Tu enfanteras dans la douleur, le docu sur les violences obstétricales à voir absolument sur Arte

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Une enquête rigoureuse qui donne la parole aux victimes, aux sages-femmes, aux gynécologues, aux militantes et aux experts. A voir absolument !  

Depuis quelques années, la parole des femmes se libèrent. Harcèlement de rue, sexisme au travail, charge contraceptive, injonction au maquillage et plus largement à la féminité stéréotypée, portées par l'ère #MeToo, les langues se délient, les témoignages affluent et certains tabous s'effritent peu à peu. C'est le cas des violences gynécologiques, un fait auquel énormément de femmes ont eu affaire mais qui a longtemps été banalisé, discrédité, étouffé. Pourtant, il suffit de lire les témoignages recensés sur #PayeTonGyneco ou #PayeTonUtérus pour comprendre qu'il s'agit d'un sujet sensible pour bon nombre de femmes. C'est précisément à ce tabou que la réalisatrice féministe Ovidie a décidé de s'attaquer, dans son documentaire Tu enfanteras dans la douleur, qui dénonce les violences obstétricales et gynécologiques. Un reportage d'une heure qui donne la parole à plusieurs femmes victimes de maltraitantes, d'humiliations et d'actes brutaux commis sans leur consentement pendant leur accouchement.

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Tu enfanteras dans la douleur, le docu à voir en ce moment sur Arte

Diffusé sur Arte le 16 juillet prochain, le documentaire est disponible en replay sur le site de la chaîne jusqu'au 9 juillet. Et on te conseille fortement de le visionner. Poignante, l'enquête rigoureuse menée par Ovidie dénonce plusieurs failles, de l'impunité des violences gynécologiques et obstétricales pratiquées par une profession dont les méthodes semblent difficilement contestables, au manque de moyens du système de santé publique qui explique la brutalité et la déshumanisation de certaines expériences d'accouchement en passant par le traumatisme que porte plusieurs femmes après avoir subi une telle violence.

Et les témoignages, face caméra, sont plus qu'édifiants. Césarienne sans anesthésie, expression abdominale, gestes brutaux pratiqués sans consentement, infantilisation, certaines parlent même de "scène de massacre", de "boucherie", de "viol". "Dès qu'il a commencé à recoudre, j'ai donné un grand coup, je lui ai dit que ça me faisait mal et il a continué à suturer et à me dire de ne pas bouger. C'était horrible, ça faisait super mal, ça a duré 45 minutes. Et en plus, il fallait qu'il vérifie si c'était bien suturé donc j'ai eu droit au toucher vaginal et au toucher rectal" explique l'une d'entre elle, tandis qu'une autre participante revient également sur l'horreur de son expérience : "J'essaie de me débattre, j'essaie de me relever. Je lui dis qu'elle me fait mal, je lui demande d'arrêter plusieurs fois, et bien sûr elle n'arrête pas. J'ai toujours l'autre sage-femme qui m'appuie sur le ventre, qui me maintient. C'est vraiment une sensation désagréable, celle de se sentir maintenue de force contre sa volonté. Et c'est là que je sens comme des coups de rasoir, elle était en train de faire l'épisiotomie et elle a continué de la faire alors que je la suppliais d'arrêter et que je lui disais qu'elle me faisait mal" souffle-t-elle. Des témoignages qui glacent le sang...

Si tu ne l'as pas encore visionné, on te recommande chaudement ce docu mis en ligne sur Arte depuis le 28 juin dernier !

Source : Shoko - Crédit : Arte, Arte