j'avais du mal à respirer » dénonce une internaute.

Manquant d'air, certaines d'entre elles sont même placées sous oxygène... mais toujours avec leur masque chirurgical. « J'ai accouché par voix basse. Masque chirurgical imposé, je ne respirais pas assez bien selon la sage-femme : mise sous oxygène 4L par lunette et toujours le masque au-dessus » raconte une autre femme. Pour Sonia Bisch, à la tête du collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, le port du masque pendant l'accouchement est responsable de nombreuses complications.

« Nous avons mené une enquête qui met en évidence une corrélation entre le port du masque et des complications à l'accouchement, assure-t-elle à France Inter. Davantage de stress, de dépressions post-partum [...] L'OMS recommande de ne pas porter de masque durant les efforts physiques, l'accouchement est pourtant un effort physique intense, c'est un marathon ».

« Un marathon », « un calvaire », « une violence obstétricale », si les mots employés par les femmes pour qualifier cette méthode pour le moins douteuse sont plus que forts, pour Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens français (Syngof), imposer ou non le port du masque est une décision qui doit revenir à chaque maternité, « étant nécessaire dans certaines zones où les poussées épidémiques sont vives », bien qu'il reconnaisse que ce soit « très malcommode pendant le travail ».

Au micro d'Europe 1, Sonia Bisch dénonce justement le caractère arbitraire d'une telle décision, responsabilité qui a par ailleurs gâché l'un des plus beaux jours de la vie de milliers de femmes. « Pour l'instant, c'est à chaque maternité, voire à chaque soignant de décider en fonction du service. Ce n'est pas acceptable » regrette-t-elle. Pourtant, si aucune consigne médicale officielle n'a été clairement formulée à ce sujet, plusieurs experts sont formels : le port du masque n'a pas à être imposé aux femmes qui ne présentent aucun symptôme du Covid-19.

Ce que rappelle le Professeur Philippe Deruelle, secrétaire général du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens français à la rédaction de France Inter, après avoir été mis au courant des nombreux témoignages de patientes : « La recommandation est claire : pas de masque en salle de naissance pour les femmes qui ne présentent aucun symptôme » du Covid-19.

Bien qu'aucun lien n'ait été vraiment établi par la communauté scientifique entre le port du masque et la protection du virus dans le contexte d'une salle d'accouchement, le CNGOF précise que pour la protection du personnel médical, l'équipe peut porter, si elle le souhaite, des masques FFP2. En revanche, l'imposer aux patientes « sans explication », surtout aujourd'hui, dans un contexte où nous avons plus de recul sur le virus qu'il y a 6 mois, « c'est une forme de violence. C'est une dominance du monde médical » reconnaît-il.

En attendant la publication officielle de nouvelles recommandations, le Collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques propose que chaque maternité remplisse des formulaires afin que les femmes qui sont sur le point d'accoucher soient au courant des pratiques sanitaires appliquées dans tel ou tel établissement. A bon entendeur...

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