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Bien-être 2.0

#MonPostPartum, les femmes libèrent enfin la parole sur les difficultés de l'après-accouchement

Publié par
Eva Yoro
, le .
Temps de lecture : ~ 2 min
#MonPostPartum, les femmes libèrent enfin la parole sur les difficultés de l'après-accouchement

Non, l'après-accouchement ne se passe pas toujours merveilleusement bien. 

Une femme qui vient de mettre un enfant au monde, on a tendance à l'imaginer comblée, épanouie, aux anges. Et pourtant, la période qui suit l'accouchement n'a parfois rien d'un rêve. C'est à cette réalité que la marque Frida Mom s'est récemment attaquée dans une publicité montrant l'aspect peu glamour du post-partum. Vidéo qui a tout bonnement été interdite de diffusion par ABC News et l'Académie des Oscars, jugée trop « crue ».

En réaction, les voix féminines outre-Atlantique ont commencé à s'élever sur la toile, à commencer par Ashley Graham qui, dans un post Instagram hurlant de vérité, dénonçait l'hypocrisie et le silence autour de cette convalescence. En France, les témoignages de femmes pleuvent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, récits poignants relayés par le hashtag #MonPostPartum. Un mouvement que l'on doit à Illana Weizman, doctorante en communication et sociologie.

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#monpostpartum - En réaction à une publicité rejetée par @abcnews et l’Académie des Oscars qui dépeint honnêtement l’épisode douloureux du post-partum ainsi que la publication d’@ashleygraham qui pointe du doigt le silence autour de cette convalescence, me voici, portant une couche pour adulte, épongeant le sang qui coule pendant des jours et des semaines, le ventre encore gonflé, l’utérus encore étendu, les contractions qui le remettent doucement en place, les jambes bleuies, les points qui tirent, l’impossibilité de s’asseoir sans douleurs, l’urine qui brûle, l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. Si on parlait davantage de ces sujets, si on ne les invisibilisait pas de façon systématique, les mères se sentiraient moins isolées, moins démunies. Préoccupez-vous des mères. Mettez en lumière leur vécu.

Une publication partagée par Illana Weizman (@illanaweizman) le

Le 12 février dernier, la militante féministe publiait deux photos d'elle en couche et y détaillait son post-partum, sans détour ni tabous : elle, glissée dans cette « couche pour adulte, épongeant le sang qui coule pendant des jours et des semaines, le ventre encore gonflé, l'utérus encore détendu, les contractions qui le remettent doucement en place, les jambes bleuies, les points qui tirent, l'impossibilité de s'asseoir sans douleurs, l'urine qui brûle, l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur ».

Un texte fort qui a inspiré d'autres militantes féministes qui n'ont pas tardé, elles aussi, à décrire ce quotidien que beaucoup tendent à romancer, édulcorer, invisibiliser. Portée par ce hashtag qui « sert à libérer une parole cadenassée », la blogueuse sexe Masha Sacré a également relaté son expérience sur Instagram : « J'étais loin d'imaginer qu'après mon accouchement, j'allais devoir éponger mon sang, ne pas pouvoir m'asseoir sans pleurer et essuyer au moins 5 lymphangites dues à de mauvaises informations sur l'allaitement. Pour moi, ça a été une expérience terriblement douloureuse » a-t-elle lâché sans complexe.

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Je n'ai pas de photo de ma période post partum la tête en vrac avec ma couche pour éponger tout ce sang qui coule, comme si mon corps ne s'était pas assez répandu, comme si je n'avais pas assez donné. Mais j'ai cette photo. Sans tête. Très ronde. Le sein tiré. Je la trouve organique. À cette période là, j'étais enceinte de 8 mois et je me sentais envahie. Cet être en moi avait suffisamment grandi et je n'avais qu'une envie physique irrépressible : celle de le faire sortir pour enfin retrouver mon corps. . J'étais loin d'imaginer qu'après mon accouchement, j'allais devoir éponger mon sang, ne pas pouvoir m'asseoir sans pleurer et essuyer au moins 5 lymphangites dues à de mauvaises informations sur l'allaitement. Pour moi, ça a été une expérience terriblement douloureuse. Je ne voulais voir personne. J'ai laissé de nombreux amis et amies sans réponse pendant des mois. Je voulais juste me terrer dans un lieu où personne ne me trouverait, sans enfant pour malmener mes seins, sans corps pour me rappeler la souffrance, sans mémoire qui me répète mon histoire. . Nos expériences ne doivent pas être invisibilisees. Elles sont uniques. Importantes. Nécessaires. Nous avons un devoir de transmission. La maternité est une belle expérience mais elle peut être aussi cruelle en laissant des marques indélébiles. Crédit photo : @llunicole . #feminist #feminism #pregnancy #chargementale #mumlife #lavraievie

Une publication partagée par Masha ???? (@mashasexplique) le

Car au-delà des difficultés auxquelles les femmes font face après l'accouchement - épreuves auxquelles elles ne sont souvent pas préparées car peu informées -, celles-ci doivent également lutter contre d'autres injonctions. Sur son compte Instagram, la féministe Ayla Linares s'en prenait à un article de Neon Mag « qui insinue qu'il faudrait reprendre le plus vite possible une sexualité pour ne pas perdre son couple ».

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C'est la dernière photo de moi enceinte. Enceinte jusqu'au yeux puisque 6h plus tard je ressentirais les premières contractions qui feront naître ma fille. Je n'ai pas de photos de post-partum... j'étais au bout de ma vie. Je regrettais d'avoir fait un enfant. Je ne pouvais pas marcher, ni m'assoir, le vagin recousu après 2 semaines de "faux" travail, 12h de travail, 2h de poussée intenses et la ventouse. Le tout, sans péridurale. Le traumatisme aura duré 2 mois. 2 mois ou j'en voulais à ma fille de m'avoir fait tant souffrir. Et comme si l'accouchement ne se suffisait pas à lui même la mise en place de l'allaitement aura été aussi très douloureuse. On ne le dit pas assez et malgré toutes mes lectures sur le sujet je n'étais pas prête à souffrir autant. J'ai souffert durant ma grossesse, d'être dépossédé de mon corps, de le sentir diminué, j'avais mal partout. J'ai souffert durant l'accouchement. J'ai souffert après. J'ai eu l'impression que ça ne s'arrêterai jamais. 3 mois plus tard je n'ai plus mal, mais mon corps est toujours un étranger qui n'est plus vraiment mien. Je hurle en lisant l'article de @neon_mag qui insinue qu'il faudrait reprendre le plus vite possible une sexualité pour ne pas perdre son couple, parce que franchement, après avoir sorti un rôti de plus de 3kg de sa chatte il faudrait se forcer ? J'ai eu des points de sutur à l'entrée du vagin pendant 1 semaine. J'ai saigné non stop pendant 1 mois et demi. Mon ventre est aussi mou que de la pâte à brioche, je ne dors pas, mes seins passent continuellement du mode gant de toilettes à obus et inversement toute la journée. Je sors à peine la tête de l'eau alors merci mais non merci pour l'instant. Le post-partum c'est souvent moche et douloureux et il est temps de le dire. Merci @mashasexplique et @illanaweizman qui m'ont donné envie de m'exprimer sur le sujet. #postpartum #maternité #la vraievie

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Etre une bonne mère, mais aussi une femme désirable, voilà le genre de double contraintes auxquelles nous sommes confrontées, ce qu'elle rappelle sans mâcher ses mots : « Après avoir sorti un rôti de plus de 3 kg de sa chatte, il faudrait se forcer ? J'ai eu des points de suture à l'entrée du vagin pendant une semaine. J'ai saigné non stop pendant un mois et demi. Mon ventre est aussi mou que de la pâte à brioche, je ne dors pas, mes seins passent continuellement du mode gant de toilettes à obus et inversement toute la journée. Je sors à peine la tête de l'eau alors merci mais non merci pour l'instant. Le post-partum c'est souvent moche et douloureux et il est temps de le dire ».

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???????? Premier mois postpartum:  saluez la "zombie mom"! . (???????? English in comment) . . Passé le choc initial d'un corps douloureux et qu'on ne reconnaît pas, on dit bonjour à un manque de sommeil qu'on ne pensait pas possible, au baby blues et aux larmes, à la solitude, au doute, à la culpabilité aussi. Parce qu'il y a de grandes chances que les choses soient beaucoup plus difficiles qu'on ne l'imaginait, parce que l'instinct maternel n'est pas toujours un instinct justement, mais plutôt quelque chose de transmis et que cette transmission ne se fait souvent pas. Le patriarcat nous a coupé de la sororité qui fait notre force, on pense être les seules à ne pas savoir, on se sent perdue et on doit tout apprendre et vite, à un moment si vulnérable, où on tente tant bien que mal de se remettre de l'accouchement. Tout ça souvent sans aide ou alors trop peu et pour un temps bien trop court. On tait nos expériences parce qu'on a presque honte de ne pas avoir su "d'instinct". Alors qu'on a presque toutes une expérience similaire et le savoir nous ferait tellement de bien.  L'invisibilisation est si internalisée qu'on y participe toutes. Alors dire, montrer, partager, c'est reprendre le pouvoir. C'est guérir  et c'est aider toutes nos sœurs ❤️ . . (merci à @illanaweizman et à son article dans @cheekmagazine, et à mes échanges avec @liseusedebonnaventure , pour avoir inspiré ce texte et ce dessin) . . . . . #postpartum #jeunemaman #teampostpartum #breastfeeding #normalizebreastfeeding #monpostpartum #goddess #womanempowerement #BodyPositive #feministart #artefeminista #feministillustration #feminism #feminisme #feministe #womenwithpencils #venus #feministartist #feministartists #soeurs #sororité #sorority @postpartum_tamere @betterpostpartum

Une publication partagée par The Yiddish Feminist (@morgane.koresh) le

Témoigner, dénoncer, ne pas se terrer dans le silence, c'est en libérant la parole sur des sujets tabous que l'on peut s'émanciper du patriarcat et de ses injonctions. Car il ne s'agit pas seulement de récits, d'histoires, d'expériences, ces témoignages permettent de nous déculpabiliser, de nous rassurer, de nous rassembler. La preuve que la sororité « fait notre force », comme le scande l'illustratrice féministe Morgane Koresh.

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