Peter Swords King, coiffeur et maquilleur d'Alice de l'autre côté du miroir en interview (EXCLU)

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Peter King, artiste coiffeur et maquilleur oscarisé

Peter Swords King, artiste coiffeur et maquilleur d'Alice de l'autre côté du miroir, Pirates des Caraïbes et la saga Le Seigneur des Anneaux s'est confié à la rédac' sur son métier hors du commun. Interview

Lorsqu'un film arrive sur grand écran, on n'imagine pas toujours le travail qu'il a nécessité, des premières ébauches du script à la post-production. Une multitude de métiers entrent en jeu, et si celui du réalisateur et des acteurs est bien connu, les costumiers, coiffeurs et maquilleurs jouent eux aussi un rôle de premier plan. Que serait en effet un film d'époque sans de superbes robes de cour, des postiches bouclés et des teints ultra poudrés ? Dans l'ombre, ces petites mains travaillent alors à rendre l'oeuvre authentique, mais surtout à plonger les spectateurs dans un univers aussi crédible que possible. C'est ce que s'attache à faire Peter Swords King depuis maintenant plus de 30 ans, œuvrant comme artiste coiffeur et maquilleur au cinéma. A son actif, des monuments du 7ème art tels que la saga Le Seigneur des Anneaux (pour laquelle il a remporté un Oscar) et Le Hobbit, Pirates de Caraïbes ou encore Alice au Pays des Merveilles. A l'occasion de la sortie en DVD et Blu-Ray d'Alice de L'Autre Côté du Miroir le 19 octobre, la rédac' a eu la chance de recueillir les propos de ce ponte de la profession, qui nous a parlé de son métier avec passion. Rencontre...

Votre carrière à l'écran comme maquilleur est impressionnante, comment tout cela a-t-il commencé ?

J'ai débuté comme coiffeur dans les années 1990 mais j'ai arrêté car je n'aimais pas travailler dans un salon. C'est là que je me suis associée à un partenaire, avec qui nous avons créé une entreprise de perruques et postiches. Nous avons travaillé pour l'opéra et le théâtre, puis j'ai été embauché sur un petit film qui s'appelait Meutre dans un jardin anglais, et c'est ça qui m'a lancé dans l'industrie du cinéma. Et depuis ce moment, j'ai toujours travaillé pour le cinéma. Progressivement, je suis passé des petites productions aux block busters que je fais maintenant. Au total, je dois en être à mon 44ème film !

On distingue souvent la profession de maquilleur de celle de coiffeur, pourquoi teniez-vous à associer les deux ?

J'aime avoir le contrôle sur le maquillage et la coiffure à la fois. Il m'est arrivé de les dissocier sur certains projets, mais on n'a pas de vue d'ensemble du personnage, c'est plus difficile de fondre les deux avec harmonie. En faisant à la fois le makeup et la coiffure, on a vraiment la main sur le look dans son ensemble. Et puis, les acteurs n'aiment pas forcément passer d'une cabine à une autre et faire des allers-retours, c'est devenu la norme dans de nombreux pays comme l'Angleterre ou la Nouvelle-Zélande d'être polyvalent. C'était déjà ma manière de travailler au théâtre, donc j'ai simplement continué.

Quelle marge de manœuvre aviez-vous sur des gros projets tels que Le Seigneur des Anneaux ou Alice au Pays des Merveilles ?

On est en quelque sorte complètement libre ! D'abord, on essaye de se faire une idée du personnage en lisant le script, ça aide à le comprendre. Et puis on rassemble des images, des inspirations pour essayer de le décrire. Quand j'ai fait Star Wars, j'ai imaginé 550 looks différents. Je ne les ai pas tous retenus, évidement, mais ça permet de voir toute l'étendue des possibilités. Quand on travaille sur un personnage, on ne peut pas avoir une seule idée, il faut en proposer plusieurs, et puis on réduit ensuite la liste à 5 ou 6. Lorsqu'il m'en reste 3, c'est là que je fais mes tests coiffure et maquillage, pour voir ce qui va fonctionner ou pas. Parfois, notre idée est géniale sur le papier, mais une fois sur la personne, ça peut ne pas marcher, on ne le sait jamais avant d'essayer. Après, quand on fait ça depuis longtemps, on a rapidement une idée de ce qu'on veut.

Combien de temps des films tels qu'Alice au Pays des Merveilles ou Pirates de Caraïbes requièrent-ils, des réflexions préliminaires jusqu'au tournage ?

En général, les grosses productions comme celles-ci prennent environ 3 mois. Les premières semaines, on rassemble ses idées, puis on avance au fur et à mesure que l'on parle avec les gens. D'autres films m'ont déjà pris 7 ou 9 mois, on était très impliqués dans ce que l'on faisait.

A quoi ressemble votre journée type sur le plateau de tournage ?

Eh bien déjà, on se réveille très tôt ! On prépare les artistes et on les emmène sur le plateau, mais si un nouveau personnage débarque, alors on fait des essayages. Ça dépend vraiment des films. Quand j'ai travaillé sur Le Hobbit, j'ai fait beaucoup de réunions parce que le tournage a duré trois ans. On discutait du maquillage et de la coiffure... on a des archives de chaque personnage et de chacun de ses looks dans le film !

Vous avez presque toujours travaillé pour le cinéma, aimeriez-vous travailler sur une série ?

Bien sûr, je me vois sans problème bosser à la télévision, les exigences sont plus élevées aujourd'hui, un peu comme au cinéma. Mais même déjà à l'époque, avec Mad Men par exemple, on faisait des choses incroyables. Aujourd'hui, entre la télé, Netflix, les séries Amazon, il y a tellement de choses à faire. Je me verrais bien faire quelque chose avec un personnage très stylisé.

Si vous deviez vous grimer, quel type de personnage aimeriez-vous incarner ?

J'ai déjà fait Johnny Depp, j'a fait des zombies... hum, j'aimerais bien faire quelque chose de futuriste, ça serait amusant.

Puisque c'est bientôt Halloween, quel déguisement nous recommandez-vous ?

A une soirée d'Halloween l'année dernière, je me suis déguisé en zombie. Un pirate zombie ! J'ai acheté ma tenue mais pour le reste, je me suis teint les cheveux en noir et je me suis recouvert de morceaux de chair. Tout ça en 10 minutes seulement, c'est assez facile.

Source : Peter Swords King - Crédit : imdb