Il y a t-il du mal à se faire du bien ?

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L'amer goût du sexisme quotidien...

Le CES (consumer electronic show) qui se déroulait ces derniers jours à Los Angeles est LE rendez-vous des innovateurs dans le milieu de la tech. Ce salon qui prône l’innovation a pourtant fait preuve d’un comportement suranné. En octobre dernier, Lora DiCarlo a reçu un email lui annonçant l'intention du CES de récompenser l'invention développée par son entreprise, dans la catégorie innovation robotique. Quelques semaines après, un email contraire, l'informait que son prix lui était finalement retiré. Pourquoi ? Son sextoy pour femme appelé "osé" a été jugé comme une innovation trop "immorale, obscène, indécente, profane et pas en accord avec l’image du CTA".

Le Consumer Technology Association, en charge de l’organisation de cet événement a finalement trouvé ce choix trop "osé". Selon le règlement, l'organisation a le droit de disqualifier tout objet représentant "un danger pour la sécurité ou le bien-être de qui que ce soit". Pourtant, ce sextoy qui fait l’objet de 8 brevets en attente et qui est un concentré technologique, offrait un programme plus alléchant que dangereux : "refait toutes les sensations de la bouche humaine, de la langue et des doigts".

Sur les réseaux sociaux, la responsable de la commercialisation de l’objet a exprimé son mécontentement et a souligné que les robots strip-teaseuses, ou les objets permettant de regarder du porno en réalité virtuelle, présentés les années précédentes n’avaient pas créé de telles polémiques.

Plusieurs questions se posent donc ici ? En 2019, le plaisir féminin est-il encore tabou ? Est-ce "immoral" ou "obscène" que des femmes puissent se faire du bien ? La masturbation manuelle ou assistée est-elle une pratique dont les femmes doivent rougir ? Même si de plus en plus de comptes Instagram luttent pour l’acceptation du plaisir féminin, il semblerait que certaines mentalités aient du mal à évoluer.

En 2019, la plus grande innovation serait que le monde entier comprenne enfin que les femmes, au même titre que les garçons,  regardent du porno et ont le droit aussi de se faire du bien. 

Source : shoko.fr, compte twitter LoraDicarlo - Crédit : instagram loradicarlo_hq