Oublie le vernis dégueulasse, cette méthode serait la plus efficace pour arrêter de se ronger les ongles

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"Yeah science bitch !"

L'ongle ratiboisé jusqu'à la base, les peaux rongées à sang, les panaris qui résultent de cette boucherie... l'état des lieux ongulaire des rongeuses compulsives ne fait pas rêver et pourtant, s'acharner sur sa kératine est un acte - une habitude - dont il est pratiquement impossible de se défaire, quelle que soit l'ampleur des dégâts. Celles qui se rongent les ongles le savent bien : toutes les astuces de grand-mère, les vernis à ongles amers et autres astuces censées éviter de se ronger les ongles n'y font rien, l'envie reste irrépressible. Pourtant, il existerait bien quelque part une vraie solution pour toutes celles et ceux qui ne peuvent s'empêcher de se grignoter les bouts de doigts, et c'est à la science et plus particulièrement à la science neurocognitive qu'on la doit.

La théorie de l'habitude

Dans son ouvrage "Le pouvoir de l'habitude", l'auteur Charles Duhigg se fonde sur de nombreuses études comportementales et neurologiques pour mettre en lumière ce qui forme les habitudes de chacun. D'après les experts, nos habitudes répondraient à un schéma précis comprenant un signal, une action et une récompense - et s'il s'avère difficile de modifier nos petites habitudes quotidiennes, il suffirait simplement d'un changement minime dans notre routine pour bouleverses de (mauvaises) habitudes. Cette théorie, applicable à tous les domaines possibles et imaginables, a même fait ses preuve chez les personnes se rongeant les ongles, qui ont réussi à se débarrasser de cette manie en seulement quelques semaines.

Se ronger les ongles, une (mauvaise) habitude à identifier

La première étape pour arrêter de se ronger les ongles consiste, selon un thérapeute de l'Université du Mississippi, à comprendre la raison pour laquelle la personne se ronge les ongles aka le signal. Est-ce le stress ? L'ennui ? Autre chose ? Pour répondre à la question, il faut s'interroger sur les moments où l'action a lieu (un entretien d'embauche ? devant la TV ?) et les sensations physiques qui accompagnent le fait de se ronger les ongles (une gêne dans les doigts que l'on apaise ? des fourmillements dans les mains ?). En fonction du cas, le signal pourrait donc être lié au stress ou à l'ennui par exemple, l'action étant le fait de porter ses mains à sa bouche, et la récompense un sentiment d'accomplissement, de bien-être, un stimulation physique ou mentale ou quoi que ce soit d'autre - l'important étant aussi de mettre des mots sur le ressenti après l'avoir fait.

Changer une habitude, c'est possible !

Lorsque l'envie de se ronger les ongles intervient - que l'ennui apparaît ou que le stress fait surface - l'idée est donc de remplacer son habitude existante (se ronger les ongles) par une action qui procure la même récompense. Malaxer une balle anti-stress, pianoter sur un appareil, faire du jardinage, tricoter une écharpe, lire un livre... quelle que soit la nouvelle action, l'essentiel est d'utiliser ses mains d'une manière qui procure le même sentiment ultime. Le signal et la récompense restent les mêmes, mais seule l'action change.

En notant sur un carnet toutes les fois où l'envie est apparue, puis les fois où l'action a pu être remplacée (ça ne sera pas toujours facile !), il y a toutes les chances pour que l'habitude de se ronger les ongles perde de son importance et qu'un nouveau comportement voit le jour ;) On comprend maintenant pourquoi mettre du vernis à ongles dégueu ne pouvait pas vraiment être la réponse au problème !

Source : Shoko / Charles Duhigg "Le pouvoir de l'habitude" - Crédit : Daiga Ellaby via Unsplash