Fashion Week de Paris de Balmain à Vêtements, récap' fashion

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Deux des tenues de la collection Automne-Hiver 2016 /2017 de Balmain

La journée d'hier était l'une des plus attendues de la Fashion Week de Paris avec les défilés Balmain, Lanvin et Vêtements. Décryptage de cette série de défilés hauts en surprises

Nous avons déjà eu notre lot de surprises avec la présence de Ellen Von Unwert, Chantal Thomass et Debra Shaw au défilé Manish Arora, et pourtant les trois défilés dont nous allons vous parler en cachaient également quelques unes. Commençons avec Balmain, attendu comme le loup blanc, qui a bouleversé les codes établis avec ses mannequins stars qui ont - pratiquement - tous changé de couleur de cheveux pour l'occasion : Kendall Jenner est devenue blonde, Alessandra Ambrosio aussi tandis que Gigi Hadid adoptait une teinte chocolat assez perturbante sur elle. Le ton est donné avec cette collection qui mêle le classique à une modernité accrue par la sexy touch ici représentée par les jeux de transparence, dont la métaphore n'est pas seulement la collection mais également la bande-son, sorte de messe rock créée par un orchestre. Une certaine dramaturgie se dégage de ce défilé dans lequel les filles se pavanent avec des volumes exagérés, soient très oversize (comme sur certaines capes) ou plus moulés dans des corsets qui dévoilent des hanches très dessinées et arrondies. La taille est de guêpe, les jambes furieusement longues dans ces cuissardes qui s'apparentent presque à des pantalons. La robe-corset devient un leitmotiv et se décline en plusieurs tons qui rappellent un camaïeu des couleurs Serenity et Rose Quartz de Pantone, et le savoir-faire de la maison Balmain reste intact avec les nombreuses borderies, incrustations de cristaux et franges. Le mouvement de la Balmain Army n'est pas prêt de s'arrêter, au même titre que l'engouement des femmes pour cette maison qui rend classique le sexy.

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La tenue d'ouverture du défilé Balmain
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Kendall Jenner ferme le défilé Balmain Automne-Hiver 2016/2017

Lanvin, Lanvin sans Alber Elbaz, que cela peut-il donner ? C'était la question que tout le monde se posait hier avant de fouler le catwalk de cette collection créée par les ateliers de la maison. Une fois l'appréhension passée, le défilé s'ouvre et les multiples silhouettes s'activent pour livrer les repères de la signature Lanvin : le masculin-féminin, toujours présent avec les smoking réinterprété en jupes, en veste courte pour surmonter une robe au bustier brodé et son jupon vaporeux ou encore en maxi manteau à carreaux très fluide pour une touche moins rigide. On retrouve également la délicatesse des pièces brodées, le foisonnement des volumes ainsi que les dentelles qui se parent d'une manteau irisé pour une touche plus shiny. Le pantalon est loose ou fit mais à la taille très haute quand la fourrure se ceinture comme un peignoir, c'est plus rock et chic à souhait. La femme se veut plus conquérante, plus "femme" aussi notamment avec cette silhouette aux épaules larges et allure 80's, comme un cri de fierté qui émanerait des ateliers de la maison Lanvin, même après le départ de son emblématique directeur artistique. Une nouvelle étape franchie pour la maison qui promet encore de belles collections teintées de subtilité.

Notons qu'au milieu de tous ces grands défilés il y avait aussi le très beau show de Barbara Bui pour l'Automne-Hiver 2016/2017, pour lequel nous étions en backstage avec Moroccanoil. Une jolie surprise également avant de nous tourner vers le défilé de la marque au succès fulgurant : Vêtements. Forte de l'identité et la créativité marquée de Demna Gvasalia, directeur artistique de Balenciaga, Vêtements propose une déconstruction des lignes comme construction d'un look. Là où la chemise se voit gentiment rentrée dans un pantalon taille haute, Vêtements la sort de ses habitudes la laissant ouverte au col, dépassant de la taille et surmontée d'une veste oversize. Non, les filles ne doivent pas obligatoirement s'habiller de vêtements près du corps pour être féminines, on le voit parfaitement avec les tenues d'écolières qui dévoilent des jambes soulignées par des chaussettes très hautes et des boots, le tout étant juxtaposé à des pièces aux volumes plus amples. La contradiction équilibrée, le maître-mot de Vêtements. Les hommes défilent aussi avec des pièces aux épaules démesurément larges ou démesurément étriquées, comme pour mettre le doigt sur les clichés qui font notre mode. Atypique, surprenant et rock, le défilé de Vêtements confirme une nouvelle fois sa place auprès des plus grands avec cette collection toujours un peu irrévérencieuse.

Crédit : Domine-poree-wyters, Abaca, Shootpix