Les Fashion Hunters présentent Camille Enrico, les bijoux trans-culturels

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Cette semaine les Fashion Hunters se sont intéressées au délicat travail de Camille Enrico, une jeune créatrice parisienne dont les bijoux reflètent un esprit de voyage et de trans-culture. Focus

Nous arpentons souvent les salons à la recherche de nos futurs coups de coeur, ceux qui créent l'envie d'un achat instantané mais aussi ceux qui font appel à nos fantasmes et nos souvenirs. Le travail de Camille Enrico, jeune créatrice parisienne, nous a été présenté au détour d'une conversation mais nous ne nous attendions pas à être autant sous le charme. Un charme immédiat face à une création de pièces originales qui mêlent passé et présent. Camille Enrico utilise du laiton recouvert d'or 24K ou de palladium (s'apparentant à l'argent), deux matériaux très utilisés par les créateurs de bijoux aujourd'hui, avec du fil de coton qu'elle brode main. Le passé intervient alors dans sa technique de broderie de ce fil de coton par la technique de nos grand-mère : le point de croix. Sorte d'ancêtre du pixel, le point de croix est désormais couru et traduit parfaitement le désir des créateurs de mettre à profit ce pont entre ancien et présent. Cette mixité, que nous avions aussi adoré dans les bijoux à empiècements d'Anne Thomas, nous parvient aussi des créations très contemporaines de Camille Enrico.

Jouant tant avec les couleurs, que l'on retrouve dans la bague Calca, le plastron Colquiri ou le bracelet Acos, qu'avec la confrontation du métal et du noir, Camille Enrico nous invite à voyager. En effet la jeune créatrice "a navigué entre Bolivie, Brésil et Birmanie, récoltant les talismans, amulettes et porte-bonheur qui l’ont protégé au cours de son périple en ces terres sauvages", comme elle le souligne. Cette volonté de braver les frontières pour engendrer une création unique, faite main, est le propos principal de Camille Enrico qui propose une création trans-culturelle qui met en avant plusieurs savoir-faire, des techniques expérimentées ou observées durant ses voyages avant de se les réapproprier. Elle met de surcroît en avant ses propres expériences, privilégiant la démarche artisanale. Ces bijoux sont des pièces chic, sobres mais travaillées qui jouent la contradiction et donc la complémentarité avec des pièces comme les t-shirts décalés de Never Tell Your Tailor, par exemple. Pour mieux cerner la personnalité et apprécier tous les détails du travail de Camille Enrico nous l'avons interrogée.

Les Fashion Hunters présentent Camille Enrico, les bijoux trans-culturels - photo
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Bonjour Camille Enrico. Vous êtes la créatrice d'une jeune marque de bijoux éponyme, née il y a quelques mois, n’est-ce pas difficile de se lancer dans un marché aussi prolifique que celui du bijou ?

Il est vrai que le marché du bijoux est assez saturé, mais je pense que c'est un domaine ou l'on peut plus facilement innover que dans le prêt-à-porter, on peut se permettre toute sorte de folie, on peut oser les couleurs et les textures plus facilement car ce sont des accessoires. Et le propre même de l'accessoire, et tout particulièrement du bijou, est d'apporter à une tenue ce petit plus qui va permettre de se différencier des autres. Cela laisse alors une variété infinie de déclinaisons possibles, tant au niveau des matériaux utilisés que des volumes et des couleurs. Il y a donc je pense de la place pour chaque univers, chaque marque, chaque style...

Vous prônez le métissage tant au niveau de vos inspirations que de vos matières, où puisez-vous votre créativité ?

J'ai toujours aimé mélanger différents styles dans mes tenues, mixer des univers opposés. C'est ma touche personnelle. Ma créativité je vais la chercher un peu partout, mais surtout ailleurs... L'essence même de ma marque vient de mes voyages et des différentes cultures que j'ai croisé, puis mélangé les unes aux autres pour en faire un produit différent.

Vous avez une véritable signature. Comment avez-vous eu l’idée de moderniser le point de croix ?

C'est en voyageant en Asie et Amérique latine, et plus particulièrement en Bolivie, que l'idée du point de croix m'a paru évidente. C'est une technique qui m'a toujours plu. J'ai vu depuis toute petite dans ma famille des abécédaires et autres tableaux réalisés au point de croix, technique utilisée à ce moment là de manière très classique. Puis, en voyageant, je suis tombée amoureuse des tissus ethniques multicolores que les tribus boliviennes, péruviennes, ou même thaï et birmanes, utilisent pour se vêtir, décorer ou transporter de la marchandise. J'adorais la technique et je voulais faire des bijoux en métal, j'ai donc cherché un moyen de lier ces deux univers et c'est en réfléchissant à cette problématique que l'idée m'est venue.

On remarque que les fleurs sur l’un de vos plastrons est un motif figuratif, pourquoi est-ce le seul ?

C'est justement un petit clin d'oeil à nos grands-mères et au point de croix classique comme on se l'imagine...

Vos pièces sont issues d’un long processus artisanal, est-ce une valeur qui selon vous doit être prônée au sein de la création aujourd’hui ?

Je pense que cela apporte une vraie valeur ajoutée à mon produit. Et oui je suis fière de pouvoir dire que je travaille avec des artisans français pour la quasi-totalité de mes produits, et que je participe donc à la "sauvegarde" de notre patrimoine.

Votre première collection contrastée - entre les modèles point de croix et les autres- ne semble suivre ni le modèle des saisons, ni des thématiques, comptez-vous poursuivre ainsi ?

Oui je pense continuer sur cette base. Une ligne vraiment image, plus innovante, plus forte, plus onéreuse aussi car beaucoup plus difficile à mettre au point et à fabriquer. Et une ligne plus abordable, plus discrète, travaillée comme une seconde ligne, mais qui reprend également des codes qui me parlent beaucoup et que j'avais vraiment envie d'utiliser dans ma collection...

Qui est la fille Camille Enrico ?

Une rêveuse...

Si vous deviez à présent conseiller l’une de vos pièces à nos lectrices, laquelle serait-elle ?

La manchette CHICAMA car elle s'inscrit totalement dans la tendance de cette année avec son style inca !

Si comme nous, vous avez craqué sur les créations et l'univers de Camille Enrico, jeune créatrice à l'esprit aventureux, visitez son site dans lequel les créations se mêlent aux paysages d'inspirations. Evasion garantie !