Period. End of Sentence, le docu Oscarisé qui brise les tabous sur les règles est dispo sur Netflix

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L'Oscar du meilleur court-métrage revient à ce joli documentaire qui brise les tabous sur les règles.

Ce dimanche 24 février, la 91e cérémonie des Oscars a encore beaucoup fait parler Outre-Atlantique, mais pas que. Parmi les moments forts de la soirée, on retiendra le discours et les larmes de Rayka Zehtabchi, qui s'est vue remettre l'Oscar du meilleur court-métrage pour son documentaire Period. End of Sentence. "Je ne pleure pas parce que j'ai mes règles. Je ne peux pas croire qu'un film qui parle de menstruations ait gagné un Oscar" a déclaré la réalisatrice irano-américaine, en s'agrippant très fort à son trophée.

Period. of Sentence (titré "Les Règles de notre liberté" sur Netflix) est un documentaire de 25 minutes qui lève le voile sur le tabou qui entoure les règles en Inde, un sujet honteux dont on ne parle pas aux petites filles et qui pensent parfois, arrivées à l'adolescence, être atteintes d'une maladie grave ou en danger de mort. En plus d'être considérées sales et impures, les menstruations sont responsables de nombreuses inégalités, notamment liées à l'éducation à laquelle plus de 23 millions d'indiennes (chiffres donnés par une étude de l'ONG indienne Dasra) doivent renoncer. A cause des établissements qui ne disposent pas toujours de toilettes dans lesquelles elles peuvent se changer, des protections hygiéniques auxquelles elles n'ont pas accès car très chères et peu adaptées, plusieurs d'entre elles finissent par abandonner les études.

Couvertes de honte, les femmes de cette communauté sont donc contraintes de confectionner leurs propres protections périodiques, à la tombée de la nuit, avec les moyens du bord. Elles confectionnent des serviettes avec des feuilles d'arbres, du vieu tissu ou encore des morceaux de coton déjà utilisés et pas lavés, ce qui les expose à des risques d'infection importants. Le reportage suit alors la révolution opérée par plusieurs femmes du village qui, grâce à la machine ingénieuse de l'entrepreneur Arunachalam Muruganantham permettant de fabriquer des protections hygiéniques à moindre coût, peuvent même commencer à percevoir leurs premiers revenus, en revendant le surplus des fabrications.

Hélas, les règles ne sont pas qu'un sujet tabou en Inde et le restent aussi dans nos sociétés très occidentales. Triste constat illustré par les propos révoltants d'un des membres de l'Académie des Oscars qui a écrit dans les colonnes de The Hollywood Reporter, sous couvert d'anonymat, qu'en dépit de sa qualité, il n'aurait pas voté pour ce documentaire, parce que c'est un homme et que les règles sont un sujet dégoûtant pour eux. Preuve que le combat est encore loin d'être gagné...

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Source : Shoko - Crédit : Netflix