YELLE à la H&M Block Party 2, son interview mode exclusive

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Hier la deuxième édition de la H&M Block Party se tenait à L’Electric bar à Paris. Musique et mode étaient au rendez-vous avec YELLE, notamment, que l’on a interrogé sur sa musique, son look et ses coups de cœur mode

Vous étiez sûrement à la seconde édition du rendez-vous mode et musique H&M Block Party car H&M Loves Music. Soleil en terrasse, atelier de customisation de t-shirt, coiffure ou encore nail bar étaient de la partie pour vous faire passer un moment des plus agréables. Evidemment, la musique ne manquait pas. Les Dj Sets ont donné le " la " tout au long de la journée avant que YELLE ne vienne enflammer la scène – près de la rampe de skate installée spécialement pour l’occasion – vêtue d’une tenue graphique noire et blanche, chaussettes blanches apparentes et sneakers. Avant de nous faire bouger le Bassin (l’un des titres de son dernier album), Julie alias YELLE nous a accordé une interview des plus cool et drôles. Entre rires et confidences, elle s'est livrée sur la conception de son dernier et troisième album, ses collaborations mais aussi et surtout son affection pour la mode.

Pour célébrer 2015, H&M fait fort : l’annonce d’une collaboration avec Balmain, un engagement auprès d’Unicef et une Block Party enlevée avec des artistes comme YELLE. Rappelons un peu l’historique musical du groupe. C’est avec l’inimitable titre Je veux te voir, que le groupe YELLE a été découvert avec sa charismatique chanteuse, Julie, en 2005. Pop enlevée et décalée, des clips à faire pâlir les publicitaires les plus créatifs, YELLE charme par sa légèreté et sa gaité. Avec cet essai réussi, ils continuent d’avancer et de créer : 2 albums qui leur valent de belles tournées et des passages, en 2009 et 2011, dans le prestigieux festival de musique Coachella, en Californie. Les Français de Saint-Brieuc livrent désormais leur troisième album, Complètement fou, avec l’idée de briser encore plus les codes et d’inviter l’actualité pop au cœur de leur univers frappant. Le sujet est posé et les questions commencent... Julie de YELLE s’est confiée à nous, découvrez vite son interview lors de la H&M Block Party 2 !

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meltyFashion : Parlez-nous de votre dernier album, Complètement fou ?

YELLE : Complètement fou est un album qui est sorti en septembre dernier, un album que l'on a composé entre Los Angeles et Saint-Brieuc, là où je vis. C’était un peu album de l’ouverture, on a eu envie d’ouvrir à la composition et d’avoir envie de composer avec d’autres gens. On a travaillé avec Grand Marnier et on a su que DR Luke aimait bien ce que l’on faisait et qu’il avait envie de travailler avec nous. Il nous a invités chez lui à Los Angeles puis tout s’est passé de façon simple et spontanée. On composait comme ça, en faisant des allers-retours entre Los Angeles et la Bretagne, et ça s’est fait comme ça. En 1an et demi, Complètement fou sortait.

mF : Votre identité visuelle est de plus en plus forte et se couple avec l'actualité pop. Voguing, gaming. Comment élaborez-vous vos sons et clips ?

YELLE : Il y a des processus assez différents pour les clips, comme pour les morceaux d’ailleurs. Ça peut venir de partout, même d’une discussion. Par exemple, pour Bassin, on savait précisément ce que l’on voulait avec des trucs 3D futurs, être nous avec des personnages un peu bizarres. Aujourd’hui, il y a cette envie de pousser loin cet univers par rapport à ce que l’on faisait au début. On a travaillé avec la réalisatrice pour avoir ces choses, oui, un peu étranges, comme une discussion entre les paroles et l'image. J’ai l’impression qu’à chaque fois, ça part d’une relation, comme dans la mode d’ailleurs. J’ai besoin d’une relation amicale pour construire les choses ; je pense que c’est important d’avoir un lien artistique fort au départ de chaque clip.

mF : Dans la vie vous êtes plutôt calme ou follement énergique comme sur scène ?

YELLE : Dans la vie, je suis une fille plutôt calme pas forcément sage mais assez posée. J’ai vraiment besoin de la scène pour exprimer ce côté extraverti. Je me suis rendue compte que chanter m’apportait cet équilibre.

mF : Outre la musique, quels sont vos projets à venir ?

YELLE : Je n’ai pas de projets, pas de choses enclenchées. J’ai des envies. J’ai eu l’occasion de faire du cinéma, un court-métrage, un petit rôle dans un long-métrage et ce sont des choses que j’ai beaucoup apprécié et j’aimerais bien recommencer. Mais c’est pareil, pour moi il faut qu’il y ait une rencontre, qui se passe vraiment quelque chose avec un réalisateur ou un directeur de casting. C’est vrai que je ne suis pas comédienne, je suis vierge de ce truc-là [Rires] donc je n’ai pas d’attentes particulières mais je suis très curieuse. Je sais que je serai un peu plus disponible l’année prochaine, j’aurais un peu plus de temps pour y penser. [Sourire]

mF : Les looks de vos clips sont très étudiés. Est-ce de votre choix ou êtes-vous aidée d'un styliste ?

YELLE : Ça dépend des projets, il y a des clips sur lesquels on a tout fait seuls. Comme sur le dernier, on a fait notre marché. Mais pour Complètement fou on a travaillé avec Jean-Paul Paula et en fait ça faisait longtemps que je voyais ses sessions photos dans les magazines. Du coup on lui a demandé et on s’est tout de suite hyper bien entendus et je lui ai donné des références et voilà. Mais pour la scène, je me débrouille seule en envoyant des petits mails pour que l’on me prête des pièces. Il n’y a pas de règles mais je peux facilement faire confiance à des gens pour ça. Par exemple pour Complètement fou, je voulais Jacquemus et je ne l’ai pas eu puis quand j’étais à New York je suis allée chez Opening Ceremony et il y avait la robe jaune de Jacquemus. Je l’ai essayé et elle est parfaite. Pour bouger dedans, pour raconter ce que je voulais sur scène. Ensuite il l’a vue et il m’a envoyé un mail et il m’a envoyé, ensuite, régulièrement des pièces. Aujourd’hui j’ai porté la bleue dans Bassin puis sur scène. Ça n’arrive pas souvent d’avoir des coups de cœur avec des designers et que ça continue. Tu vois, c’est aussi le cas avec Jean-Paul Lespagnard.

mF : Vous avez dessiné un t-shirt pour H&M en 2009. Quelle votre histoire avec la maque ?

YELLE : Il m’avait contacté pour Designers Against Aids et j’ai trouvé la démarche hyper intéressante. On était très libres, on n’avait aucune règle. A l’époque je transformais tous mes t-shirts en robes, donc une robe t-shirt était assez évident. On a fait un cœur avec mes mains et c’était hyper cool. Et je me rappelle avoir fait la session photo à Londres et je me suis rendue compte que c’était atypique et étonnant qu’une marque de cette envergure nous laisse autant de liberté. On le voit simplement avec leurs collaborations avec des gens renommés. C’est assez chouette.

mF : COMPLETEMENT FOU en mode ?

YELLE : Je dirais oui, pas toujours dans mon quotidien, je peux être assez basique. Mais là où j’habite, je peux passer pour une excentrique [Rires]. Je peux être à fond dans l’expérimentation, le no limit.

mF : Quelle est la meilleure tenue pour bouger son BASSIN ?

YELLE : Pour bouger son bassin il faut le mettre un peu en valeur, quelque chose de très près du corps, une combinaison, une robe très moulante. De quoi pousser le mouvement à son paroxysme.

mF : UN JOUR VIENDRA où Jacquemus vous prendra en égérie ? Possible ou pas ?

YELLE : Peut-être. J’en sais rien mais pourquoi pas j’aimerais beaucoup. J’ai du mal à m’imaginer ce que ça représente pour un designer ce qu'est une muse, quelqu’un qui l’inspire. Je pioche moi aussi en regardant d’autres musiciens, des designers. Donc, oui, je trouverais ça chouette.

mF : Quel look pour FLORENCE IN ITALIE ?

YELLE : Je dirais juste une paire de sandales très légères et une robe flottante dans une légère brise, je ne sais pas s’il y a de la brise à Florence. Mais j’imagine, ce serait sympa. [Sourire]

mF : Quel a été votre plus beau BOUQUET FINAL de défilé ?

YELLE : Moi j’aime toujours, ce n’est pas forcément un bouquet final, les défilés de Sonia Rykiel qui ont la particularité d’avoir des mannequins souriants. C’est peut-être finalement un bouquet final que d’avoir tout le temps des filles qui semblent heureuses de porter ce qu’elles portent.