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L'histoire de la mode

L'histoire de la mode : 50 Shades of Grey, retour sur 50 ans de lingerie fine 

Publié par
Sarah Attalaoui
, le .
Temps de lecture : ~ 4 min
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Si Christian Grey change les habitudes lingerie d'Anastasia dans 50 Shades of Grey, les femmes elles n'ont eu besoin de personne pour apprécier la lingerie fine. Revenons-donc sur 50 ans de création de lingerie fine

La lingerie, historiquement parlant, a toujours été vue comme une pièce mode utilitaire et fut influencée par les mouvements de société qui évoluaient en parallèle de la libération sexuelle de la femme. Ses coupes, ses matières ont été modifiées et travaillées au fil des générations pour dépasser le côté pratique afin de sublimer le corps. L'après-guerre fut une période déterminante dans l'appréhension de cette pièce qui devint une métaphore de la séduction, comme le souligne le style pin up. Repris depuis par des créatrices de lingerie fine comme Dita Von Teese ou Chantal Thomass, la lingerie fine rétro est devenue aujourd'hui culte. Avec l'arrivée de créateurs comme Tom Ford, laissant entrevoir la lingerie comme pièce entière d'un look mode, elle domina le marché du sexy. Aujourd'hui des films comme 50 Shades of Grey accentue d'autant plus la dimension charnelle, excitante et envoûtante de la lingerie. On remarque que le personnage d'Anatasia Steele prend littéralement le pouvoir sur son compagnon de jeu, Christian Grey, en s'accaparant la lingerie fine offerte par ce dernier; ainsi quelle place la lingerie fine a-t-elle dans notre quotidien aujourd'hui ?

Pour répondre à cette question nous commençons par faire un état des lieux des générations qui ont marqué l'évolution de deux pièces majeures de la lingerie : le soutien-gorge et la culotte. Les années 1960 marquent une nouvelle évolution du soutien-gorge avec l'arrivée de modèles comme Twiggy dont l'allure filiforme et le côté garçonne adolescente séduit, ce qui nous fortement penser au personnage d'Anastasia dans 50 Shades of Grey. Les femmes et filles veulent lui ressembler et le marché des sous-vêtements s'adapte à la mouvance lolita du monde de la mode avec des robes courtes et droites, des tops courts qui nécessitent une poitrine réduite. Malgré tout les motifs apparaissent, les couleurs se veulent pop pour coller au foisonnement des 60's, faisant apparaître une nouvelle matière très connue aujourd'hui qu'est l'elasthane. Si loin de la lingerie fine et de ses matières travaillées avec de la dentelle notamment, cette forme de soutien-gorge et culotte anime les créateurs.

Plus tard, les années 1970 rejettent la féminité exacerbée avec l'influence des féministes qui voient dans le soutien-gorge un objet qui écrase leur statut de femme libre. Le marché de la lingerie ne s'effondre pas pour autant mais les femmes adoptent le vêtement à même la peau ou choisissent des modèles discrets et fins; ceux-là devenant de plus en plus graphiques et élaborés au niveau des coupes et des couleurs. Dès lors, des marques comme Aubade, Chantal Thomass ou Victoria's Secret - créée en 1977 - s'attellent à rendre la lingerie plus délicate qui anime la suggestion du corps et invite au sexy. Par exemple, la créatrice Chantal Thomass réussit à imposer sa vision moderniste de la femme qui se veut sensuelle et sexy dépassant tous les codes et l'inscrivant dans une démarche volontaire de marquer sa féminité, dans les années 1980. Les portes-jarretelles, les guêpières, les soutiens-gorges en fine dentelle et rubans fantaisie font leur apparition avec la tendance du glamour. Il est question ici de faire des ensembles de lingerie fine un look à part entière, la vraie révolution se fait ici.

La femme symbolise matériellement son sex appeal grâce à des dessous novateurs qui suggèrent le désir à l'extrême. Les push up, les brassières sexy et les ensembles deviennent échancrés pour laisser libre cours au corps de la femme qui s'affranchit de quelconques diktats de la société. Chaque corps et morphologie sont acceptés ce qui permet une explosion du marché des sous-vêtements et plus particulièrement du soutien-gorge et de la culotte, que l'on ne diabolise plus dès les années 1990. La femme jongle avec les modèles faisant du mix and match des dessous proposés, passant de la dentelle au coton, puis des formes push up aux brassières sans armatures. La lingerie fine se démocratise et son marché devient plus accessible grâce aux marques de mode dites de masse qui en font des collections saisonnières. H&M, American Apparel, Etam ou même Playtex s'adaptent aux demandes allant de nouveautés en nouveautés.

Les matières de la lingerie fine se perfectionnent s'invitant sur les podiums, on pense à Jean-Paul Gautier, Sonia Rykiel ou Tom Ford qui usent de tout leur talent pour rendre la lingerie sexy et fine très mode presque sculpturale. Côté cinéma, la lingerie impose ses droits avec les James Bond girls, sublimes en sous-vêtements ou en maillots de bain menant à la baguette ces chers messieurs. Bien que leur position de femmes fatales soit actée, certains films reprennent mettent en avant la lingerie en tant que costume du sexy comme le souligne L'Apollonide, souvenirs de la maison close ou Burlesque. Ce dernier remet au goût du jour une pratique de la danse très connue couplée à une histoire de la lingerie rétro qui fait un retour en force. La lingerie fine s'accomplit et bascule dans le côté SM pour laisser entrevoir une dernière facette de la femme : la domination. La lingerie fine ou coquine - dans ce cas précis - use de détours pour être plus sexuelle. Elle se pare de latex - matière également utilisée pour les préservatifs - souligne les attributs féminins avec forces tout en étant confectionnée de façons très subtile.

La tendance du SM revient magistralement grâce à 50 Shades of Grey bien que des personnalités mode telles que le duo Tom Ford/Carine Roitfeld fussent initiateur de la mouvance avec le porn chic dans les 90's. Plus qu'une énième vague stylistique, la lingerie fine et coquine s'acclimate à notre quotidien également par le biais de jeunes créateurs comme Dément Paris, Sophie Sénéchal ou Suite privée. Ces derniers voient en la lingerie fine deux choses : d'une part, le moyen d'exprimer un artisanat, un savoir-faire et d'autre part, le moyen d'être totalement en phase avec ce qu'est la femme aujourd'hui. Contemporaine et irrévérencieuse, chic mais osée, la lingerie se veut miroir d'une société qui donne la main aux femmes, affirmant ainsi leur égalité - si mise à mal - à l'homme. Il n'est alors plus tabou que d'avoir des dessous fantaisistes et sexy dans nos dressings quand on sait qu'ils sont désormais partie intégrante de notre quotidien, joliment placés sous des chemisiers transparents ou de belles robes bodycon. Et contrairement aux apparences, la lingerie nous fait initialement plaisir avant d'être un objet de convoitise, de pouvoir et de domination. N'est-ce pas Mr Grey ?

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