Le compte Estée Laundry révèle la part sombre de l'industrie de la beauté

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Le justicier de la beauté qui fait trembler l'industrie des cosmétiques. 

Si les réseaux sociaux sont devenus le terrain de jeu préféré des marques - qui y exercent leur influence et font accroître leur popularité - ceux-ci peuvent également devenir leur pire cauchemar. Dans une époque où le consommateur peut désormais interpeller les marques concernées à l'aide d'un simple @, dénoncer un scandale publiquement et fédérer une communauté autour d'un puissant hashtag, le bad buzz est vite arrivé, comme ce fut récemment le cas pour la marque Forever 21 accusée de fat-shaming par les internautes. A l'ère du body-positivisme, bienveillance, transparence et honnêteté sont aujourd'hui les maîtres-mot et un seul faux-pas peut être fatal pour les enseignes aux démarches douteuses.

Si le compte Instagram Diet Prada traque les plagiats repérés dans l'industrie de la mode, le milieu de la cosmétique a désormais son pendant. Il s'agit du compte Insta Estée Laundry qui y dénonce tous ses travers. Avec près de 80 000 followers, le compte est rapidement devenu une référence dans le monde de la beauté et nombreux sont les fondateurs de marques, RP ou personnalités à le suivre. Le collectif à sa tête préfère rester anonyme, on ne sait en effet pas combien de membres il compte si ce n'est que la plupart viennent des quatre coins de la planète et travaillent au sein de l'industrie cosmétique. S'il préfère garder l'anonymat, ce groupe œuvrant pour davantage de transparence, d’honnêteté et d’égalité dans le secteur de la beauté n'en reste pas moins influent, notamment grâce à sa communauté - les Laundrites - qui épinglent les faux-pas des marques.

Rihanna et sa marque de makeup Fenty en ont d'ailleurs fait les frais, après la commercialisation d'un fond de teint baptisé « Geisha Chic ». Très vite, l'enseigne s'est excusée et a retiré le produit du marché, le temps de lui trouver un nouveau nom. Une victoire dont s'est félicité le collectif, bien que toutes les marques ne réagissent pas de façon aussi collaborative à chaque fois : « Nous avons été surpris et ravis de la réponse immédiate de Fenty. La plupart des marques sont sur la défensive et tentent de nous attaquer » confie le collectif à la rédaction de The Guardian. Du visage blanchi de Frida Khalo - qui a été dépossédée de son fameux monosourcil par la marque Ulta Beauty - à Kim Kardashian qui vantait les mérites d'une sucette coupe-faim en passant par le mascara supposé vegan (qui contenait de la cire d'abeille) de l'enseigne Glossier, personne n'est épargné. Et voir les consommateurs et consommatrices reprendre le contrôle d'une industrie qui les a trop souvent dupés, dictés et complexés, ça fait clairement du bien !

Source : Shoko - Crédit : Unsplash @Felicia Buitenwerf