New Fashion Generation, l'interview d'Anna Cleveland, présidente du jury

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Anna Cleveland récompense Lisa et Meydi, les deux vainqueurs du concours

La jeune Anna Cleveland emboîte le pas à sa célèbre mère Pat Cleveland et s'invite en tant que jury pour dénicher les prochains visages mode. Après la finale de New Fashion Generation, nous l'avons retrouvée

Quelques instants après avoir de discuté avec le styliste de New Fashion Generation William Arlotti jeudi dernier, c'est à la belle Anna Cleveland que nous sommes allées voler quelques minutes. Le nom ne vous dit rien ? Peut-être êtes-vous plus familières avec celui de Pat Cleveland, célèbre mannequin métisse des années 1970-1980, à qui revient le mérite d'avoir figuré en premier en couverture du magazine Vogue US. Si sa fille Anna n'a pas hérité de sa couleur de peau, ni des traits arrondis de son visage, cette dernière rayonne à sa propre manière. Désignée présidente du jury, qui départageait les 20 finalistes de New Fashion Generation en partenariat avec Next Models Agency, Anna Cleveland se montrait la semaine dernière aussi chaleureuse qu'encourageante. Lumière sur l'outsider, aussi imposante que gracieuse, la plus fascinante de sa génération.

New Fashion Generation, l'interview d'Anna Cleveland, présidente du jury - photo
New Fashion Generation, l'interview d'Anna Cleveland, présidente du jury - photo

Avec la même émotion que celle ressentie lors de l'annonce des vainqueurs de New Fashion Generation, c'est à une jeune femme pétillante et inspirante que nous sommes allées parler le temps d'une interview exclusive. Anna Cleveland, incarne la nouvelle génération de mannequin à la fois accessible et déterminée mais qui échappe, surtout, aux anciens diktats de beauté. C'est, au-delà de sa silhouette filiforme, 1m81 de charme et de douceur, qu'Anna Cleveland accapare l'attention. Voilà pourquoi les grands créateurs de mode en raffolent : du haut de ses 24 ans, la jeune mannequin a déjà eu l'occasion de travailler pour Bottega Veneta, Kenzo, Élie Saab, Shu Uemura, Chanel ou encore Jean-Paul Gaultier. Rien que pour nous, avec enthousiasme et curiosité, Anna Cleveland s'est livrée sur sa carrière et son expérience pour New Fashion Generation :

meltyFashion : Pouvez-vous nous parler de ce jour où vous avez été repérée et où tout a commencé ?

Anna Cleveland : Vous connaissez sans doute l'histoire de ma mère, qui a été repérée dans le métro. Mais moi, je suis née dans le monde de la mode, donc j'avais plus ou moins déjà un pied dedans. Par contre, ça ne suffit pas : pour percer, vous avez besoin d'anges gardiens, de gens qui croient en vous, de rencontres spéciales qui vont vous propulser avant que n'importe qui d'autre puisse le faire. J'ai pour ma part eu beaucoup de chance de m'être constituée une équipe de gens qui ont su me donner la force et me montrer vers quelle direction aller.

mF : Le Cr fashion book, Bottega Venetta, Kenzo, Elie Saab. Vous êtes partout et ne correspondez pas aux canons de beauté classiques et parfois lisses du mannequinat. Pensez-vous que les créateurs de mode cherchent plus d'authenticité ?

A.C : Vous voulez dire que je suis une sorte de marginale ? Parce que, c'est ce que j'espère (rires) ! J'aime être une marginale ! Les gens vous collent des étiquettes automatiquement : ce qu'il faut faire, c'est jouer avec ces étiquettes. Je pense qu'effectivement, il faut s'approprier le vêtement à sa manière sans avoir peur, parce qu'il y a tellement de travail derrière chaque création... alors pourquoi pas ?

mF : Avez-vous des projets en cours ou à venir ?

A.C : Toujours ! J'aime être occupée, c'est le but après tout, non ? J'ai beaucoup de projets à venir avec des photographes fantastiques. Mon projet principal, en fait, c'est de continuer à évoluer dans le monde de la mode pour le restant de mes jours.

mF : Vous retrouver de l'autre côté du casting est-elle une expérience que vous aimeriez refaire ?

A.C : Absolument. Depuis toujours, j'ai envie de faire ce que ma mère a toujours fait : aider les gens à éclore et déceler les talents mode. En plus, je pense qu'à partir d'un moment, la transition est nécessaire : il faut passer de devant à derrière la caméra. C'est génial de pouvoir aider des jeunes gens qui ne savent pas comment s'y prendre pour vivre leur rêve.

mF : Qu'est-ce qu'un bon mannequin en 2015 ?

A.C : Je pense que la mode est quelque chose de très fluide. Il faut suivre les tendances, mais aussi les faire. C'est important de ne pas s'enfermer dans une catégorie : il faut plutôt être soi-même, aimer ses défauts et les rendre beaux. Pour moi, un bon mannequin est un mannequin qui ressent la passion d'un créateur et qui la retranscrit en portant le vêtement pour que la magie opère. Un bon mannequin est un mannequin qui s'adapte et qui, à la fois, est fort et sait qui il est.

mF : Quels sont les mannequins que vous admirez-vous même ?

A.C : Ma mère. Au delà de ça, j'en aime une multitude. En fait, j'accorde beaucoup d'importance à la variété, à la capacité de s'adapter, d'être un caméléon et d'être flexible.

mF : Le créateur de mode avec lequel vous révérez de travailler ?

A.C : Il y en a tellement, je pourrais vous en citer pendant des jours ! Je veux travailler pour tous les grands créateurs de notre époque.

mF : Quelles sont vos addictions mode ?

A.C : Les sacs à main, comme toutes les filles je pense. Je suis une véritable Marry Poppins !

Crédit : Instagram/anna_vrc, New Fashion Generation