Sur Instagram et Twitter, elles appellent à une minute de silence pour dénoncer les féminicides

par

On compte à ce jour 96 féminicides depuis le début de l'année.

96. Depuis le début de l'année 2019, 96 femmes ont été tuées par leurs compagnons ou leurs ex-conjoints. Il ne s'agit pas d'un simple « drame » à évoquer dans les pages de faits divers, il ne s'agit pas non plus de « crimes passionnels », comme ces meurtres sont souvent désignés. Il s'agit de féminicides, des crimes perpétrés sur des femmes parce qu'elles sont des femmes. Aujourd'hui, une femme meurt « sous les coups » de son compagnon toutes les 48 heures, un chiffre glaçant qui ne cesse d'augmenter depuis quelques années. Et pourtant, dans la majorité des cas, ces femmes ont manifesté leur détresse, leur peur, leur souffrance. Mais elles ne sont plus là pour témoigner. Alors, qu'attend le gouvernement pour arrêter ce fléau et protéger réellement les victimes ?

Indignée, la militante féministe Sofia Antoine s'est saisie de son compte Twitter le 15 août dernier pour dénoncer l'inactivité du gouvernement. Dans une vidéo, elle appelle chacun.e des internautes à poster une vidéo d'une minute de silence, en hommage aux victimes, comme elle l'a expliqué dans son post, « Puisque nos cris ne sont pas entendus, imposons un silence assourdissant ». Accompagnées des hashtags #UneMinuteDeSilencePourEelles, #JeSuisFeminicidophobe ou encore #PasUneDePlus, femmes et hommes ont partagé des vidéos le visage ému, révolté, grave. A terme, la militante membre des Femen espérait récolter 91 vidéos de silence, en hommage aux 91 femmes tuées par leurs conjoints ou ex-compagnons recensés le 15 août. Depuis, ce chiffre est tragiquement monté à 96.

Cet appel intervient à quelques jours du Grenelle des violences faites aux femmes tenu par Marlène Schiappa qui aura lieu le 3 septembre prochain et auquel les associations féministes craignent que les mesures et moyens d'urgence qui seront évoqués et déployés ne soient pas suffisants. Sofia Antoine explique les raisons de sa campagne à la rédaction de L'Obs : « L'élément déclencheur, c'est qu'il y a un Grenelle des violences conjugales qui arrive, qu'on nous demande d'attendre... et que moi, je demande des mesures d'urgence. (...) Cela fait quatre ans que je me bats au quotidien pour sensibiliser les gens à la notion de féminicide. Je m'aperçois, désormais, que les gens savent ce que ça raconte, ce que ça veut dire. Ils savent que c'est un meurtre de femme parce qu'elle est une femme » déclare-t-elle.

Depuis son appel, la campagne est devenue virale et de nombreux.ses femmes et hommes se sont mobilisés face caméra pour dénoncer les féminicides. En espérant que le gouvernement en fasse de même...

Source : Shoko - Crédit : Unsplash @Maria Krisanova