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Sexo

#PayeTaContraception, le hashtag qui dénonce les galères liées à la contraception

Publié par
Eva Y.
, le .
Mis à jour le .
Temps de lecture : ~ 2 min
#PayeTaContraception, le hashtag qui dénonce les galères liées à la contraception

Migraines, acné, prise de poids, dépression, baisse de libido, les femmes prennent la parole sur les réseaux sociaux et dénoncent les souffrances contraceptives. 

On connaissait #PayeTaShnek, ce hashtag visant à dénoncer le harcèlement sexuel dans l'espace public. Désormais, les femmes peuvent se mobiliser autour d'un autre hashtag : #PayeTaContraception. Lancé par la journaliste Sabrina Debusquat le 3 avril dernier, celui-ci invite les femmes à prendre la parole et à s'exprimer sur leurs méthodes de contraception qui, bien souvent, ne sont pas sans conséquences. Prise de poids, règles douloureuses, baisse de libido, migraines, risque de cancers, nous sommes plusieurs à vivre un véritable calvaire à cause de notre contraception et hélas, peu de solutions s'offrent à nous. Le dilemme pour bien des femmes : choisir entre la peste et le choléra.

Que ce soit sur Twitter, Facebook ou Instagram, la journaliste se sert donc de ce hashtag militant pour inviter les femmes à partager leurs expériences et ainsi délier les langues autour d'un sujet tabou et dont les institutions ne se préoccupent que trop peu. C'est grâce à l'enquête menée pour son ouvrage J'arrête la pilule que Sabrina Debusquat est parvenue à recueillir de nombreux témoignages pour le moins édifiants. "Un témoignage est bien plus fort qu'un long discours. Tant que les femmes n'en parlent pas, rien ne changera" explique-t-elle dans les colonnes du Huffington Post, rappelant que "dès qu'on dit, en tant que femme, qu'on souffre de sa contraception, on se fait traiter de chochotte, soit d'ingrate. Cette parole est étouffée. Ce n'est pas acceptable. Je veux qu'on entende la voix des femmes pour leur montrer qu'elles ne sont pas seules".

"J'ai l'impression que mon histoire est celle de nombreuses trentenaires : on prend la pilule très tôt, on l'arrête pour tomber enceinte et on découvre sur le tard sa 'vraie' nature : 'Ah bon, je peux avoir du désir aussi fort que ça, moi qui n'avais jamais très envie de faire l'amour avant ?'", "J'ai arrêté brusquement la pilule il y a plusieurs années, ce qui m'avait provoqué de violentes crises d'acné", "Ma gynécologue m'a dit que les effets secondaires constatés (baisse de libido, sécheresse vaginale) n'étaient pas dus à ma pilule mais étaient 'dans ma tête'. Elle a arrêté toute solution alternative comme le stérilet car j'étais nullipare et elle affirmait que c'était la meilleure contraception pour mon cas". Les témoignages se succèdent sur les réseaux sociaux et portent à réfléchir : combien de temps va-t-on supporter cette charge contraceptive et considérer qu'il s'agit d'un problème "de femmes" somme toute assez banal à gérer ? Ne pas prendre la pilule, un parcours du combattant ?

Le 5 avril dernier, Sabrina Debusquat s'est jointe à plusieurs militantes féministes, dont Marie-Hélène Lahaye, autour d'une tribune intitulée "Marre de souffrir pour notre contraception" et relayée dans les pages de Libération. Sans accabler la pilule ou le stérilet, elles revendiquaient le droit d'avoir d'autres alternatives contraceptives efficaces, sans effets secondaires et qui puissent être partagées avec le partenaire masculin. "En France, la consommation de pilules contraceptives a diminué de 20% en 15 ans. De plus en plus de femmes arrêtent leur contraception parce qu'elles n'en peuvent plus de ses effets indésirables (baisse de libido, douleurs, dépressions, etc. ou risques plus graves, type embolie, cancer ou AVC). (...) Elles affrontent de surcroît le déni et le manque de considération de leurs partenaires et du monde médical. Il est urgent de réagir" écrivent-elles, rappelant qu'"il arrive même parfois que leurs souffrances (celles des femmes qui ont une contraception qui ne leur convient pas) soient niées, qualifiées d'imaginaires".

Ce sont donc de vraies solutions, qui n'impactent ni la santé physique ou psychologique des femmes, que les signataires féministes espèrent obtenir auprès du corps médical et de l'Etat. Espérons que le hashtag #PayeTaContraception puisse y remédier...

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