Pourquoi plus personne ne doit nous dire comment nous habiller à la Saint-Valentin

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J'aime pas trop les (clichés du) 14 février

Ça y est, le moment est arrivé. Nous sommes en février et qui dit février, dit Saint-Valentin - cœurs à tous les coins de rue, bouches rouges imprimées sur tous les supports, pubs pour bouquets de fleurs et parfums qui tournent en boucle à la télé et filtres animés sur le thème de l'amour. A moins de vivre dans une grotte (et encore), impossible de passer à côté du matraquage publicitaire de la fête des amoureux, qui semble prendre chaque année plus d'ampleur. Non, on n'est pas en train de rager contre la Saint-Valentin et sa prétendue dimension commerciale puisqu'il n'y a pas de mal à avoir une date consacrée à l'amour sur notre calendrier, pas de mal à aimer célébrer cette fête des amoureux, à se faire un resto, un week-end ou une partie de jambes en l'air endiablée si on en a envie (au contraire). Le problème ne réside pas tant dans l'existence de la Saint-Valentin, mais plutôt dans la façon d'aborder cette date symbolique - et notamment de la communication auprès des femmes.

Comment s'habiller pour la Saint-Valentin ? Quelle robe sexy pour le 14 février ? Quelle parure de sous-vêtements pour lui faire tourner la tête ? Ou même : quel attirail pour passer la Saint-Valentin en solo ? Chaque année, marques et magazines trouvent bon couvrir ce marronnier en perpétuant tout un tas de clichés sur la tenue à porter ou le maquillage à arborer comme si, que l'on soit en couple ou non, la Saint-Valentin avait ses codes et que la séduction se résumait à une petite robe ou des dessous affriolants (et, à l'inverse, que pot de glace, jogging et Netflix & chill résumaient ou définissaient les célibataires le jour de la fête des amoureux). Pourquoi devrait-on nécessairement s'apprêter et porter du rouge lorsque l'on veut fêter la Saint-Valentin avec celui ou celle qu'on aime ? Pourquoi la notion de sexy devrait-elle être véhiculée par des vêtements "romantiques", une jupe, une robe, une paire de talons et un maquillage impeccable ? Pourquoi le port du jean/baskets ne serait-il pas la norme le jour de la Saint-Valentin ? La séduction ne passe pas nécessairement par la féminité : chaque femme devrait être en mesure d'en donner sa propre interprétation, d'en établir sa propre définition et d'avoir ses propres règles - d'aller au resto en jogging parce qu'elle se sent bien ainsi, ou d'y aller en robe si c'est son plaisir (oui, parce que même à la Saint-Valentin, la femme devrait faire les choses en fonction d'elle, et non pas de l'autre - mais si ça plait aux deux, tant mieux).

Suggérer aux femmes de s'habiller et de se maquiller de telle ou telle manière pour la Saint-Valentin n'est définitivement pas la même chose que de conseiller les femmes sur une tenue de fêtes, de mariage ou de n'importe quelle autre occasion : avec la notion d'amour et de séduction qui englobe le concept de la Saint-Valentin, suggérer aux femmes un dresscode peut aisément laisser penser qu'on leur dicte la règle à suivre pour rentrer dans le moule de la société, être féminine, être désirable, plaire à l'autre et pas forcément se plaire à soi-même. Alors que l'essentiel, en 2018 plus que jamais (que l'on soit en couple ou pas), c'est bien de s'aimer soi-même, de se plaire à soi-même et de faire les choses en fonction de ses propres envies pour se sentir à l'aise et confiante dans sa peau.

Enfin, au-delà de l'absurdité de suggérer aux femmes quoi porter pour la Saint-Valentin (robe pour les meufs maquées, et jogging pour les vieilles filles, donc), il y en a une autre qui nous semble importante de souligner : celle d'inciter à faire du shopping pour cette occasion particulière. Parce qu'à moins de vivre en naturiste (pourquoi pas, après tout), nous avons toutes quelques bouts de chiffon qui traînent dans notre penderie pour nous mettre quelque chose sur le dos le 14 février. Non : acheter une tenue spécialement pour la Saint-Valentin n'est donc certainement pas une nécessité - il est temps d'arrêter de croire ou d'inciter les femmes à dégainer leur CB pour acheter ces escarpins rouges vernis ou cette pochette en forme de bouche juste parce que c'est la Saint-Valentin - lorsqu'on effectue un achat, bien d'autres facteurs entrent en jeu que la simple envie de se vêtir pour le 14 février. Et à l'heure où la mode se consomme désormais comme au fast food, devrait-on vraiment entrer dans ce jeu et continuer à remplir nos placards de vêtements neufs qui ne seront jamais portés ?

Voilà somme toute pourquoi cette année, on n'a plus envie que quelqu'un nous suggère comment nous habiller pour la Saint-Valentin - même si ça part d'un bon sentiment. Adieu robes rouges, colliers en forme de cœur et dentelle fine, donc : de notre côté chez Shōko, on a suffisamment confiance en vous pour savoir ce qui vous fait plaisir et appréhender la Saint-Valentin comme vous l'entendez !

Source : Shoko - Crédit : Pete Bellis via Unsplash