J'ai arrêté le gluten pendant une semaine et j'ai douillé sévère

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Une semaine longue comme un jour sans pain. Littéralement.

Traité en véritable paria, le gluten est aujourd'hui la bête noire de la healthy food. Si le régime sans gluten est souvent associé à un effet de mode, il est important de rappeler que certaines personnes dites cœliaques sont réellement intolérantes au gluten. Maux de ventre à répétition, extrême fatigue, amaigrissement, problèmes digestifs sont autant de symptômes de la maladie cœliaque, qu'il est parfois difficile de relier au gluten. La seule façon de savoir si l'on est intolérant au gluten est de faire un test (une prise de sang qui permet de révéler la présence d'anticorps liés à la maladie) puis si le test s'avère positif, de faire une endoscopie par voie bucale par un gastro-entérologue. 

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Le seul moyen de guérir de cette maladie est d'éradiquer totalement le gluten de son alimentation (produits à base de blé, orge ou seigle, comme le pain, les viennoiseries, les biscuits industriels à base de gluten, les pâtes ou encore la bière). Sans nécessairement être atteint de la maladie cœliaque, on peut également souffrir d'une hypersensibilité au gluten qui provoque de gros troubles digestifs. Là encore, le seul moyen d'aller mieux est de supprimer ou de réduire le gluten de son alimentation. Seulement, il faut bien le reconnaître, le gluten se niche un peu partout dans nos habitudes alimentaires et même si de plus en plus d'enseignes et restaurants se mettent au gluten free, le régime sans gluten est un défi qui en effraie plus d'un. Alors, pour l'expérience, j'ai décidé de supprimer le gluten de mon alimentation pendant une semaine (ce qui n'est clairement pas assez pour mesurer les effets sur sa santé) et de voir à quel point ce régime pouvait m'être envisageable ou au contraire particulièrement contraignant. Verdict !

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Etant végétarienne, plutôt adepte d'une alimentation saine et vivant à Paris, je me suis lancée dans l'aventure en pensant que je partais déjà avec de sacrés avantages. Les premiers jours, j'étais plutôt excitée par mon nouveau régime. A la place du pain de mie et de la pâte à tartiner bio que je mange tous les matins, je leur ai préféré du pain façon viennois sans gluten, accompagné d'un peu de beurre et de confiture. Un petit déj' sain et totalement gluten free que j'ai validé, le pain viennois étant très bon (même si un peu cher, presque que 4 euros pour un paquet). Pour mes repas, j'ai opté pour des pâtes aux lentilles corail, que j'ai trouvées plutôt bonnes, avec un mix de légumes du soleil ou encore du riz blanc avec quelques tomates. Ne mangeant qu'un repas par jour, je n'ai pas été contrainte d'élaborer plusieurs recettes par jour (et dans ce cas là, c'était tant mieux !). 

Les choses se sont compliquées en milieu de semaine. J'étais invitée à l'inauguration d'un nouveau restaurant et je redoutais particulièrement ce moment, les sorties à l'extérieur se révélant être un vrai défi pour mon nouveau régime. Au bar, le serveur n'ayant plus de glaçons pour me servir des cocktails, m'a naturellement dirigée vers la bière. Impossible, elle contient de l'orge. J'ai donc du me rabattre sur un jus d'ananas, ce qui n'a pas manqué de faire rire mes amis. Quand on m'a demandé ce que je souhaitais manger et que j'ai précisé que j'étais végétarienne et que je suivais depuis quelques jours un régime sans gluten, le cuisinier m'a charrié gentiment, me tendant la main, l'air de dire "Bon bah bye hein !". Rien de méchant mais je pense qu'à la longue, ça doit être particulièrement vexant de sentir qu'on fait "des caprices", alors qu'il s'agit en réalité de vraies convictions et de réelles intolérances. 

J'ai arrêté le gluten pendant une semaine et j'ai douillé sévère - photo

"Ah, tu fais ça pour garder la ligne ?", "Sale bobo de merde", "Relou un peu non ?", entre les vannes lancées l'air de rien et les amalgames, je me suis rendue compte qu'il était assez compliqué d'assumer un régime sans gluten, surtout aux yeux des autres. D'ailleurs, je sentais que mes amis s'empressaient de suite d'expliquer la situation aux gens que l'on croisait (soit que le régime sans gluten était l'objet d'un test pour un article), histoire d'excuser ce comportement "relou". Je pensais qu'à Paris le gluten free avait pourtant fait son trou... Force est de constater que "cette mode" n'est en fait pas si à la mode que ça. Ou du moins pas encore ou pas assez. 

Quant à mon régime alimentaire, je dois bien avouer que les derniers jours de la semaine ont été particulièrement durs à tenir. Le week-end arrivant, je rêvais de mon apéro pain/vin/fromages que je me réserve le vendredi soir en général. Sans parler de la tentation du cheat meal, encore plus grande les soirs de petite déprime et de grosse fatigue, où tu n'as ni l'envie ni l'énergie de les passer derrière les fourneaux. En fait, pour suivre un régime sans gluten et s'y tenir, il est impératif de cuisiner, tous les jours (presque) sans exception. Alors, certes, après avoir préparé ma petite poilée de pommes de terres et champignons, j'étais ravie d'avoir opté pour cette alternative saine plutôt que le sandwich mozza dont je rêvais, mais cela n'empêche que sur le moment, j'avais juste besoin d'une bonne comfort food. 

J'ai arrêté le gluten pendant une semaine et j'ai douillé sévère - photo

Trinquer avec les potes à la bière m'a également beaucoup manqué. Même si la bière sans gluten existe (notamment de la marque Jade, très très bonne au passage), difficile d'en trouver dans n'importe quel troquet du coin. Quant aux clubs et autres lieux alternatifs dans lesquels j'ai l'habitude de faire la fête, ce n'est même pas pensable. Pour être honnête, j'ai même préféré décliner les plans prévus ce week-end là car je savais qu'il serait très compliqué voire impossible de faire la teuf sans bière. En tout cas, pas dans les soirées auxquelles je vais. Sans compter les remarques que j'appréhendais également. 

J'ai donc passé un week-end chill, tranquillou chez moi. De plus en plus tentée par le pain qui me faisait saliver à chaque passage devant une boulangerie bien parfumée, j'ai décidé d'acheter une version sans gluten. Vu que le pain viennois gluten free m'avait agréablement surprise, je me suis dit que cette recette pouvait également être surprenante. Hélas, ce pain était tout simplement immangeable. Texture ultra épaisse, goût très prononcé, même toasté ce pain sans gluten ne passait pas. J'ai donc terminé ma semaine avec des pâtes aux pois chiches (pas fan du tout), quelques légumes pour accompagner tout ça et mes traditionnelles galettes végétales, pressée que mon supplice prenne bientôt fin.

J'ai arrêté le gluten pendant une semaine et j'ai douillé sévère - photo

Bilan de l'expérience : bien que tout à fait possible, le régime sans gluten reste pour moi encore un vrai défi. N'étant pas intolérante, je ne me sens donc pas obligée de le retirer de mon alimentation. Cependant, je pense néanmoins "souffrir" d'une petite sensibilité. J'ai donc décidé d'arrêter le pain de mie bio tous les matins (car même si bio, on peut difficilement trouver plus dégueu comme produit) et de compenser quelques recettes de pâtes par celles aux lentilles corail que j'ai trouvées vraiment pas mal. Pour le reste, je m'en tiens à mon régime végétarien, mes apéros pain/fromages et mes soirées arrosées à la bière. 

Enfin dernière chose : si tu penses souffrir d'une intolérance au gluten, il est fortement recommandé de faire les tests mentionnés précédemment, plutôt que de supprimer toi-même le gluten de ton alimentation. En effet, si tu perturbes ton régime habituel, il sera difficile voire impossible de diagnostiquer ta maladie (si maladie il y a). 

Source : Shoko - Crédit : Giphy, Unsplash - Velizar Ivanov, Unsplash - Debby Hudson, Unsplash - Chelsea shapouri