Un coup de poing pour un burger, cette pub belge qui glorifie les violences conjugales est juste immonde

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Posté mardi 8 octobre dernier, le visuel de la pub imaginé par Bicky Burger a provoqué un tollé. Et il y a de quoi être scandalisé.e par cette campagne sexiste. 

Difficile d'imaginer que des personnes (sûrement des hommes) aient validé l'idée de cette campagne publicitaire et pourtant, c'est malheureusement le cas. Mardi 8 octobre dernier, la chaîne de fast food belge Bicky Burger a partagé via sa page Facebook le visuel de sa dernière pub, où l'on voit un homme en costume cravate asséner un coup de poing à une femme parce que celle-ci ne lui a pas apporté le burger qu'il demandait. En reprenant les codes esthétiques de la BD et du pop art américain des années 50 (période où le sexisme, la misogynie et les violences faites aux femmes étaient souvent utilisés à des fins publicitaires), l'homme au regard furieux lance à la jeune femme battue : « Sérieux, un faux Bicky ? », justifiant ainsi son acte.

Quelques heures après la mise en ligne de ce dessin immonde et d'une bêtise inouïe, la marque de friterie belge a été vivement critiquée, que ce soit par des représentants du gouvernement belge mais également des internautes (étrangers y compris). Ministre de l'Egalité des chances de la région Bruxelles-Capitale, Nawal Ben Hamou a commenté la campagne Bicky Burger, qu'elle juge « nauséabonde et totalement irresponsable ». Même sentiment d'indignation du côté de Christine Morreale, ministre de l'égalité des chances en Wallonie qui rappelle sur Twitter qu'« environ une femme sur quatre subira des violences pendant sa vie, certaines d'entre elles en mourront. Utiliser la violence à l'égard des femmes dans la publicité est irresponsable ».

Comme le mentionne Bénédicte Linar, ministre de l'Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes, 38 femmes ont été tuées en 2017 « parce qu'elles étaient des femmes ». Face aux 500 plaintes recensées par le Conseil de la publicité belge, Bicky Burger s'est vu obligé de prendre des mesures et a retiré le lendemain le dessin en question de ses réseaux sociaux, faisant son mea culpa dans la foulée. Contacté par le média belge Le Soir, le responsable de l'enseigne a expliqué : « Au moment de concevoir notre programme, nous ne nous attendions pas à de telles réactions de protestation. Nous ne cherchions pas à susciter toutes ces réactions. Aujourd'hui, nous faisons notre mea culpa. Nous avons posé les mauvais choix ».

Petite piqûre de rappel pour ceux qui continuent de rire ou de banaliser les violences conjugales : rien qu'en France, on compte à ce jour 117 féminicides depuis début 2019...

Source : Shoko - Crédit : Bicky Burger