Les achats en ligne c'est cool, mais les retours colis sont un véritable désastre écologique

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Les retours colis, un lourd bilan carbone. 

Si l'achat en ligne s'est largement démocratisé ces dernières années, privilégié pour son côté pratique, il ne faut pas oublier qu'il participe activement à la pollution numérique, représentant 4% des émissions de gaz à effet de serre mondiale. Selon d'Ademe, un achat sur internet polluerait autant qu'un kilomètre parcouru en voiture.

Bien qu'on shoppe en ligne toute l'année, certains évènements favorisent et incitent à l'achat compulsif. On pense bien sûr aux soldes, au Cyber Monday, au Black Friday mais aussi à Noël, ces périodes pendant lesquelles, rien qu'en France, des millions de colis sont expédiés... et renvoyés une fois sur quatre par les consommateurs de moins de 30 ans, selon une étude de 2018 menée par Greenpeace en Allemagne.

Colis ,cartons
Le lourd bilan carbone des retours colis 

Ce jeudi 2 janvier 2020, la plus grande société de livraison de colis UPS prévoit de gérer un record de 1,9 million de colis, suite aux retours des commandes des fêtes de fin d'année : une tendance qui pollue énormément. Outre la multiplication des emballages (dans le cas où le produit en question est renvoyé à un nouveau consommateur, ce qui est quand même le but), le nombre des kilomètres effectués par les transporteurs sur les routes grimpent également en flèche. Sans parler des livraisons express qui font elles aussi exploser leur bilan carbone, qui correspondrait aujourd'hui à la pollution émise par 7 millions de voitures par an, selon une étude américaine.

Et les raisons du lourd bilan environnemental des retours colis ne s'arrêtent pas là : pour assurer le stockage, l'envoi et le retour des articles, on construit toujours et toujours plus d'entrepôts en périphérie des villes, des hangars logistiques qui s'étendent sur des millions de mètres carrés, rien qu'en Ile-de-France et qui doivent également être chauffés, éclairés, ventilés... En plus de n'être absolument pas écolo, les colis qui sont retournés à l'expéditeur sont très souvent détruits (30% d'entre eux, selon plusieurs ONG allemandes).

Colis ,Livraison
Les dégâts écologiques causés par les retours colis 

Face à la prise en charge des retours colis aux frais de l'entreprise, de plus en plus proposée, les consommateurs en profitent largement. On se laisse aguicher par des réductions alléchantes, on achète en ligne en un tour de main, on se fait livrer à domicile en 24 heures et on se dit qu'au pire, on renverra l'article en question s'il ne nous plait pas. Bonjour les dégâts écologiques ! L'enjeu principal du problème est donc d'inciter les clients à ne pas suracheter, comme le précise à la rédaction de Slate David Egan, responsable de la recherche industrielle et logistique pour CBRE.

Mais aussi de changer les politiques de retour des entreprises de e-commerce. Moins souples, elles pourraient encourager le consommateur à ne pas céder à l'achat et au renvoi compulsifs : ne pas fournir d'étiquettes d'expédition prépayées, ne rembourser que sous certaines conditions, facturer les retours ou encore blacklister les « serial returners », ces clients qui achètent et retournent continuellement leurs articles.

Source : Shoko - Crédit : Unsplash @Maarten van den Heuvel, Unsplash @Leone Venter, Unsplash @chuttersnap