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L'histoire de la mode

L'histoire de la mode : Les Supermodels, retour sur le groupe de mannequins phare des 90's

Publié par
Sarah Attalaoui
, le .
Mis à jour le .
Temps de lecture : ~ 3 min
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Ils n'ont jamais vraiment disparu de nos pages mode et pourtant ils reviennent en force. Voici le retour des Supermodels, ce qui nous donne l'occasion de revenir sur l'histoire de ce groupe mythique de mannequins des 90's

Linda, Christy, Cindy, Claudia ou Naomi, sont autant de prénoms de mannequins que vous connaissez par coeur. Et pour cause, ces drôles de femmes font partie de ce groupe de tops emblématiques des années 90, nommé les Supermodels. Pour contextualiser les choses, rappelons que les mannequins d'avant les 90's commençaient doucement à s'émanciper du rôle très convenu de poupée de cire, servant simplement à rendre compte en 3D d'un vêtement. Si l'on se souvient - ou que l'on a appris, question de génération - que les années 70 et 80 ont libéré les mannequins de leurs fonctions catatoniques, les années 90 restent un tournant majeur dans la définition contemporaine du mannequin. Au-delà des shooting, des campagnes de mode, les Supermodels s'affichent dans des publicités en devenant ainsi les modèles d'une génération qui ne suit pas forcément les règles de la mode. La nouveauté est là : elles représentent un idéal démocratisé de la femme, à la manière de Jennie Runk qui est l'un des mannequins phare en Plus Size, bousculant des codes établis. Certes la démocratisation quant aux diktats est en marche mais elle n'exclut pas certains principes tenaces. On souligne que Linda Evangelista, Christy Turlington et Naomi Campbell, Cindy Crawford et Claudia Schiffer possèdent des formes plus proches des corps réels des femmes, mais restent tout de même très minces et équilibrés.

Ce qui les propulsa vraiment au devant de la scène reste la façon dont les photographes les ont représenté. Naturelles, femmes indépendantes, femmes d'affaires, mamans, les Supermodels représentent les femmes du quotidien avec un glamour certain et accentué qui leur confèrent le statut d'icône. N'oublions pas de souligner, cependant, que la profusion des images les place comme seuls modèles référents. La couverture de janvier 1990 du Vogue britannique, signée Peter Lindbergh, en est la preuve car elle montre Naomi Campbell, Linda Evangelista, Tatjana Patitz, Christy Turlington et Cindy Crawford, très peu maquillées mais incroyablement magnétiques. La couverture a un tel impact que le chanteur George Michael décide de prendre dix mannequins pour son clip Freedom, parmi eux se trouvaient Linda Evangelista, Christy Turlington, Naomi Campbell, Cindy Crawford et Claudia Schiffer. L'engouement pour ces nouvelles têtes de la mode et nouveaux chouchous des femmes opère lorsque MTV s'applique à faire tourner le clip phare en boucle sur la chaîne. Le grand public est happé et leurs carrières lancées. Outre une nouvelle étape dans la libération de la femme incarné par ces superwomen, les années 90 marquent également la mondialisation du marché de la mode.

Le prêt-à-porter rugit et se généralise, outrepassant le domaine du luxe, pour faire des mannequins leurs portes-paroles attitrés et ainsi toucher des catégories sociales plus larges. De plus il est l'heure de ce que l'on nomme le power dressing ou autrement dit la mode working girl, telle que nous la concevons aujourd'hui. L'idée ? Que les femmes s'habillent dans l'idée de faire transparaître leur pouvoir à travers leurs vêtements. Les Supermodels cassent les codes de la mode ainsi que les codes sociaux en représentant de surcroît des femmes d'origines et de physiques différents. Si la diversité de visages et de corps de l'époque nous étonne peut-être un peu plus aujourd'hui, c'est bien parce que la mode a traversé une phase trouble durant laquelle le mannequin n'était qu'une sorte de clone du précédent. Les Supermodels sont le contraire parfait de cette période sombre de la mode comme le suggère fortement tous les défilés blig bling chic des maisons italiennes. Gianni Versace, créateur de la marque éponyme récupérée par sa soeur à son décès, était une sorte de mécène du talent des Supermodels. Sans cesse dans ses défilés, à réinterpréter à l'infini l'image de la femme indépendante chic et sexy, les Supermodels faisaient office de canon de mode et de beauté absolu pour le créateur; en cela elles obtenaient un pouvoir incommensurable.

Lorsque Linda Evangelista, au top de sa carrière, eut l'audace de dire qu'elle ne pouvait "sortir de son lit pour moins de 10 000 $ par jour", elle prouvait sans équivoque la mainmise des Supermodels sur le marché de la mode. Aimées, adulées, ces femmes obtiennent une reconnaissance publique jamais égalée et s'enrichissent à vue d'oeil à la manière de superstars. Revlon, Maybelline ou Calvin Klein ne peuvent alors plus se passer du minois et du regard transcendant de Linda Evangelista. De son côté Claudia Schiffer, devient la muse de Karl Lagerfeld quand Cindy Crawford s'acoquine de Playboy. Omniprésents, les Supermodels défient les lois rationnelles de la saisonnalité des mannequins et s'imposent dans la durée. Naomi Campbell, qui revient aux côtés de Jourdann Dunn dans la campagne printemps-été 2015 de Burberry, le montre à merveille. Plus de 20 ans après avoir explosé, l'un des Supermodels est encore sur le devant de la scène avec autant de verve qu'à ses 20 ans. Si la relève semble désormais assurée, nul doute que les photographes Peter Lindbergh ou Steven Meisel ont su capter l'heure de gloire du mannequinat, que représente le groupe des Supermodels.

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