Feed, To The Bone : L'anorexie est enfin abordée sur écran et il était temps

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L'anorexie enfin abordée à la télévision

Si vous suiviez Les Freres Scott, alors il y a une phrase signée Brooke Davis qui a dû vous marquer : "L'anorexie est un fléau, pas un effet de mode". Et enfin, la télévision s'en empare.

Récemment, Troian Bellisario a secoué la toile avec la bande-annonce de Feed, son premier film. Epoustouflante dans les premières images, l'actrice aborde un thème douloureux - celui de l'anorexie. Jusque ici, peu de films avaient vraiment abordé le sujet. Parmi les plus récents, on pourrait citer Black Swan et la série Skin. Et voilà que Troian bouleverse les codes en remettant la maladie qu'elle a affronté sur le devant de la scène. Peu de temps après, Netflix sortait la bande annonce de To The Bone, un film poignant sur l'anorexie. Le point commun entre ces films ? Ils peignent la maladie autrement qu'au travers des catwalks et les magazines.

Feed

Dans Feed, tout commence lorsque l'héroïne perd son frère jumeau. Lorsqu'il meurt, elle perd une partie d'elle-même mais surtout, elle culpabilise. Elle culpabilise d'être en vie, elle se sent coupable de ce qu'il s'est passé. Et se priver de nourriture, c'est sa punition. Elle se punit, se flagelle et se fait vivre un enfer parce qu'elle estime qu'elle le mérite. Hantée par l'image de son frère (brillamment interprété par Tom Felton), elle s'enfonce sans que personne ne puisse rien faire. En fait, on pourrait même voir en son frère une personnification de la maladie.

To The Bone

Dans To The Bone, on est confrontées à la notion de contrôle. Parce que l'anorexie, c'est avant tout une question de contrôle. Quand on sent que notre propre vie nous échappe, quand on pense que l'on ne contrôle plus rien, on essaie de garder le gap en contrôlant son corps. On essaie de se prouver qu'on peut tenir debout, qu'on est plus forte que les autres. Peu à peu l'anorexie devient une compétition : une compétition contre son corps, contre la nourriture et surtout, contre soi-même. A partir de là, il faut trouver la force de lâcher prise, de continuer et d'essayer de comprendre que la vie n'est pas un éternel combat. Ca, c'est que Lily Collins exprime dans ce film qui s'annonce poignant.

Pourquoi c'est important ?

C'est important parce qu'en France, l'anorexie touche 1,5% des femmes âgées de 15 à 35 ans et c'est beaucoup trop. C'est important parce que lorsqu'il s'agit de cette maladie, on prend encore bien trop de raccourcis. Non, l'anorexie n'est pas que la maladie des mannequins, ce n'est pas qu'une phase qui pousse les filles à perdre une taille pour pouvoir mettre un jean slim (d'ailleurs, elle touche aussi des garçons). En fait, c'est beaucoup plus complexe que cela. L'anorexie, c'est une maladie qui s'installe lentement mais sûrement et qui laisse des traces indélébiles.

A l'heure actuelle, ce trouble alimentaire cause un décès dans 10% des cas. Alors quand des actrices comme Troian Bellisario ou Lily Collins décident de dénoncer ce fléau (parce que oui, c'est un fléau qu'il faut dénoncer et qu'il ne faut plus minimiser), on ne peut qu'applaudir. Quand on emploie le mot "dénoncer", on n'y voit rien de péjoratif - bien au contraire. Le souci, c'est que l'anorexie est encore peu maîtrisée, tout le monde n'a pas les outils pour la contrer. Et plus les écrans s'en empareront, mieux on la comprendra et mieux on aidera ceux qui se battent contre elle.

Grâce à ces deux films, on voit l'anorexie sous son vrai jour. Parce que c'est une maladie encore trop complexe pour être vraiment comprise, on a tendance à l'associer à la superficialité du mannequinat. Et pourtant, c'est tellement plus que ça.

Source : Netflix, Sony, shoko - Crédit : netflix