Mango et le drame au Bangladesh, comment la marque se rachète une image sur Twitter ?

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L’effondrement d’un immeuble au Bangladesh le 24 avril a fait 350 morts, dont de nombreuses ouvrières textiles. Mango présente ses condoléances via un communiqué et tente de se dédouaner de toutes responsabilités. La mode oui, mais à quel prix ?

Mercredi 24 avril 2013, un immeuble d’usines textiles s’est effondré au Bangladesh près de la capitale (Dacca). 350 personnes, en majorité des ouvrières, ont péri dans la catastrophe. Parmi elles, des couturières qui travaillaient pour des marques étrangères comme Mango ou Benetton. Dans le cadre de l’enquête, six personnes (notamment le propriétaire de l’immeuble insalubre) ont été arrêtées par le gouvernement. Après Zara accusé d’esclavage moderne, c’est au tour de Mango d’être au cœur d’une polémique. La marque espagnole, dont l’image est directement touchée par le drame qui a eu lieu au Bangladesh, tente de se racheter une conduite. Mango a publié un tweet exprimant ses « regrets » et renvoie vers sa page Facebook (qui compte 5,6 millions de fans) où elle a publié un long communiqué. Un peu tard, puisque celui-ci a été mis en ligne samedi, 3 jours après la tragédie. Le géant du prêt-à-porter exprime ses condoléances auprès des familles et proches des victimes du drame mais affirme qu’il n’était pas client de la société Phantom, lui ayant juste commandé des échantillons avant de peut-être signer une commande de 25 000 pièces avec ce sous-traitant.

Dans son communiqué, Mango ajoute qu’elle effectue toujours un « audit social » (vérification de la conformité d’une entreprise et de ses pratiques internes) avec ses sous-traitants avant de finaliser un contrat. Cet audit aurait bien sûr était réalisé si les échantillons fournis par la société Phantom avaient correspondu aux demandes de Mango. Et c’est là que la marque est incriminée, puisqu’il semblerait plus logique de procéder à des vérifications avant de signer un quelconque contrat. En effet, les conditions de travail, de salaire et de sécurité des ouvrières de l’immeuble n’auraient jamais pu/dû être acceptées par la charte éthique de la marque espagnole. Après le style « esclave » de la dernière collection Mango, la marque ne cesse de perdre des points dans l’estime des modeuses et la twittosphère s’insurge, demandant des comptes à Mango sur Twitter : « Le public demande la transparence totale de Mango dans cette terrible affaire. Le monde est devenu plus petit. Tout mensonge peut coûter cher. Demandez à WikiLeaks. » (Quitterie Delmas) Combien d’accidents comme celui-ci faudra-t-il pour que des marques, comme Mango, réalisent que des vies humaines valent plus qu’un morceau de tissus ?

Mango et le drame au Bangladesh, comment la marque se rachète une image sur Twitter ? - photo
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