Gonfler son point G à l'acide hyaluronique pour avoir des orgasmes, seriously ?!

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Jusqu'où ira la course à l'orgasme ?

On a un peu fait les gros yeux en entendant parler de cette technique et, à vrai dire, il y a franchement de quoi. Censée booster le plaisir féminin, l'amplification du point G est une pratique chirurgicale qui consiste à injecter de l'acide hyaluronique, ce produit généralement utilisé pour combler les rides, dans le vagin. Et plus précisément dans cette zone particulièrement érogène qui fait tant parler (et fantasmer) les sexologues, scientifiques et autres experts du sexe : le point G. Derrière cette technique, on retrouve la gynécologue Marie-Claude Benattar, qui a mis au point cette pratique afin de venir en aide aux femmes atteintes d'anorgasmie, un trouble sexuel qui leur empêche d'avoir à nouveau des orgasmes.

orgasme ,sexe
Se gonfler le point G à l'aide d'acide hyaluronique pour atteindre l'orgasme ?

La doctoresse a été inspirée par le travail du chirurgien Matlock, surnommé le Picasso du vagin (bien, bien...) qui injectait du collagène dans le vagin de ses patientes afin de leur permettre d'atteindre le fameux « orgasme vaginal » (un orgasme que l'on a tendance à différencier du clitoridien, alors qu'ils sont en réalité tous deux déclenchés par stimulation du clitoris, ce qui n'exclut pas évidemment qu'ils puissent procurer des sensations différentes). Bref, quoiqu'il en soit, pour la gynécologue : « le vagin est un tissu conjonctif. Avec le temps, le tabac, les accouchements, la ménopause, cette zone s'amincit, vieillit et devient moins excitable. Donc si on réinjecte du tissu conjonctif, ça permet de réhydrater, retendre et retonifer » la fameuse zone, comme elle l'explique à la rédaction de VICE France.

Pratiquée depuis 2005, cette technique s'adresse donc aux femmes qui ont déjà eu des orgasmes mais qui auraient des difficultés - ou une impossibilité - à les atteindre à nouveau. Celles qui n'ont jamais eu d'orgasmes ne seront donc pas plus avancées après cette intervention qui, précisons-le, se fait sous anesthésie locale, dure une dizaine de minutes mais ne fonctionne que six à huit mois. De même, étant donné que l'acide hyaluronique a pour but d'amplifier les sensations et le plaisir en gonflant LA zone la plus érogène, l'injection n'aura aucun effet sur les patientes qui ne parviennent pas à avoir d'orgasme à cause d'un problème d'ordre psychologique (et c'est souvent le cas).

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Pour le moment, il n'y a pas eu suffisamment d'études qui se sont penchées sur cette opération et sur ses effets pour valider son efficacité. Si plusieurs patientes affirment avoir retrouvé leur plaisir sexuel après l'intervention, on est tout de même en droit de se demander s'il ne s'agit pas d'un effet placébo. Dans tous les cas, il semble avant tout plus sage de se pencher sur le « problème » (même si le fait de ne pas avoir d'orgasme n'est pas une fin en soi et qu'il est parfaitement possible de prendre soin pied sans passer par cette étape), en se demandant si celui-ci n'est pas lié à un blocage psychologique, une pudeur ou une méconnaissance de son propre corps.

D'autant qu'en plus d'être onéreuse (entre 800 et 2000 euros l'intervention, à renouveler plusieurs fois, puisque l'effet s'estompe avec le temps), l'amplification du point G n'est pas sans risque. Injecter de l'acide hyaluronique dans une zone proche de l'urètre, organe qui peut être blessé accidentellement, peut en effet provoquer une incontinence urinaire. Bref, on se demande si le jeu en vaut vraiment la chandelle...

Source : Shoko/www.vice.com - Crédit : Unsplash @Ava Sol