UNE : de Chiara Ferragni à Betty Augier, les blogueuses sont-elles les mannequins de demain ? Enquête

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Les blogueuses mode connaissent une popularité croissante. On retrouve Chiara Ferragni en Une de Vogue ou Betty Autier en couverture du magazine Paulette, sont-elles les nouveaux mannequins ? Lisa Delille, directrice de la rédaction de Paulette et Kenza de "La Revue de Kenza" nous aident à comprendre le phénomène

C'est un véritable buzz mode qui se propage suite à la Une de Chiara Ferragni pour le Vogue Espagne d'avril 2015. En effet, de nombreux médias européens ont relayé cette information qui semble, pourtant, anodine aux premiers abords. Seulement, outre la couverture, Vogue signe un tournant clé en affichant la créatrice du blog italien The Blond Salad en Une de son magazine. Dans la mode, quand Vogue parle, les autres médias s'inclinent et souvent, suivent. Vogue Espagne semble faire taire les mauvaises langues en affirmant que dorénavant, il faut absolument compter sur ces jeunes femmes professionnelles du web et des nouvelles technologies. Mannequins, stylistes, journalistes, community manager : les blogueuses mode, souvent autodidactes, manient la toile comme personne et ont souvent de vraies communautés qui se forment autour d'elles. Indépendamment de Chiara Ferragni pour Vogue Espagne, nous avions déjà aperçu Betty Autier (le Blog de Betty) en Une du magazine Paulette, ou encore l'américaine Tavi Gevinson (The Style Rookie) en couv' de L'Officiel Paris à l'occasion de leurs 90 ans. Ou quand le web devient réel...

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Les blogueuses deviennent de véritables mannequins à travers leurs blogs. Elles n'ont souvent pas peur de l'objectif, qu'elles maîtrisent parfaitement. Elles sont, par ailleurs et logiquement, souvent jolies. Il n'en fallait pas plus pour que les "vrais" médias s'intéressent à elles et les mettent en avant dans les magazines. Lisa Delille, directrice de la rédaction du magazine Paulette, nous explique : "L'industrie de la mode a pris les devants. Les pros du marketing ont vite compris qu'elles étaient des filles intéressantes. Les acteurs de la mode ont été obligés de suivre le mouvement". Comme on peut utiliser la popularité d'une chanteuse ou d'une actrice, les blogueuses mode sont maintenant si connues que leur image est exploitée comme celles des plus grandes stars. Et si elles étaient les mannequins de demain ? Parfois décriées, elles apportent tout de même une vague de fraîcheur. Par ailleurs, elles représentent plus qu'une simple image et humanisent une simple photo, à l'inverse des "vrais" tops dont seul le physique est mis en avant. Lisa Delille nous confie : "Elles restent des filles accessibles, on s'identifie bien plus à elles qu'à un mannequin tchèque que l'on a vu à toutes les Fashion Week. Il y a une proximité et une complicité qui s'installent".

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Nous ne vous présentons plus Betty du Blog de Betty, qui a fait la couverture du magazine Paulette en novembre 2014. Paulette est un magazine qui a connu un parcours atypique, passant du web au papier. Pour Lisa Delille, qui prône la "vie réelle" dans son média, faire participer les blogueuses est une évidence : "Les blogueuses, ce sont des "vraies" filles. Betty s'est donnée à nous, elle nous a parlé de son passé, de ses échecs. Nous avons choisi une "tête d'affiche", pas une star". En effet, outre le fait d'amener du public, elles sont "la fille d'à côté" et semblent en dehors du "star système". Aussi, au-delà de vendre un physique, elles proposent un univers entier qui dépasse les frontières de la mode. Leur "lifestyle" intéresse, leur vie est une mise en scène. Même les mannequins se créent leur propre réseau sur Instagram, à l'instar des Cara Delevingne et Kendall Jenner et sont prisées pour leur communauté. Devons-nous donc nous habituer à voir les blogueuses sur papier glacé et vont-elles, au fur et à mesure, prendre la place des mannequins ? Kenza tempère : "A chacune son job. La blogueuse, on la sollicite aussi et surtout pour le phénomène qu'elle représente. C'est son business qui intéresse, le seul lien qui la lie avec le mannequin est son rapport à la mode et l'objectif". Eh oui, la différence majeure avec les tops, c'est que la blogueuse, elle, on lui demande du contenu et de la personnalité, c'est même la condition sine qua non pour qu'elles apparaissent dans un média. Lisa Delille confirme : "C'était le bon moment pour avoir Betty en Une. Elle partait vivre à Los Angeles, c'était l'occasion d'avoir du fond, qu'elle nous parle de son salaire, de sa vie quotidienne sans langue de bois".

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Il semble bien que non, les blogueuses comme Kenza Sadoun El Glaoui, qui était présente à la cérémonie des melty Future Awards 2015, ne sont pas les mannequins de demain car tout simplement, une fois que l'une a livré tous ses secrets à un média, elle devient moins intéressante pendant quelques temps pour les autres. Comme pour un homme politique qui ferait une couverture et donnerait une interview à un journal, nous sommes dans l'attente de révélations chocs et le buzz ne semble finalement jamais très loin. C'est un moyen de faire parler du média en question qui lui, recherche le scoop que personne n'a encore sur une fille dont nous croyons tout savoir. Kenza conclut : "Aujourd'hui, quand je suis demandée, c'est pour la façon dont j'interprète les marques et les statistiques qui suivent sur mes réseaux". Les blogueuses mode comme Kenza deviennent des marques à part entière et se muent en passerelle, elles lient le difficile monde de la mode à une mode plus proche du peuple et des jeunes filles. Et ça, ça plaît aux marques et aux médias qui nous atteignent encore plus rapidement.