Fashion Week de Paris : Etienne Deroeux, les backstages beauté avec Delphine Courteille en interview

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Ne faisant pas parti du calendrier officiel de la Fashion Week de Paris, Etienne Deroeux s'est cependant fait remarquer pour son travail chic et sportswear. Delphine Courteille, hairstylist L'Oréal Professionnel, s'est chargée de la coiffure et nous en parle en interview

Impossible de ne pas connaître son nom : Etienne Deroeux est l'étoile montante de la mode en France. Avec sa collection pour la Redoute et ses collections adoubées par Carine Roitfeld herslef - pour preuve un câlin entre créateur et de la chef du CR Fashion Book sur Instagram - Etienne Deroeux s'impose avec subtilité. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il se retrouve au coeur de la Fashion Week, littéralement, en prenant ses quartiers au mythique Atelier Brancusi. Épuré, chargé d'histoires mais aussi représentatif d'un travail vu comme une oeuvre totale, l'Atelier a été le théâtre de la présentation Printemps-Été 2016 d'Etienne Deroeux. Comme pour les backstages d'Alexis Mabille, Printemps-été 2016, nous avons joué les curieuses en suivant l'élaboration des coiffures du défilé Etienne Deroeux auprès de la hairstylist Delphine Courteille de chez L'Oréal Professionnel. Pour nous expliquer le travail effectué, elle s'est confiée à nous en interview...

Fashion Week de Paris : Etienne Deroeux, les backstages beauté avec Delphine Courteille en interview - photo
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Moins coloré que le défilé de Barbara Bui pour le Printemps-Été 2016, dont nous avons fait les backstages, la collection d'Etienne Deroeux est très attractive avec son rouge profond et ses jeux graphiques, mêlant pleins et vides. La transparence côtoie les matières plus denses, le fluide côtoie le moulant, tout est fait pour créer la rupture avec une fille toujours mise dans des cases. La fille Etienne Deroeux est belle, naturelle, chic et toujours bien habillée avec les pièces de son dressing à la fois sport, sophistiqué et audacieux. C'est du moins la note d'intention reçue par Delphine Courteille qui a imaginé 3 looks pour les mannequins du défilé Printemps-été 2016 d'Etienne Deroeux. Pour mieux les comprendre, nous avons eu Delphine Courteille en interview, quelques petites heures à peine avant ce fameux défilé d'Etienne Deroeux pendant la Fashion Week de Paris.

meltyFashion : Comment avez-vous travaillé avec Etienne Deroeux pour imaginer des hair looks parfaits pour sa collection ?

Delphine Courteille, hairstylist L'Oréal Professionnel : On a fait un point cheveux + maquillage. Ce que que j'ai fait avec Etienne, c'est qu'il avait fait un lookbook et en fonction de ça il m'a dit comment il voyait les choses.

m.F : Quels sont les hair looks que vous avez proposé ?

D.C : Pour Etienne on a imaginé 3 looks différents. Un avec les cheveux lâchés, raie au milieu, plaqués derrière les oreilles avec de petits accidents, un autre avec la même coiffure mais en ponytail lâche et enfin j'ai proposé un petit chignon qui me faisait penser à Jil Sander dans les années 90. On est sur des tendances comme ça qui sont un peu destroy. Et on a plein d'accidents. C'est surtout pour une jeune femme fraîche, à la fois élégante et combative. C'est pas trop strict.

m.F : Que pensez-vous de la jeune création en France, portée sur quelque chose de très épuré, de très classieux ? Qu'apportent-ils à votre travail de hairstylist ?

D.C : Je suis ravie que l'on mette les jeunes créateurs en avant. Justement ce jeune créateur qui fait du made in France, avec ce look un peu parisien, élégant et raffiné. Ils sont dans dans la recherche de cette femme qui pourra se ressembler, se retrouver dans les photos du défilés. On est plus dans le côté lifestyle avec la fille qui s'habille avec des vêtements d'un créateur français mais qui va pouvoir se reconnaître dans ce mannequin de défilé lorsqu'elle sera dans la boutique du créateur. On est plus dans la surenchère de l'expression capillaire ou maquillage, on est dans le naturel. Chez les jeunes créateurs français ou italiens d'ailleurs on est dans quelque chose de plus subtil. Et du coup quand la femme se regarde elle se dit qu'elle n'a qu'à s'accaparer ce look et ne se sent plus déguisée. On est loin de l'époque de Galliano où l'on était dans la démonstration capillaire. C'est sûr c'était du rêve mais c'était une époque et cette époque est finie.

m.F : On prône certes le naturel, notamment ici avec Etienne Deroeux, et pourtant on voit une gamme de produits L'Oréal Professionnel très importante. N'est-ce pas contradictoire ?

D.C : En fait aujourd'hui les produits capillaires qui sortent sur le marché sont des produits dans lesquels on ne va pas trop sentir la texture, elle va être là pour hydrater, donner de la brillance mais aussi pour moduler un peu. La femme actuelle cherche à ce que l'on ne sente pas trop le produit, la mousse ou la laque par exemple. Je pense à la laque Infinium de L'Oréal Professionnel, elle est légère, elle maintient le cheveu mais elle ne cartonne pas. On est donc sur des produits qui ne sont pas trop voyants quand on regarde les cheveux d'une femme.

m.F : On travaille son cheveu, on le soigne avec un tas de produits mais on recherche la sensation d'être coiffée naturellement ainsi au saut du lit...

D.C : On le nourrit, oui, et l'idée des femmes c'est qu'elle ne veulent pas que l'on remarque qu'elles sont les cheveux trop tirés, trop plaqués, c'est fini ça.