Faut-il garder ou enlever ses poils pubiens ? Cette étude fait le point

par

Cette récente étude nous apporte de nouveaux éléments de réponse. 

Difficile de s'y retrouver ! Si la publicité et plus globalement la société semblent de plus en plus clémentes envers la pilosité féminine, assumer ses poils lorsqu'on est une femme reste encore un vrai combat. Que ce soit dans le porno, dans les magasines ou sur les affiches de maillots de bain placardées dans le métro, le poil n'a pas droit de cité. Et pourtant, s'épiler le pubis serait mauvais pour la santé, selon plusieurs gynécologues qui poussent régulièrement des coups de gueule contre cette mode qui fait toujours plus d'adeptes (notamment chez les moins de 25 ans). D'après eux, les poils sont une barrière naturelle contre toute sorte de bactéries. L'épilation intégrale favoriserait donc la contraction d'infections sexuellement transmissibles à cause des micro-lésions laissées par ce type d'épilations.

Mais une récente étude publiée dans la revue scientifique Plos One vient nuancer les propos des gynécos. Menée par une équipe de chercheurs en épidémiologie de l'Université de l'Ohio, l'enquête a tenté de mesurer les liens entre l'épilation intégrale et les deux infections sexuellement transmissibles les plus contractées, la chlamydia et la gonorrhée. 214 étudiantes ont accepté de se soumettre à un dépistage et ont accepté de transmettre leurs analyses aux chercheurs qui ont effectué des recherches dans des laboratoires. Parmi les participantes, seulement 10% d'entre elles avaient contracté une IST, alors que 98% avaient déclaré s'épiler régulièrement le maillot. Plus de la moitié avaient même précisé faire l'intégrale chaque semaine, voire tous les jours.

Mais l'enquête ne s'est pas arrêtée aux types d'épilations choisies par ces jeunes femmes puisque leur vie sexuelle a également été questionnée. En se basant toujours sur l'échantillon des 214 étudiantes, 72% d'entre elles se sont déclarées célibataires, même si toutes (ou quasiment puisque 99,5%) ont assuré être sexuellement actives, avec au moins quatre partenaires au cours de l'année. Malheureusement, très peu ont systématiquement eu recours au préservatif (17%) et 21% ont même déclaré ne s'en être jamais servies ces derniers mois. Si cette étude n'a donc pas établi de lien tangible entre pubis lisse et risques d'IST, il vaut mieux rester prudent.e.s sur cette question, étant donné qu'un très faible échantillon a été interrogé et qu'il s'agit en plus d'étudiantes de la même tranche d'âge et venant de la même université.

via GIPHY

Cette enquête a néanmoins le mérite de se démarquer des autres études menées sur le sujet, prenant en compte la fréquence des activités sexuelles des femmes. Un paramètre qui est loin d'être à négliger et qui a été complètement omis jusque-là : « Ce qui est particulièrement inquiétant, c'est que les travaux précédents n'aient pas pris en compte ces données. Or il se pourrait que les femmes qui ont eu plus de rapports sexuels avec plus de personnes - et qui sont donc plus susceptibles de contracter des infections - soient plus susceptibles de se faire le maillot » explique Mario Gallo, co-auteure de l'étude.

Bref, avant d'assumer son épilation intégrale sans flipper, il va falloir encore un peu patienter, le temps d'étayer ces premiers résultats qui restent encourageants pour les adeptes du sexe épilé.

Source : Shoko - Crédit : Instagram @Billie