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Cheveux & autres poils

Parlons Poil, le compte Instagram qui lutte contre la pilophobie

Publié par
Eva Y.
, le .
Temps de lecture : ~ 2 min
Parlons Poil, le compte Instagram qui lutte contre la pilophobie

Parlons peu, parlons poil.

Le poil n'a jamais été aussi conquérant. On le voit plus dense que jamais sur les réseaux sociaux, on le réhabilite enfin dans les spots publicitaires et on le célèbre sur ces corps libres, refusés au joug patriarcal. Bref, en 2020, la pilosité féminine commence à doucement se débarrasser du tabou, du mépris et de la méconnaissance qu'on lui a souvent prêtés. Et pourtant, en 2020, les méthodes pour exterminer ces mauvais poils n'ont jamais été aussi performantes et diverses.

De la cire au laser en passant par la lumière pulsée, les femmes semblent toujours aussi déterminées à traquer le poil. C'est à cette contradiction que Juliette Lenrouilly et Léa Taeib deux journalistes se sont intéressées, en questionnant plus globalement le poil féminin en France. Après lui avoir consacré un livre, elles alimentent aujourd'hui Parlons poil, un compte Instagram sur lequel elles partagent leurs travaux de recherche.

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“J’aime casser les codes, et les poils sous les aisselles chez une femme ça interpelle les gens. Ça donne un nouvelle image de la femme”, nous confie @_loudeb, 19 ans. Il y a quelques semaines, Lou a partagé sur son compte Instagram un cliché d’elle, le bras reposant sur son crâne, des poils sous les aisselles, un sourire franc et massif. Légende : J’aime mes aisselles poilues, je trouve ça sexy. Résultat : plus de 34.000 likes et près de 600 commentaires, la plupart ultra-bienveillants. Et des DM de mecs qui lui avouent aimer les poils féminins. Comment a-t-elle accepté ses poils dans une société qui les déteste ? “C’est un travail sur moi-même. J’arrive à me trouver jolie comme je suis : après avoir accepté mes cernes, j’accepte mes poils”. Donc, cette année, Lou en a eu marre de se raser. “Les poils sous les aisselles ou sur le maillot, ça me plaît. Tandis que les jambes, je les préfère sans poils.” Lou fait ce qu’elle veut quand elle veut. Et aimerait que tout le monde puisse jouir de cette liberté.

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Des anecdotes historiques, des recherches anthropologiques, des expériences sociologiques, depuis janvier 2019, les deux expertes regroupent des informations sur le sujet, tentent de déconstruire certaines idées reçues et confrontent quelques contradictions, bref, elles interrogent aussi bien l'Histoire que l'actualité autour de la pilosité féminine (et elle n'a rien d'anecdotique !).

« En 2020, les femmes et leurs poils, ça en est où ? » se demandent-elles sur leur page Instagram, un espace à la fois informatif et militant. Une fonction double portée par un dispositif comme Instagram qui leur permet de « déconstruire le regard sur la pilosité féminine et toucher le plus grand nombre de personnes, mais aussi [de] provoquer via ce réseau » expliquent-elles à la rédaction de Konbini.

Car si elles s'adressent bien évidemment aux féministes, communauté à priori déjà convaincue, elles espèrent également sensibiliser un public plus large, notamment ces femmes qui ne sont pas forcément éduquées à ces questions-là et qui n'osent pas encore s'affranchir de la norme et des diktats de beauté. « Instagram, c'est aussi le lieu qui fait cohabiter les corps. À la fois les corps sursophistiqués, presque surréalistes et en même temps, l'ultra-naturel, le body-positivisme. C'était aussi une façon de jouer avec les codes d'Instagram, de les détourner en faveur de la réappopriation du corps de la femme » poursuivent-elles.

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Il y a des poils féminins que les marques adorent chouchouter. Que les femmes adorent entretenir. Les sourcils. Semi-pigmentation, brow-lifts (rehaussement des sourcils), brow lamination (fixation des sourcils vers le haut), bars à sourcils... “Il y a une incitation à surconsommer des produits pour les sourcils. C’est en train d’exploser”, nous explique l’experte du sourcil @caroleandbrows. “Les marques de cosmétiques mettent sur le marché une quantité infinie de produits, alors qu’il ne faudrait pas s’appliquer plus de deux produits sur les sourcils”, prévient-elle. La tendance n’est même plus aux sourcils broussailleux, encore naturels, selon la brow artist. “Aujourd'hui, les sourcils ont été tellement épilés qu’on les coiffe en l’air pour donner l’impression que ce sont des vrais sourcils épais. On est tellement dans une société où tout est faux qu’on invente des produits pour booster le poil. Les greffes de sourcils aussi sont pratiquées, mais ces opérations restent encore rares.” Vous aviez remarqué tout cela ? ???? @premiermodels

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Les challenges pro-poils, les influenceuses qui posent l’aisselle velue, les comptes qui prônent le retour du poil féminin dans l’espace public…La réhabilitation du poil féminin passe beaucoup par Instagram, on est d’accord ? Comment ça se fait ? On a posé la question à David Bertrand, chercheur en sociologie dont la thèse porte sur le féminisme et les réseaux sociaux. Pour lui, grosso modo, il y a deux raisons à ce phénomène : - Instagram est LE réseau social de l’image. « Quand tout est image et représentation, les questions d’image et de représentation se posent forcément ». - Instagram est la plateforme des filtres et des corps irréalistes. Poster des photos de corps au naturel et promouvoir le body-positivism, c’est une réaction à cela. ???? @_pelillosalamar_

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A l'instar des comptes @Le Sens du Poil ou encore @Paye ton Poil, @Parlonspoil réhabilite la pilosité féminine et lutte contre pilophobie, la phobie du poil. Et on valide à 100%.

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