La "it girl", retour sur l'histoire d'un phénomène pop et mode

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Les magazines de mode nous annoncent sans cesse l'arrivée de nouvelles "it" girls dans la sphère mode, mais qui sont-elles ? Ce phénomène pop et mode s'intensifie; une occasion pour nous de revenir sur son histoire

Évoquer la "it" girl c'est un peu comme évoquer un nouveau concept. Phénomène croissant depuis les années 2000, ces termes ont une histoire assez particulière qui remonte au faste des années 20 à Hollywood. Loin des nouveaux termes techniques qui affluent dans le monde de la mode, le concept de "it" girl est tout bonnement la reprise d'un surnom donné à une très célèbre actrice, Clara Bow, qui a tourné dans le film muet "IT". Le succès est immédiat et la jeune actrice devient une actrice phare qui se voit attribuer un surnom en gage d'affection des professionnels et du public. À la manière de Kate Moss devenue "La Brindille", Clara Bow était la "it" girl. Inspirant une allure à la fois ingénue et terriblement attirante, Clara Bow a fait naître ce que l'on connaît du concept contemporain de "it" girl. C'est-à-dire, une fille jeune et dans l'air du temps. Ce phénomène peu connue en France mais surtout en avant des filles issues des États-Unis et de l'Angleterre, véritable berceau des "it" girl que l'on connaît aujourd'hui. C'est à travers des filles comme Alexa Chung, à la Une du Time Out New York spécial mode, que l'engouement se produit. Tendanceuses, souvent malgré elles, les "it" girl sont la traduction d'une société où les choses vont vite, où la célébrité est éphémère, même pour " les filles de".

Et oui, ne croyez pas que la célébrité est due simplement au travail, ce serait une illusion. La majorité des "it" girls aujourd'hui sont des "filles de" et jouissent des contacts et de l'image de leurs parents afin de se faire remarquer. Elles sont généralement belles, passionnées de mode et ont des rêves plein la tête. Comme nous en somme ? Pas exactement. Les "it" girls sont également des muses qui évoluent dans le sillage et l'ombre d'une personnalité plus solaire qu'elles encore. On pense évidemment à Edie Sedgwick, muse d'Andy Warhol, qui matérialise bien cette idée que la "it" girl est une tendance et que celle-ci ne dure pas. En effet, Edie Sedgwick était une jeune femme blonde d'une beauté presqu'animale qu'Andy Warhol a mis à l'honneur dans ses films et au sein de la Factory. Cette plaque tournante de la scène underground new-yorkaise a vu naître les premières personnalités socialites ; l'équivalent de notre jet-set. Mannequin, muse, actrice de films artistiques, petite amie de Bob Dylan mais aussi fortement attirée par les drogues, Edie Sedgwick est la parfaite représentation de ce qu'est la "it" girl aujourd'hui. Une fille avec plusieurs cordes à son arc et qui jouit d'une visibilité à grande échelle et hype.

Ces jeunes femmes sont souvent mannequins, étant aux contacts de marques émergentes ou célèbres, qui utilisent souvent leur image pour mettre en avant leur collection. Plus que des mannequins lambda, les "it" girls sont des filles à suivre et dont les looks font office de modèles. Toujours à la pointe de la mode, elles sont des plus belles soirées et fréquentes le gratin du monde artistique. Ce phénomène peu vu en France, est presqu'une institution Outre-Manche où les "it" girls y ont leur règne. La première fut Twiggy, comprenez "Brindille", qui représenta dans les années 60 le Swinging London, période fastueuse de l'Angleterre. L'apparence androgyne et sa beauté intrigante ont permis à Twiggy de s'imposer comme la fille des magazines de mode dont le Vogue français. Plus tard c'est Kate Moss qui sera la fille tendance puis plus récemment la très belle Alexa Chung, qui a remporté récemment le British Style Award qui récompense celle qui représente le mieux le style anglais dans les médias et dans le monde. Un honneur qui montre que les "it" girls sont des filles avec de l'ambition. Mannequin pour Maje, amie des sœurs Geldof et Delevingne, proche des musiciens en vogue et muse des magazines, Alexa Chung est celle qui a démocratisé les termes de "it" girl. Mais pourquoi la France ne suit-elle pas cette mouvance ?

En France, les filles que l'on met en avant ont des projets sur le long terme, jouissent de carrières solides, nous sommes loin de cette idée de carrière éphémère si attachée au concept de "it" girl. Quelques filles sortent du lot Comme Jeanne Damas, bloggeuse et mannequin, repérée chez Simon Jacquemus qui en a fait sa muse au défilé automne-hiver 2013/2014. Joséphine de la Baume, femme de Mark Ronson, mais aussi Lolita Jacobs ou encore les sœurs Clarins, sont toutes potentiellement des "it" girls mais le côté péjoratif du terme, en font des filles tendances mais des filles réelles. La "it" girl a ce on-ne-sait quoi d'irréel, de magique et de furtif, qui nous donne cette impression que tout va vite et que les visages se succèdent. Concept qui renvoie à un phénomène sociologique où tout le monde est en quête de célébrité, la "it" girl reste un joli témoin des mœurs et tendances.

La "it girl", retour sur l'histoire d'un phénomène pop et mode - photo
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