Toutes ces fois où on a parlé de sexualité avec nos parents

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Il y a des sujets pas faciles à aborder avec ses parents. 

Même si nos parents nous ont toujours répété "tu sais chérie, tu peux vraiment tout nous dire, on ne te jugera jamais", il y a certaines thématiques qui sont un peu gênantes. On a toutes déjà ressenti ce mal-être profond, lorsque, tranquillement assise sur le canapé avec le reste de la famille, entrain de regarder pépèrement le film du dimanche soir, une scène de sexe torride s'invite à l'écran. D'un coup, l'atmosphère de la pièce devient très pesante et on a envie de se cacher sous un amas de coussin. Le sexe et les parents sont deux notions qui ne vont pas bien ensemble. Pourtant, de temps en temps, on est bien obligé de leur en parler. 

La première fois que l'on a ses règles 

Le fait d'avoir ses règles est une étape importante dans la vie d'une jeune fille. Ce "passage dans le monde de la féminité" (même si il faut plus que des menstruations pour devenir une femme) peut-être traumatisant pour certaines. Pendant longtemps, ce sang qui coulait entre nos jambes étaient considéré comme honteux. C'est donc toute gênée et aussi rouge que notre petite culotte que plus jeune on a du annoncer la nouvelle (souvent à nos mères) à nos parents. S'en suivait un cours pratique sur l'utilisation des tampons et des serviettes et un petit laïus sur ce que cela implique d'être réglée. Des phrases du genre : "Maintenant, tu es capable d'avoir des enfants, donc quand tu commenceras à avoir des rapports avec un garçon il faudra faire bien attention" nous ont été dites alors qu'on avait seulement 13 ans et que le fait d'envisager un quelconque rapprochement avec ces êtres brusques était juste inenvisageable. 

Lorsque l'on a notre première relation "sérieuse" 

A partir de 16-17 ans (plus jeunes pour les précoces) on sent que notre corps est rempli d'hormones bouillonnantes. On nous parle de bac, de lycée, d'avenir, alors que nous, notre seule préoccupation, est de savoir si Jordan nous a regardé dans la cour de récré. A force d'oeillades appuyées, on finit par se "mettre en couple" avec ce fameux Jordan. Roulage de pelles, petits suçons dans le cou, yeux rivés sur le téléphone pour cause de textos enflammés, air rêveur et sourire pendu aux lèvres... Les parents n'ont pas besoin d'être Sherlock Holmes pour comprendre rapidement ce qui se trame. Du coup l'un des deux se dévoue et lance un "il faut qu'on parle", suivi d'un "tu sais moi aussi j'ai eu ton âge", enchaîné par un malaisant "tu dois ressentir des envies dans ton corps et c'est normal mais sache que le plus important c'est de te protéger et surtout d'aller à ton rythme. Il ne faut surtout jamais te forcer". Tout cela se termine généralement par des regards confus et une phrase du genre :"non mais c'est bon qu'est-ce que vous allez imaginer là ça me dégoute !"

La première visite chez le gynéco 

La première fois que notre mère nous lance un "j'aimerai que tu ailles voir la gynéco", on se sent étrangement beaucoup plus embarrassée que lorsqu'elle nous rappelle notre rendez-vous chez le dentiste. Afin de me déstresser, la mienne s'est sentie obligée de me mimer le siège avec les étriers (ce qui m'a encore plus stressé). Assise sur la chaise, les jambes écartées, elle m'a lâché : "et tu vois là elle va te mettre un petit bec de canard pour t'écarter ta petite foufoune histoire de voir si tout va bien'. (oui ma mère est génante mais je l'aime plus que tout). Elle a ensuite absolument voulu venir avec moi lors de la consultation. Lorsque le médecin m'a interrogé sur mes pratiques sexuelles, j'ai été quelque peu embarrassée.

Lorsque l'on dort chez notre copain ou notre copine pour la première fois

La première fois que l'on demande l'autorisation de découcher pour aller dormir chez son copain ou sa copine, on sent un moment de panique dans les yeux de nos parents. Dans leurs têtes se bousculent de nombreuses questions qu'ils aimeraient nous poser sans forcément oser. Personnellement, comme je n'étais pas véhiculée, j'avais demandé à ma mère de m'y accompagner. On se serait cru dans un film. Il pleuvait des cordes et un silence de plomb régnait dans l'habitacle. Arrivée devant l'adresse elle s'est retournée vers moi en me saisissant la main et en me disant "surtout, si tu ne te sens pas tu dis non et au moindre problème tu m'appelles". J'ai eu l'impression qu'elle m'amenait à l'abattoir. Horrible ! 

Lorsque ta mère veut aller plus loin sur le sujet 

L'étape de la première fois est passée. Connaissant ta mère, tu te doutes que la moitié de ta famille est au courant. Mais tu sens qu'elle veut aller plus loin. Lorsqu'elle te pose la question "et sinon avec Jean ça se passe bien ?" avec son vieux regard insistant, tu comprends directement le sous-entendu. Comme elle n'est pas certaine que tu aies capté elle rajoute " tu sais, il n'y a pas de sujet tabou, je suis plus âgée j'ai de l'expérience, je peux peut-être t'aiguiller". Comme tu fais mine de ne pas entendre, elle renchérit "surtout ce qu'il faut savoir c'est que tant que tout est consenti, il n'y a rien de honteux ni de sale, même la sodomie. Avec ton père par exemple..." c'est à ce moment là que tu cours t'enfermer dans ta chambre. 

Lorsque l'on fait son coming out 

"Maman, Papa, voilà j'aime les femmes" cette petite phrase toute simple, qui ne devrait avoir aucune conséquence, en a parfois de lourdes. Lorsque l'on est homosexuelle, on a toujours l'impression qu'il faut se justifier de son choix (qui n'en n'est pas un d'ailleurs). Si certaines familles acceptent très facilement cette révélation de la part de leur rejeton, pour d'autres c'est beaucoup plus compliqué. Alors qu'au final, c'est que de l'amour ! 

Un jour, ça sera à nous d'en parler à nos enfants ! 

Source : shoko.Fr - Crédit : unsplash Artem Maltsev