J'ai testé la coupe menstruelle, récit d'une véritable épopée

par
La cup Fleurcup

Je vous raconte mon expérience avec la coupe menstruelle, la protection hygiénique qui entend bien ringardiser notre bon vieux tampon

La coupe menstruelle, première approche

Au début, j'étais pas franchement intéressée par l'idée. La coupe menstruelle... mouais, je sais pas, les tampons ça ne me dérange pas. Je n'avais jamais ressenti l'envie d'essayer autre chose - de révolutionner ma routine bien tranquille, devrais-je dire. Non seulement parce que mettre un tampon était devenu un geste banal que je pouvais maintenant faire les yeux fermés - si on me l'avait dit à 13 ans, j'aurais certainement ri - mais parce que je ne voyais pas bien l'intérêt de sortir de ma zone de confort. Déjà que l'anneau contraceptif ou le préservatif féminin m'ont toujours fait peur, ce n'était pas pour abandonner une gigantesque coupe à l'intérieur de mon vagin.

Et puis comme tout le monde, j'ai commencé à lire des choses inquiétantes sur les tampons. Des histoires de plus en plus récurrentes, des témoignages proclamant la prétendue dangerosité des tampons. Bref, des trucs bien flippants, des histoires de syndrome du choc toxique (STC), cette maladie infectieuse (pas uniquement due à l'utilisation de tampons, attention) mais que n'importe qui pourrait contracter à cause de toxines qui empoisonnent le sang, et qui a tué ou invalidé plusieurs dizaines de personnes depuis 15 ans.

Diabolisé de tous les côtés, accusé d'être responsable de la recrudescence de cas de STC, le tampon est alors devenu une véritable bête noire, propulsant sur le devant de la scène la coupe menstruelle, annoncée comme le Messie. A tort ou à raison, d'ailleurs, puisque personne n'a pour l'instant su prouver qu'elle ne pouvait pas elle aussi provoquer de choc toxique (surprise !) - ou même qu'elle s'avère sûre. Le battage médiatique a pourtant été suffisant pour implanter l'idée dans mon esprit et me pousser à considérer cette alternative, déjà testée et approuvée par des milliers de femmes.

Bon, allez, ça va être drôle. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je me suis dit. #répliquedemamie. J'ai lancé une vidéo Youtube, écouté une p'tite nana vanter les mérites de sa petite ventouse en silicone, et je me suis lancée. Mais quand j'ai eu ma coupe Fleurcup entre les mains, j'ai tout de suite moins rigolé. Ah ouais, c'est vachement rigide quand même. Comment je vais réussir à la maintenir pliée pour l'insérer ? Et cette tige super longue, j'en fais quoi ? J'ai essayé de la manipuler dans tous les sens pour l'assouplir, et après avoir entendu ma Youtubeuse expliquer qu'elle avait largement raccourci sa tige, j'ai attrapé mes ciseaux et j'ai fait pareil. On verra bien ce qui se passera, pas de retour en arrière possible.

La coupe menstruelle Fleurcup et son pochon en coton bio, réalisé par Les Mouettes Vertes
La coupe menstruelle Fleurcup et son pochon en coton bio, réalisé par Les Mouettes Vertes
Epanouissement personnel - La coupe menstruelle de la marque Fleurcup, vendue sur doux-good.com
La coupe menstruelle Fleurcup et son pochon en coton bio, réalisé par Les Mouettes Vertes
Epanouissement personnel - La Fleurcup dans son pochon décoré
La coupe menstruelle Fleurcup et son pochon en coton bio, réalisé par Les Mouettes Vertes
La première tentative

J'étais fébrile quand le moment fatidique de mes règles est arrivé. J'avais pris le soin de la stériliser dans l'eau bouillante quelques jours avant (oui oui, dans la casserole qui me sert à cuire mes pâtes), il n'y avait donc "plus qu'à". Debout dans ma salle de bains, je me suis jetée à l'eau et j'ai tenté une première approche. Infructueuse. Comme je m'y attendais, je n'arrivais pas à garder ma coupe pliée, et elle reprenait sa forme initiale chaque fois que j'essayais de la mettre. Même en position allongée, c'était la même histoire alors après bien dix minutes de calvaire, j'ai abandonné et sorti un tampon. May God bless you. J'ai inventé une excuse bidon en me justifiant de mon retard au bureau, ce matin-là ; des détails sur ma coupe auraient été malvenus.

Plus détendue le lendemain, j'ai finalement réussi à introduire la coupe, non sans une bonne crampe à la main - il faut croire que j'étais crispée, finalement. Au fil des secondes, elle a pris sa place et si je sentais toujours sa présence quelques minutes après, elle s'est rapidement fait oublier.

L'heure de vérité : la retirer

Tellement oublier que si j'arrivais toujours à sentir la petite tige dans la matinée, plus rien à l'horizon au moment de vider la cup. Quelle bonne idée de l'avoir coupée. Je me voyais déjà débouler aux urgences. Ça va être plus compliqué que prévu. J'ai relu la notice fournie par Fleurcup : "Si vous constatez que vous avez du mal à attraper votre Fleurcup, ne paniquez pas, détendez-vous. Mettez-vous en position accroupie ou assise sur les toilettes. Poussez comme si vous alliez à la selle, votre Fleurcup descendra d'elle-même. Vous pourrez alors la saisir et la retirer". Je me suis m'exécutée et j'ai enfin réussi à pincer la base de la ventouse, victorieuse. Et à ne pas en mettre une goutte à côté, hashtag winneuse.

J'ai renouvelé l'expérience le lendemain puis, pour me récompenser du calvaire enduré, j'ai ressorti ma bonne vieille boîte de tampons pour finir la semaine, comme j'aurais pu sortir un pot de Ben & Jerry's du congélo pour me réconforter.

Le mois suivant, je me suis encore trouvé une excuse pour laisser ma Fleurcup dans le tiroir : j'étais malade comme un chien, j'agonisais sur mon canapé, je n'étais pas d'humeur à m'infliger des galères supplémentaires.

Et après ?

C'est donc au cycle d'après que j'ai retrouvé ma ventouse, bien décidée à lui laisser une vraie chance. On fait la paix ? Comme le vélo, je n'avais (presque) pas oublié comment la mettre et la retirer. A ma grande surprise, j'ai d'ailleurs commencé à lui trouver des bons côtés : hormis le fait que la stériliser tous les soirs était bien BIEN relou, j'appréciais de pouvoir la garder toute une journée sans me préoccuper de la changer, ou de dormir avec sans craindre la prolifération de bactéries. Et puis, il faut bien avouer que c'était plus clean quand j'avais de la compagnie... ;)

Pour autant, je n'ai pas réussi à tenir le rythme et à avoir le réflexe coupe menstruelle à chaque fois. Même si je suis convaincue qu'il s'agit d'une super alternative aux tampons (tout du moins quand tu as un flux raisonnable, pour le dire de manière élégante), j'ai souvent été découragée par le temps et le rituel qu'elle nécessite quand on manque encore de dextérité. Mais si l'on passe bien vite au-dessus de la difficulté de l'insérer et de la retirer, on se confronte aussi rapidement à une grande question : comment je fais quand je ne suis pas chez moi ? et donc forcément comment je la nettoie quand je ne suis pas chez moi ? Autant vous dire que la nettoyer dans le lavabo des toilettes publiques, ça peut mettre mal à l'aise, mais chacune selon sa pudeur. Alors plutôt que de me retrouver dans la galère le jour où la situation se présente, je garde toujours sur moi ma roue de secours. Qui sait, peut-être que je pourrai un jour y couper ;)

Ce que je retiens de la coupe menstruelle

Les plus :

  • On peut la garder jusqu'à 12h, soit le double du temps recommandé pour un tampon
  • Contre toute attente, on ne le sent pas une fois en place
  • Elle est invisible lorsqu'on est nue
  • Elle filtre complètement les odeurs
  • Elle est discrète dans un sac à main, enveloppée dans son pochon
  • Elle est plus économique et écologique qu'un tampon
  • Elle peut durer plusieurs années

Les moins :

  • Elle nécessite de l'entraînement pour être insérée et retirée
  • Il faut la stériliser après chaque utilisation
  • Elle s'introduit difficilement en fin de règles
Source : meltyFashion - Crédit : meltyfashion.fr

3 commentaires
  • Attentien Lenacup je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi ! Le vagin n'est pas stérilisé soit mais il bénéficie d'un équilibre bactérien précaire du fait d'une flore très fragile ! Comme conseillé sur ce blog www.femmecup.fr et dans nombre d'autres, quand tu introduis quelque chose dans le vagin, il doit être stérilisé justement pour ne pas apporter de bactéries. Ce n'est pas parce que la coupe est moins risquée par rapport au choc toxique qu'il ne faut pas faire n'importe quoi. CQFD
  • moi je préfère la bonne vielle serviette always
  • Hello, Avec un bémol pour la stérilisation à chaque fin de règles : perso j'estime que ce n'est pas forcément nécessaire, je pars du principe que tout ce qui va dans mon vagin n'est pas stérilisé avant (j'en parle dans cet article coupemenstruelle.net ) ;) Et pour l'introduction en fin de règles, personnellement, je trouve au contraire que c'est plus agréable qu'un tampon mais, quoi qu'il en soit, tu peux penser à lubrifier à l'eau pour faciliter les choses :)