Fashion Week de Paris : Christophe Guillarmé Automne-Hiver 2015/2016

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Ce 4 mars 2015, Christophe Guillarmé Automne-Hiver 2015/2016 nous envoute et nous conte le vieux Hollywood. Une collection automne-hiver 2015/2016 emprunte au luxe raffiné et jamais trop pétillante avec pour trame de fond L’Orchidée noire

Deux écoles officieuses font loi à la Fashion Week de Paris. D’un côté, celle de l’épure ancrée dans une élégance et un minimalisme perdurante quand la seconde se veut plus légère et définitivement plus excentrique. Si Christophe Guillarmé devait être d’une de ces écoles, il s’agirait sans aucun doute de la seconde. Le créateur est en première ligne lorsqu’il s’agit de donner à Paris les couleurs qu’on lui reproche tant de manquer, cette saison compris. Paradoxalement, pour faire parisien Christophe Guillarmé nous plonge dans le vieux Hollywood tant fantasmé. Fasciné par l’Orchidée Noire de Ritt et son envoutante Sophia Loren, Christophe Guillarmé réinterprète les codes de la figure cinq étoiles avec nos codes contemporains. Les mannequins déambulent, en totale possession de la salle, l'oeil ourlé de noir comme leur marraine. Thème récurrent de la collection Christophe Guillarmé Automne-Hiver 2015/2016, L’Orchidée noire éclot dès le départ de façon évidente. Elle s’appose sur de courts robes et manteaux imprimée en noir et blanc avant de se décliner plus subtilement.

La fleur fétiche prend dès lors du relief à travers la séduisante dentelle et de parcimonieuses broderies. Une douce poésie dramatique nous submerge alors. La veuve de Guillarmé n’est pas noire mais rouge. Comme prise d’un regain de vitalité, la femme Guillarmé abandonne le noir au profit de chatoyantes couleurs, le carmin en première ligne. La couleur vive prend possession du corps, timidement sur une anse de sac ou la bride d’une chaussure avant de prendre d’assaut l’intégralité des silhouettes sur les robes fourreaux au plus près du corps ou au contraire des créations plus aériennes et surtout plus volumineuses. L’or fait également sa percée au défilé Christophe Guillarmé Automne-Hiver 2015/2016 par le biais de strass et de broderies. L’allure est dès lors très féminine, un brin intimidante, vestiges de l’aura de Sophia Loren définitivement présente sur le podium ce soir-là. Jamais trop de brillance, jamais trop de couleurs, jamais trop de glamour semble être le parti pris de Christophe Guillarmé soucieux de réanimer l’âge d’or comme c’était le cas de Joseph Altuzarra à New York.

Fashion Week de Paris : Christophe Guillarmé Automne-Hiver 2015/2016 - photo
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On dénote également une modernité directement liée à l’usage des matières et la réalisation des créations. C’est à cet effet qu’entre en scène le néoprène. La matière longtemps oubliée domine le podium Christophe Guillarmé Automne-Hiver 2015/2016 et le créateur n’est pas avare dans son utilisation. Il coupe au laser et ose même combiner le néoprène aux couleurs hallucinantes – fuchsia, klein – à la résille répartie par empiècements. Un cocktail détonnant. Ces silhouettes imposantes sont atténuées par les robes – courtes ou longues – taillée dans le tulle, la dentelle et les broderies. Aussi la palette de couleurs devient moins électrique et l’or devient beige tandis que le noir reprend ses quartiers. De cette manière le créateur crée une harmonie. Christophe Guillarmé démystifie la veuve noire sans pour autant désenchanter, et c’est naturellement que le créateur chevelu est acclamé lors de son salut.