Projet Fashion : Renaud Rahard producteur livre les dessous de l'émission mode en interview

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Renaud Rahard nous révèle les dessous de Projet Fashion

Projet Fashion, c'est l'émission évènement qui réconcilie la mode et la télé. Une alliance diplomatique qu'il a fallut orchestré soigneusement. Renaud Rahard, producteur de l'émission, dévoile les coulisses du programme en interview exclusive

C'est le premier programme grand public qui parler de mode depuis très longtemps. Projet Fashion diffusé pour la première fois ...., tente l'expérience périlleuse de faire aimer la mode aux téléspectateurs de tous bords. Pour ce faire, D8 et la société de production Fremantlemédia ont construit un programme sur mesure basé sur la très populaire émission américaine Project Runway. Le principe ? Sélectionner à l'aide de défis le créateur de demain parmi des professionnels du milieu. Il a fallu donc doser l'aspect jeu télévisé et le conjuguer avec les réalités du métier pour concocter un programme aussi crédible qu'excitant. Dans cette optique, de nombreux aménagements ont été imaginés et menés à bien non sans peine. Et pour cause, la mode est un univers très élitiste qu'il a été difficile de séduire. Comme nous le confiait Roland Mouret, juré de Projet fashion " En tant que juge, je me mets autant en danger que les contestants, mon opinion peut être remise en cause". Frileuse mais partante, la mode s'est finalement impliquée...

Projet Fashion, c'est Renaud Rahard directeur adjoint des divertissements et magazines chez Fremantlemedia qui l'a porté. Auprès du producteur de l'émission nous avons tenté de perçer les secrets du come-back très attendu de la mode à la télévision. Avec son casting couture, ses épreuves inventives mais aussi ses interventions de la Fédération Française de la Couture et d'agence de mannequin, l'émission semble avoir réussi son pari. Mais quels ont été les véritables enjeux de cette adaptation française ? Renaud Rahard décrypte l'émission dans une interview exclusive.

meltyFashion : Quels sont les parti pris de Projet Fashion par rapport au Project Runway américain ?

Renaud Rahard : La version américaine dure 50 minutes et passe très rapidement sur toute la partie fabrication. Il nous semblait vraiment important de montrer comment ça se fabrique. Aujourd'hui, on a une idée de la mode à la fin très partielle, anecdotique et séduisante mais lointaine. On a l'impression que tout ça arrive par magie. Monsieur Karl sort pour saluer et tout ça a été réalisé en un claquement de doigt derrière ses lunettes. En fait, ce qui me fascine dans ce métier de la mode c'est cette énergie, cette volonté de perfection infinie, cet idéal derrière lequel on courre et ce boulot de chien. C'est un métier de chien fascinant mais aussi un métier de chien. Notre but c'était de montrer ça. Mais en même temps comme on ne peut pas être que dans la sueur et la douleur, on a pensé des défis qui, a priori, ne sont pas des supports pour la mode. Quand on les envoie dans une grande surface de bricolage, on ancre dans le réel et on prouve que ces gens ont des idées et qu'à partir de ces idées et de n'importe quel matériaux ils sont capable de faire un vêtement.

mF : Les concourants de Projet fashion forment un binôme avec leur mannequin dont vous ne désirez pas révéler l'agence. Pourquoi ?

RR : A priori cette agence accepté de jouer le jeu mais y'a un certain nombre d'acteur de la mode qui ont eu peur de se risquer sur ce programme avant de l'avoir vu, qui ont eu peur que ça porte atteinte à leur image au sein du milieu de la mode. Ils ont donc accepté le partenariat mais ils ne sont pas cités. Moi je tenais à ce que l'ont passe par une agence professionnelle par ce que je tenais à ce qu'on soit dans la réalité de la mode, que l'on ne raconte pas d'histoire. Les candidats sont de véritables créateurs qui ont plusieurs années d'expérience, j'ai pris des consultants qui travaillent dans la mode, un jury légitime. Mais après tout le monde n'a pas tenu a être cité. Certaines personnes n'ont pas voulu risquer leur vie dans la mode ou n'étaient pas en position de le faire.

mF : Que représente ce partenariat avec la Fédération Francaise du prêt-à-porter ?

RR : C'est un deal qu'on a fait avec eux grâce à Donald Potard. La proposition est d'accompagner le gagnant de Projet Fashion pendant 6 mois pour l'aider à structurer son business et sa commercialisation. C'est vrai que parmi tous les problèmes qu'il y a, je pense, quand on est jeunes créateurs il y a la viabilité du business. C'est un métier qui demande énormément de trésorerie, on est payé un an après la collection qu'on a livré et entre temps il a fallut refaire une collection en repayant tous les prestataires. Il y a plein de questions qui ont à voir avec la taille de l'entreprise de mode que l'on veut. Tout cet accompagnement nous a été apporté par la fédération au cours des formations qu'elle propose.

mF : En fait, Projet Fashion, c'est pas un jeu, c'est la réalité ?

RR : Le jeu c'est de passer à la télé et d'être éliminer toutes les semaines. Mais on voulait une émission qui ait vraiment un vocabulaire artistique et on voulait proposer des candidats qui ont une réalité dans la mode. Le jury, pour ne citer que lui, a une existence dans la mode. On est pas là pour faire une fiction, on est là pour témoigner du réel avec une structure d'émission de télé avec Projet Fashion. Parce qu'aujourd'hui les histoires à la télé se racontent principalement de cette manière là. On est dans l'authentique et on a filé avec sincérité.

Crédit : © D8, DR, Darius Salimi/Webcapture/© D8