Les fashion hunters présentent Voriagh, l'interview de la créatrice de la marque parisienne bohème

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C'est au détour d'une rencontre avec d'autres créateurs que les fashion hunters ont fait la connaissance de Vivien et Olivia, créatrices de la marque Voriagh. Intrigante et mystérieuse nous avons voulu percer les secrets de cette marque lors d'une interview

Notre quotidien peut être bercé par la créativité de Suzie Winkle, que nous avions eu en interview, ou par l'univers poétique de la marque Voriagh. Assez confidentielle malgré une très jolie boutique à Bastille, Voriagh envoûte par des créations empreintes de mysticisme et de légèreté. Une contradiction qui nous a fait nous demander qui étaient les créatrices de cette marque parisienne dont nous n'avions pas connaissance avant. Créée il y a pourtant 7 ans, Voriagh nous frappe seulement maintenant par son monde où nature, poésie et noirceur romantique dansent une valse créative plutôt addictive. Alimentée et influencée par la musique classique, pratiquée par ses deux créatrices, Voriagh se voit comme un lifestyle basé sur une vie de bohème. Vaporeuse et grave à la fois, joyeuse et sombre mais aussi rock, la marque parisienne s'impose dans le paysage de la jeune création.

Les fashion hunters présentent Voriagh, l'interview de la créatrice de la marque parisienne bohème - photo
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Des tranches de vie, comme les petites jupes de Prune, les pièces et bijoux de Voriagh sont une ode aux sentiments et aux expériences vécues premièrement par les créatrices qui ont baroudé à travers le monde, qu'elles transmettent désormais aux filles qui se les procurent. Nous sommes parties rencontrer Vivien Steindler dans sa boutique au 47 boulevard Henri IV à Paris pour qu'elle nous dise, avec ses mots, quelle aventure est Voriagh. Dès notre entrée, son univers frappe par sa force esthétique : tableaux entomologiques où papillons et scarabées s'animent silencieusement, têtes de mort chic, chapeau Amish et livres magiques de sortilèges sont autant de détails qui se bousculent aux côtés des headbands, bijoux en quartz et pièces de dentelle qui constituent Voriagh. Près de 3h d'histoires et d'anecdotes plus tard, Vivien se confie à nous sur le projet créatif d'une vie qu'elle a monté avec sa soeur; voici son interview pour parler de Voriagh.

meltyFashion : Vivien, quand et pourquoi t'es-tu lancée dans la création de Voriagh ?

Vivien Steindler : Je me suis lancée dans la création il y a longtemps avec ma maman qui m'a appris à coudre et qui est une très bonne couturière; puis j'ai toujours adoré le textile et l'univers de la mode et aussi l'univers du dessin et pour moi la mode c'est la meilleure façon de dessiner ce qui est vivant. Je me suis lancée dedans car ça marchait bien, au début on vendait sur eBay à l'époque où c'était un peu comme Esty et de fil en aiguille on a créé Voriagh, déposé le nom, fait un logo...

mF : Dans ta bio tu expliques que le nom " Voriagh" est inspiré d'un roman de Tolkien, peux-tu nous en expliquer le choix ?

V.S : Alors j'étais dans une phase très fantaisie anglaise, j'en aimais beaucoup les romans, et Tolkien est un artiste que j'adore - d'ailleurs Game of Thrones sans lui ça n'aurait jamais existé - et le livre s'appelle le Silmarillion qui est comme une genèse du Seigneur des anneaux. Dedans il y a des noms tellement magnifiques qui sont inspirés de la Finlande et de la culture viking donc j'ai trouvé ces noms beaux. Tout ça m'a donné envie de ne pas en prendre un pareil, mais de créer le mien en m'en inspirant.

mF : Tu dis "Comme les titres d’un album, chaque pièce raconte une histoire, un sentiment". Est-ce que tu vois la mode comme la musique ?

V.S : J'écoute plein de musiques différentes et mon copain m'a initiée à l’écoute de l'album dans son entier, j'ai trouvé cette approche très intéressante, ça fait longtemps. Avec la radio par exemple on entend un tube mais on apprend à voir l'album de l'artiste car l'enchaînement des morceaux est très important et en faisant mes lookbooks c'est pareil. Il faut un fil conducteur, pour la mode ça peut être un tissu, une couleur.

mF : "Tout s'accorde avec le noir", ce sont tes mots. Pourquoi une telle fascination pour ce champ chromatique ? (Rappelons que le noir n'est pas une couleur, mais une juxtaposition et la somme de toutes les couleurs)

V.S : Alors oui ça va de soi que j'étais une adolescente gothique, une phase comme chez beaucoup de gens; après j'ai gardé ce côté littéraire romantique et il se trouve que les parisiennes s'habillent toujours de noir. Il n'y a donc eu aucun dépaysement et elles m'ont appris que finalement tout va avec le noir, tous les styles et univers.

mF : Tu mêles gothique, au sens artistique du terme, et bohème. Comment fais-tu pour les confronter dans la création Voriagh ?

V.S : Je pense quelque chose en terme de look. Quand je crée un vêtement et Olivia un bijou, on le voit respectivement avec l'une ou l'autre pièce. C'est dans cette mesure là que l'on fait se confronter les deux qui deviennent complémentaires.

mF : On peut s'imprégner de l'univers de Voriagh jusque dans la maison, est-ce que tu vois ta marque comme un lifestyle ?

V.S : En fait, c'est assez récent pour moi. Au début je pensais qu'il fallait que je construise une image et finalement je me suis rendue compte qu'à force de travailler pour ma passion elle rentre à la maison. A la fin on tourne la tête et on se rend compte qu'il y a des éléments qui pourraient être dans la boutique, c'est pour ça que j'ai mis des objets à vendre dans la boutique qui rappelle notre univers.

mF : Est-ce que tu peux me citer un ou plusieurs jeunes créateurs que tu aimes particulièrement ?

V.S : Il y a une une marque de foulards qui s'appelle Délicate Distorsion par Camille Levrier qui est illustratrice, elle fait tout à la main mais comme elle à une formation de graphiste, elle est capable de tout faire sur foulards ou sur des kimonos. Elle a un univers proche du mien, on est pas du tout identiques mais on se complète bien. Après j'aime beaucoup d'univers qui ne sont pas les miens, comme la marque Blune.

mF : Pour toi, quelle est la prochaine étape pour Voriagh ?

V.S : Ce serait de rendre réalisable tout ce que j'ai en tête, que ce soit physique, mental, intellectuel et financier pour que l'on puisse donner aux gens tout ce que nous avons envie de leur transmettre.

mF : Quelle serait la pièce Voriagh idéale ?

V.S : (Rires) Il y en aurait deux : un bijou d'Olivia et une pièce de moi. Je choisirai l'un de ses bijoux en quartz que je trouve magnifiques et elle aimerait sûrement l'une de mes pièces en dentelle. C'est une sorte de dentelle féministe, il n'y a jamais de fleurs dessus, elle n'est pas classique, elle a plutôt des motifs et des feuilles. Dentelle noire ou crème, toujours dans des matières nobles et naturelles, nous y tenons.