On a maté Maniac, la petite bombe Netflix avec Emma Stone, et voici ce qu'on en a pensé

par

La série évènement signée Netflix est-elle aussi géniale qu'annoncée ?

L'offre est tellement importante et variée sur Netflix qu'il est difficile de s'y retrouver. Entre les bad buzz, comme l'indigeste Insatiable et les coups de maître comme The End of the Fu***ng world, la plateforme souffle le chaud et le froid. Depuis quelques semaines, c'est avec sa série évènement Maniac qu'elle fait parler d'elle. Un scénario barré, une prouesse artistique de haute voltige et un casting 5 étoiles, la petite bombe Netflix avait tout pour nous séduire. Hélas, malgré les bonnes critiques entendues à son sujet, de notre côté, on a peiné à embarquer dans le trip hallucinogène bariolé que les réalisateurs nous proposent. Et voici les raisons de notre déception. 

On a maté Maniac, la petite bombe Netflix avec Emma Stone, et voici ce qu'on en a pensé - photo
Le pitch 

Tout d'abord, commençons par pitcher cette mini-série, pour celles qui seraient passées à côté. Celle-ci met en scène deux personnages, Owen (Jonah Hill) et Annie (Emma Stone), deux héros malmenés par la vie atteints de troubles psychologiques. Le premier, vilain petit canard de sa famille riche et puissante a été diagnostiqué comme étant atteint de schizophrénie. L'autre, traumatisée par la mort de sa petite soeur, se bat contre sa dépression et sa dépendance à une drogue fournie par le laboratoire Neberdine Pharmaceutical & Biotech. Voilà pourquoi la jeune femme ruse de magouilles pour participer à l'essai clinique proposé par le laboratoire, mettant à l'épreuve un médicament censé guérir la souffrance psychologique. C'est lors de cette expérience qu'elle fait la rencontre d'Owen dont elle va vite se lier d'amitié.

On a maté Maniac, la petite bombe Netflix avec Emma Stone, et voici ce qu'on en a pensé - photo
Une série originale et surprenante

Clairement, le pitch de Maniac est canon. Les codes temporels sont ici volontairement brouillés. On assiste visiblement à un New-York futuriste, où les robots, les machines et les intelligences artificielles sont omniprésents, bien que les références aux années 80 mais aussi à notre époque soient évidentes. On peut même parler d'une époque parallèle où les avancées technologiques sont plus évoluées mais aussi plus menaçantes que dans notre monde. Les pop-up publicitaires sont ici remplacés par des agents physiques qui harcèlent les passants dans la rue, les ordinateurs sont dotés d'émotions et les services comme louer un acteur pour simuler une amitié (métaphore des relations virtuelles que nous tissons sur les réseaux sociaux) sont accessibles. 

On a maté Maniac, la petite bombe Netflix avec Emma Stone, et voici ce qu'on en a pensé - photo

Le gros atout de la série repose également sur ce fameux essai clinique qui se déroule en 3 phases, plongeant à chaque fois les participants dans leur subconscient, sorte de rêve qui mélange réalité, vieux traumas, fantasmes et pure fiction. A travers ses voyages dans le monde des songes, on en apprend un peu plus sur les deux héros qui, pour une raison que l'on ignore, se retrouvent à chaque fois intimement liés lors de leurs trips hallucinogènes. Pourquoi ? Comment ? Et alors ? Le mystère reste entier. 

On a maté Maniac, la petite bombe Netflix avec Emma Stone, et voici ce qu'on en a pensé - photo

D'ailleurs, l'intérêt de la série repose en grande partie sur les épaules d'Emma Stone et Jonah Hill qui livrent tous deux une performance assez bluffante. On s'attache, malgré la complexité du scénario, assez vite à ces personnages brisés, gauches, maladroits et bourrés de contradictions. On aime le duo qu'il forme mais surtout l'ambiguïté de leur relation (une histoire d'amour nous aurait terriblement déçu bien que celle-ci ne soit pas à exclure non plus). Le second degré injecté à la série, grâce aux notes d'humour parsemées ça et là, participent également au succès de Maniac. Ironie portée principalement par les docteurs Fujita et Mantlerey, aussi mal assortis que perchés, duo dépassé par la créature qu'ils sont censés contrôler (l'ordinateur chargé d'étudier les sujets) et qui traverse une grosse dépression, après avoir été doté d'une dose d'empathie par Azumi Fujita. 

A trop vouloir en faire, on finit par s'y perdre 

OK, Maniac est originale. OK, elle est visuellement époustouflante. OK, elle propose une analyse de la psychée humaine, des maux et des travers de notre époque assez intéressante. Mais est-elle réussie pour autant ? Honnêtement, non. Pour être tout à fait franche, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans les premiers épisodes. L'univers proposé par le réalisateur Cary Fukunaga (à qui l'on doit la première saison de True Detective) est tellement poussé qu'il faut plusieurs épisodes pour comprendre là où il souhaite nous amener. Confusion que l'on ressent tout au long de la série. Alors qu'ils sont censés être LE point fort de la série, les voyages dans le subconscient des personnages ralentissent le rythme et nous déboussolent complètement. Plongée dans l'univers de la mafia à la Scorsese, épopée fantastique façon Seigneur des Anneaux, thriller des années 30, les réalisateurs et les acteurs se font plaisir, passant d'un univers à un autre. Problème ? Le spectateur est complètement laissé sur la touche et finit par réellement se lasser de cette narration en pointillé qui ne nous mène absolument nulle part. 

On a maté Maniac, la petite bombe Netflix avec Emma Stone, et voici ce qu'on en a pensé - photo

Après avoir maté les 10 épisodes de la série, des dizaines de questions restent en suspens : "Que sont les McMurphy dont parlent Fujita et Mantlerey et qui semblent les inquiéter ?", "pourquoi Annie s'adresse à une boîte chelou qui lui répond lorsqu'elle s'adresse à son père ?", "qu'est-ce que la réalité ? Qu'est-ce qui est la fiction ? Magritte ? Don Quichotte ? Kubrick ?". On croule sous les références, les clins d'oeil et les hommages et on finit par n'avoir envie que d'une seule chose : un retour à la réalité, et fissa

Source : Shoko - Crédit : Giphy, Netflix