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L'histoire de la mode

Tatouage de stars et anonymes, l'histoire du tattoo dans la société occidentale

Publié par
Sarah Attalaoui
, le .
Mis à jour le .
Temps de lecture : ~ 3 min
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Nous vous parlons beaucoup de tatouage ces derniers temps; cependant savons-nous vraiment d'où le tatouage vient ? Stars et anonymes ne jurent que par cette technique ancrée il n'y a pas si longtemps dans la société occidentale

Certaines "tendances" perdurent jusqu'à entrer dans les mœurs, c'est le cas du tatouage dont la pratique a longtemps été considérée comme un acte punitif. Depuis sa démocratisation dans les années 80 et son apogée dans les années 90, le tatouage est considéré comme un état d'esprit plus qu'une technique esthétique, ce qui nous fait nous demander quelle est sa véritable histoire ? Les stars et les anonymes ne se demandent peut-être pas où est né le tatouage, mais il est important de comprendre son évolution pour se rendre compte de sa place dans la société occidentale aujourd'hui. Le tatouage a des origines ancestrales et compte parmi ses premiers adeptes les peuples Incas, Mayas et Egyptiens qui voyaient dans le tatouage un rite religieux permettant au corps de communiquer avec les Dieux. Une technique considérée comme païenne, c'est-à-dire opposée au Christianisme, qui rejette d'ailleurs le tatouage jusqu'au début du 18ème siècle. L'Occident s'approprie alors le tatouage vers 1772 grâce à James Cook qui sera fasciné par cette technique de dessin à l'encre qu'il apprendra aux côtés des peuples du Pacifique Sud. Le mot "tatouage" vient d'ailleurs du tahitien "tatau" qui signifie "marquer, dessiner" et tire son origine dans un autre mot associé, "atoua" qui signifie "esprit, dieu".

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Cet acte symbolique et religieux des peuples anciens sera tour à tour modifié avec les différentes sociétés jusqu'à être aujourd'hui un acte de liberté pure. À son retour en Europe, James Cook enclenche la première phase de démocratisation du tatouage dont le nom change en "tattoo" puis en "tatouage" à la fin des années 1700, où il entrera comme mot dans le Dictionnaire de l'Académie française. Dès lors, le tatouage devient non plus un symbole religieux, en perte de vitesse dans les sociétés occidentales, mais reste un symbole d'appartenance à un groupe. Un effet sociétaire fort qui perdure encore aujourd'hui. Des groupes comme les marins, les révolutionnaires et plus récemment les gangs, utilisent le tatouage comme un signe d'appartenance à un tout, en abandonnant le caractère individuel. Une pratique que l'on retrouve surtout aux Etats-Unis, qui par les peuples Indiens, ont fait perdurer la technique du tatouage, au point d'ancrer avant tout le monde le tatouage comme symbole sociétal. Tout au long de l'histoire des États-Unis, le tatouage a été un marqueur de changements au même titre que l'évolution des vêtements. Ils ont fait perdurer cette technique dont les plus grands représentants ont été les bikers qui ont légitimer le caractère communautaire pour faire de l'encre sous la peau, un lien aussi fort que le sang. Mais cette tendance n'existe que dans les cercles criminels et aux autres groupes communautaires; aujourd'hui le tatouage est un acte individualiste.Comme en témoigne des stars comme Rihanna dont le tatouage Isis montre une démarche personnelle forte en hommage à sa grand-mère.Le tatouage s'offre une deuxième vie dès les années 80 en se démocratisant avec des dessins plus libres, complexes qui dépassent les frontières du groupe et se voient motivé par un désir personnel de marquer un évènement fort de la vie ou une conviction.

La démarche purement esthétique est une pratique qui connaît son apogée durant les années 90, où le tatouage devient la technique qui permet de s'affranchir des autres et de marquer sa différence et souvent son originalité. Ce renversement sociétal marque le début de l'ère du tatouage comme art. Le monde moderne a écarté tous les principes ancestraux du tatouage pour le transformer en acte punitif notamment durant la Seconde Guerre mondiale où les Juifs, Tsiganes et homosexuels étaient marqués afin de perdre toute individualité. L'horreur de la guerre aura mené le tatouage à se dégager au maximum de cette volonté d'appartenance à un groupe et est depuis une dizaine d'années en pleine mutation. Le tatouage est aujourd'hui un art à part entière dont les anonymes et les célébrités sont les supports et qui témoignent également du fait que l'image du corps a changé. On ne considère plus le tatouage comme une dégradation corporelle mais comme une sublimation dont les tatoueurs dépassent les frontières avec des encres de plus en plus élaborées, qui rendent désuètes les encres de Chine, de charbon et de suif classiques. Aujourd'hui les encres sont en pigments industriels afin de rendre les traits, les couleurs et les reliefs plus réalistes que jamais. Qu'ils soient petits, grands, complexes, couvrant entièrement le corps, les tatouages sont les nouveaux accessoires et les nouveaux témoins de la personnalité des personnes. Ce n'est pas Shy'm avec ses 17 mini tattoo qui nous dira le contraire. Véritable effet mode ancré dans les moeurs de les sociétés occidentales et orientales, le tatouage n'est pas prêt de s'éteindre et restera à jamais un marqueur de temps et d'évolution sociétal important.

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