Tout ce que tu dois savoir sur la cyprine (aka la mouille), cette sécrétion vaginale dont on ne parle pas assez

par

Coup de projecteurs sur ce fluide corporel qui traduit le plaisir féminin. 

Si le sexe et le plaisir masculins ont monopolisé l'attention des scientifiques, des médias mais aussi des institutions pédagogiques, il est grand temps de s'intéresser à leurs pendants féminins. Complexe, les femmes souffrent depuis des années d'une certaine méconnaissance de leur propre corps, liée aux nombreux tabous dont il est victime, comme l'orgasme féminin. Parmi les grands mystères de l'appareil génital féminin, on peut également citer la cyprine, cette sécrétion vaginale que l'on nomme plus communément "la mouille". Un fluide corporel que l'on a décidé d'analyser au peigne fin.

Culotte,Sous-vêtement ,Lingerie
Les origines du mot "Cyprine"

Si son utilisation reste relativement récente, le mot "cyprine" tient ses origines du latin. "Cypris" était en effet le surnom de la déesse Venus à Chypre. Ce n'est pourtant qu'en 1973 que le mot fait son apparition, sous la plume de l'essayiste et militante féministe Monique Wittig qui évoque dans son livre Le Corps lesbien cette "crème" relative au liquide sécrété par les femmes quand elles sont sexuellement excitées. Il faut ensuite attendre les années 90 pour que le mot fasse son entrée dans Le Petit Robert qui est alors désigné comme une "sécrétion vaginale" et un "signe physique du désir sexuel". 

Ne pas confondre la cyprine et l'éjaculation féminine 

En effet, la cyprine est une sécrétion produite par les glandes de Bartholin, situées au niveau des grandes lèvres de chaque côté de la vulve, qui a pour fonction de lubrifier le vagin. A ne pas confondre donc avec le liquide émis au moment de l'orgasme par les glandes de Skene, qui se situent au niveau de l'urètre. Ce liquide que l'on compare souvent à une "éjaculation féminine" et qui peut être plus ou moins abondant (d'où l'expression "femme fontaine" lorsque celui-ci est très important). 

La cyprine, une sécrétion aux aspects variés

En effet, la cyprine n'aura pas les mêmes caractéristiques selon chaque femme. Si sa composition reste globalement la même (faite d'eau, d'urée, d'acides acétiques et lactiques, de complexes d'alcools, de glycols et de bactéries), sa texture, son odeur et son goût peuvent varier pour plusieurs raisons, comme le cycle menstruel, l'état d'excitation sexuelle de la femme, les gênes, l'âge, l'alimentation, la consommation de drogues ou de certains médicaments, la grossesse, l'allaitement ou encore la ménopause. Sa fonction reste cependant la même : elle permet d'apporter une hydratation permanente au vagin. 

La cyprine, un liquide multitâches 

Outre l'hydratation, la cyprine a également pour fonction de maintenir le pH de la glaire cervicale constant, ce fluide sécrété par le col de l'utérus. De plus, elle agit aussi comme auto-nettoyant du vagin. Autant dire que les douches vaginales ne sont d'aucune utilité puisque le corps féminin se débrouille déjà très bien tout seul. Rempart contre les maladies sexuellement transmissibles (même si elle ne remplace en aucun cas le préservatif), l'humidification permet également de rendre la pénétration moins douloureuse. Enfin, elle aide aussi à perpétuer l'espèce, facilitant la remontée des spermatozoïdes vers l’utérus et les trompes, changeant d'aspect dans ce but au moment de l'ovulation. 

Rien à voir avec les pertes blanches

Il s'agit de deux liquides très différents. La cyprine est produite abondamment lorsque la femme est sexuellement excitée, comme expliqué plus haut. Tandis que les pertes blanches sont sécrétées dans le but d'évacuer la cyprine et ses cellules mortes, ce qui permet de nettoyer le vagin. Bon à savoir ! 

Lit,Jean,Chambre

Voilà qui devrait t'éclairer sur ce liquide bien mystérieux !

Source : Shoko - Crédit : Unsplash @Aiony Haust, Unsplash @Billie, Unsplash @Nemanja .O.