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Sexo

Les violences non consenties pendant l'amour de plus en plus normalisées... à cause du porno

Publié par
Eva Y.
, le .
Mis à jour le .
Temps de lecture : ~ 2 min
Les violences non consenties pendant l'amour de plus en plus normalisées... à cause du porno

Gifles, étranglements, crachats, ces actes violents que subissent de plus en plus de femmes pendant un rapport sexuel consenti. 

Une scène de la série Euphoria résume plutôt bien les propos qui vont suivre : on y voit la sexy Cassie à la réputation peu farouche (alors que c'est juste une jeune femme qui veut plaire et surtout faire plaisir à ses partenaires masculins) qui s'apprête à faire l'amour avec son copain, McKay. Tout se passe bien jusqu'au moment où le jeune homme se met à violemment étranger sa partenaire... au point de lui faire réellement mal. Choquée - ne pouvant à peine respirer - elle lui demande pourquoi il s'est mis à serrer son cou de cette façon. Sa réponse ? « Je sais pas, je pensais que tu aimais ça ». Et cette scène est loin d'être un cas isolé et s'est même dangereusement banalisée dans la vraie vie.

Violences sexuelles non-consenties montrées dans Euphoria
Crédit : HBO

C'est ce que révèle une étude sur les violences non voulues durant un rapport sexuel consenti, dévoilée par la BBC le 28 novembre. Porté par le cabinet d'études londonien Savanta ComRes, l'enquête a interrogé 2000 femmes britanniques âgées de 18 à 39 ans. Parmi elles, 38% affirment avoir déjà subi des violences sexuelles alors qu'elles n'avaient pas donné leur accord à leur partenaire au moins à une reprise, soit plus d'une femme sur 3. 31% d'entre elles déclarent même n'avoir jamais accordé leur consentement. Gifles, crachats, insultes, étranglements, bâillonnements, 20% des femmes interrogées ayant fait la malheureuse expérience de ces actes violents et humiliants non désirés, disent avoir été profondément bouleversées et apeurées pendant l'acte.

« J'étais choquée. Je me sentais mal à l'aise et humiliée. Si quelqu'un vous frappait ou vous étranglait dans la rue, ce serait considéré comme une agression » confie Anna, 23 ans, à la BBC. Ayant fait l'expérience des violences non-consenties à trois reprises et avec différents hommes à chaque fois, la jeune femme finit par se rendre compte de la triste banalité de son expérience, après l'avoir confrontée à celle d'autres amies. « Je sais que certaines femmes vont dire qu'elles aiment ces pratiques. Mais le problème est que des hommes sont persuadés que nous aimons toutes ça » regrette-elle.

Si cette violence s'est développée et normalisée ces dernières années, c'est notamment à cause du porno et de la facilité avec laquelle on peut peut y avoir accès. C'est justement ce qui préoccupe le Centre pour la Justice des Femmes, inquiet de constater à quel point les femmes sont soumises à une pression qui les fait accepter de tels actes : « C'est probablement dû à l'accessibilité, à la normalisation et à l'utilisation généralisée de la pornographie extrême » explique l'asso à la BBC.

Analyse partagée par le psychothérapeute Steven Pope : « C'est une épidémie silencieuse. Les gens le font parce qu'ils pensent que c'est la norme, mais cela peut être très dommageable. Ce que nous voyons, c'est que, pour beaucoup, cela dévalue la relation et, dans le pire des cas, banalise la violence ». Le problème est que les femmes qui subissent ces violences ne sont pas toujours en mesure de reconnaître que ce n'est ni normal, ni acceptable, surtout lorsqu'elles sont subies dans un rapport amoureux, avec quelqu'un qui leur plaît et/ou qu'elles aiment.

Les violences sexuelles non-consenties pendant l'amour, une épidémie silencieuse 
Crédit : Unsplash @@fairytailphotography

Le degré d'intimité des partenaires n'a aucunement la capacité de faire sauter le verrou du consentement, sans lequel traumatismes et anxiété peuvent survenir après ce type d'expériences. Ce que rappelle Fiona McKenzie, militante féministe : « J'entends régulièrement des cas de femmes étouffées, giflées, agressées verbalement et frappées par des hommes avec qui elles avaient des relations sexuelles consenties. Dans de nombreux cas, les femmes n'ont initialement pas été en mesure de reconnaître cet acte comme une agression traumatique ».

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